I.ES OBSESSIONS DU CRIME
jeune femme reste seule, absolument délirante, tourmentée par toutes les obsessions de remords et infiniment plus malade qu’auparavant. Félicitons-nous qu’elle ne soit pas enceinte.
Vous voyez à quoi peut aboutir ce beau zèle pour marier les psychasthéniques. Quand on songe aux dangers immédiats que court le malade, puis à la belle postérité qu'il a des chances d’avoir, on est disposé à se montrer infiniment plus réservé dans l’emploi de cette prétendue méthode curative.
Observation 2 i 4 - — Obsession du remords. — Idée d’homicide,
ruminations mentales, manie des extrêmes, manie de l’inlerro-
cj a lion.
Ce cas présente un début assez net qui peut nous instruire sur la pathogénie des obsessions. Cette jeune femme de 3o ans, Ger..., est d’une famille légèrement prédisposée, le père et la mère sont des nerveux impressionnables, mais ne semblent pas avoir eu d’accidents caractéristiques. Elle a eu un développement lent, les règles ne sont venues qu’à 16 ans et elle était toujours maladive. D’un caractère faible, timide et rêveuse, elle se laissait conduire très facilement, mais ne montrait pas de troubles sérieux en dehors d’une grande lenteur et d’un état de distraction qui la faisait passer pour moins intelligente qu’elle ne l'était en réalité. Elle se maria à vingt-six ans; elle eut un enfant, sans qu il y ait eu aucun accident mental à noter. Deux ans après son mariage, elle est obligée d’accepter que sa belle-mère vienne demeurer avec elle. C’était pour elle une chose très pénible, car elle n'aimait pas du tout cette vieille femme; mais comme toujours elle 11e sut pas résister et se laissa imposer cette charge qu'elle redoutait. Deux années pénibles s’ensuivirent, elle était absolument annihilée et perdait le peu d’initiative qu’elle avait reconquise après son mariage. Elle devenait plus molle et surtout plus triste qu’auparavant, mais elle attribuait cette tristesse à une situation pénible et ne s’en préoccupait pas.
La belle -mère était malade, atteinte de troubles cardiaques. Un soir, elle se trouva mal à son aise et força son fils à descendre chercher un médecin. Restée seule avec sa bru, elle gémit un peu, demanda à se lever, sortit de son lit, appuyée sur l’épaule de la jeune femme; là brusquement, probablement dans une syncope