‹ Les obsessions et la psychasthénie (volume 2)Chapitre 184 sur 201 · DEUXIÈME SECTION DÉLIRES SYSTÉMATISÉS · texte numérisé non relu

DEUXIÈME SECTION DÉLIRES SYSTÉMATISÉS

Observation a3o. — Délire systématique, érotique et mystique.

— Confusion du rêve et de la réalité.

Nous continuerons autant que possible au début de ces leçons du mardi à vous présenter quelques malades atteints de troubles psychologiques. Ces applications de la psychologie à la clinique nous permettront de passer en revue les principales névroses que nous ne devons pas négliger pour l’étude plus précise des lésions organiques du système nerveux. Elles contribueront dans quelques cas à vous préparer aux études de psychiatrie qui complètent si nécessairement les recherches neurologiques.

Cette jeune femme de 26 ans, Ssa..., a été amenée dans le service il y a deux mois et elle présentait au début un état tout à fait bizarre qui nous a quelque peu embarrassés. Elle paraissait tout à fait incapable de marcher et de remuer, il a fallu la porter en brancard, elle expliquait très mal son état et semblait délirer complètement.

« Elle était dans le ciel, disait-elle, et non plus sur la terre, elle attendait son père spirituel et 11e ferait rien tant qu'il ne serait pas là. Elle parlait directement avec le bon Dieu qui lui commandait d’attendre patiemment. «Pendant quelques jours on ne put rien en tirer de mieux et elle restait couchée immobile dans son lit, refusant même de manger. Heureusement qu’un hasard nous permit de prendre la direction de son esprit : elle nous répétait sans cesse qu’elle n’obéirait qu’à son petit père-, nous avons eu l’aplomb bien facile de nous déclarer son petit père et cette déclaration a eu un plein succès. « C’est vrai, a-t-elle répondu, vous le représentez, je ferai ce que vous voudrez. » Nous lui avons alors commandé de se lever, de marcher, de manger, de travailler dans les salles et depuis ce moment elle se conduit fort correctement en répétant : « Mon petit père me l’a dit, je ferai ce que veut mon petit père. » Mais elle a continué à avoir un délire en apparence très complexe. Nous 11e savons si elle va vous l’exposer aujourd’hui, car clic va beaucoup mieux depuis

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quelque temps et elle se présente suivant les jours sous des aspects très variables.

Dans les moments où elle adopte complètement son délire, en voici les points principaux : d’abord elle déclare s’appeler Geneviève D..., et refuse le nom de Marie Ssa..., qui est son vrai nom. Elle croit être la fille d’un monsieur D..., et d’une dame Jeanne W... Ce monsieur D... qu’elle n’a jamais connu serait le frère d’un abbé D..., pour lequel elle a une grande passion. En somme elle se croit beaucoup plutôt la fille de l’abbé D... ; c’est par une sorte de discrétion vis-à-vis de cet ecclésiastique qu’elle consent à n'ètre que sa nièce. Cette filiation religieuse amène dans son esprit des conséquences bizarres, elle croit qu’elle n’est plus sur la terre, mais dans le ciel et qu elle jouit d’un bonheur immense en recevant les caresses de son père spirituel qui l’appelle son petit Jésus. Comme elle est déjà dans le ciel, elle n’est plus soumise aux conditions de la vie terrestre, elle est immortelle, elle est certaine de ne plus jamais souffrir, de ne jamais mourir. Voici en quelques mots un grand délire dont les diverses parties sont suffisamment coordonnées, quia une certaine unité, c’est ce qu’on appelle en psychiatrie un délire systématique ou une paranoia. Si vous ajoutez que la conviction de la malade semblait profonde, qu’elle paraissait avoir des hallucinations vous auriez été tout portés à la considérer comme atteinte de paranoia incurable, d’un de ces délires mystiques systématiques qui évoluent pendant toute la vie.

