‹ Les obsessions et la psychasthénie (volume 2)Chapitre 161 sur 201 · II. — 3o · texte numérisé non relu

II. — 3o

Les obsessions dû crime

du caractère antérieur ; la rumination à forme interrogative est chez lui très ancienne et s’est développée par la fatigue de l’attention. Le mécontentement de lui-môme, l’inquiétude, le besoin d’être sympathique, la crainte de faire du mal à qui que ce soit sont chez lui des caractères de l’enfance ; le romanesque qui a toujours dominé dans son esprit se retrouve dans la femme à la robe bleue, dans le prétendu suicide de cette jolie personne.

Il y a dans l’obsession actuelle rien de nouveau et il n’est pas besoin pour l’expliquer de faire intervenir aucune suggestion extérieure. Cette obsession si singulière n’est que le développement logique de tout le caractère antérieur.

Observation 216. — Obsession du remords de l’homicide. —

Antécédents héréditaires, fièvre typhoïde, scrupules religieux, agitations, manie de l’interrogation, manie de l’extrême, le besoin de discipline.

L’observation de ce malade, Za..., âgé de 32 ans, semble si exactement calquée sur celle du malade précédent qu’il suffit de vous en indiquer brièvement les grandes lignes pour vous montrer la fréquence d’une évolution semblable.

Une tante maternelle a été une grande scrupuleuse, tourmentant tous les confesseurs par le récit de ses péchés invraisemblables, la mère est une rhumatisante. Le malade fut atteint de fièvre typhoïde à l’âge de quatre ans ; il est probable que cela aggrava la prédisposition héréditaire.

Les inquiétudes, les ruminations mentales se manifestent dès l’enfance entre huit et dix ans, sous une forme plutôt hvpocondriaque, par des précautions contre les maladies et par des craintes de la mort. A l’âge de 12 ans, probablement à l’occasion de la première communion, le premier grand écueil des jeunes scrupuleux, il commence des scrupules moraux; son besoin de rumination, d’examen précis, d’interrogation se porte sur les péchés dont on lui parle au catéchisme. Il recherche en lui des mauvaises pensées, et passe ses journées et ses nuits à se demander s’il avait cc consenti » à telle ou telle pensée. Cette terreur du péché, et de la pensée coupable l’obsède fortement à 1 4 ans ; la rumination mentale ne suffit pas à la dérivation, et il donne des signes extérieurs d’agitation, se tordant les bras et les jambes, trépi-

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