Nous avons eu quelque hésitation avant d’accepter ce diagnostic à cause du souvenir d’un malade presque semblable que beaucoup d’entre vous ont vu ici il y a quelques années. C’était un pauvre maître d’études qui changeait aussi son nom et se croyait le fils naturel d’un banquier et d’une grande dame. Nous avons été amenés à reconnaître qu’il y avait chez lui un état de rêve en somme assez passager1. Aussi avons-nous recherché avec quelque soin le développement de ce singulier délire, cela n’a pas été facile, car nous n’avons pas pu recueillir de renseignements suffisants donnés par la famille. Voici ce que nous croyons vraisemblable : nous ne savons pas grand’chose sur les parents, le père devait être un singulier personnage, cette enfant fut très malheureuse dans sa famille, elle était peu aimée et sans cesse frappée

i. Névroses et idées fixes, II, p. 167.

les accidents vEsamoues

;'i cause de tous ses défauts. Elle était paresseuse et très vaniteuse, elle voulait sans cesse qu’on s’occupât d elle, qu’on la consolât, qu’on la dirigeât comme tous ces malades de volonté faible.

Elle soutient que son père véritable, Ssa..., non seulement la frappait mais très souvent abusait d’elle. Vous comprenez que vu son état de délire il est très difficile de savoir que penser de celte accusation, cependant voici un petit fait qui la rend vraisemblable. L’un de nous a écrit à ce personnage en le priant de venir lui parler à la Salpêtrière, le père a répondu par un petit mot très sec qu'il ne pouvait se déranger étant à la campagne. Comme tout justement nous habitions l’été non loin de là, nous lui avons écrit de nouveau qu’il aurait moins de dérangement en venant nousvoir à deux pas de chez lui à la campagne : cet individu n’a pas daigné répondre. Cela montre au moins qu’il ne tenait guère à s’expliquer sur l’état de sa fdle.

Celle-ci, très malheureuse et très tourmentée à propos de la conduite de son père, s’est reproché toutes sortes de choses, elle présentait au début un véritable délire du scrupule et elle allait se confesser perpétuellement. Un prêtre la prit en pitié, lui conseilla de ne plus voir son père qui se conduisait mal et lui donna toutes sortes de bons conseils. La voici bouleversée par la honte, par les remords, par l’amour pour ce prêtre qui a pris une grande influence sur elle et elle entra dans un hôpital ce printemps en présentant un véritable état de délire. Ce délire ressemblait à de la confusion mentale : elle avait des hallucinations érotiques et mystiques, elle interprétait toutes ses actions dans un sens religieux et symbolique. Elle se souvient encore aujourd’hui de ce délire : « Je sentais, dit-elle, la grâce du bon Dieu, parce que je me brossais les dents dans le bain. Je me voyais ensevelie dans une église, je voyais les catafalques. Le bon Dieu m’a parlé, m'a dit que je vivrais, que je serais heureuse. » Ces délires au cours de la confusion plus ou moins grave sont assez fréquents chez les scrupuleux, nous en avons déjà vu plusieurs exemples.

Elle s’est rétablie cependant, mais d’une manière imparfaite, en ellet quand elle est calme dans son bon sens, elle se plaint d’une manière assez raisonnable. Elle dit qu elle se sent changée, qu elle n’est pas faite comme auparavant, qu’elle ne comprend plus comme auparavant, qu’elle n’a plus sa volonté à elle, qu elle ne fait plus, et ne pense plus ce qu'elle veut. Tout cela est très juste, ce sont ces sentiments de diminution de la volonté et de

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l'attention, de diminution de la perception de la réalité qui sont si fréquents chez tous les abouliques et qui sont particulièrement développés après une période de confusion.

De tels sentiments inspirent inévitablement l’idée qu’on est changé, qu’on n’a plus sa personne, qu’on est mort, qu’on est ressuscité. Il y a quelque temps nous voyions une pauvre femme qui après la fièvre typhoïde avait conservé pendant quelque temps une singulière illusion. Elle croyait qu’elle était morte pendant sa maladie, puis qu elle était ressuscitée sur une autre planète. L’arc de triomphe qu’elle voyait de ses fenêtres était une pâle imitation faite par les habitants de la planète de notre arc de triomphe terrestre.

Celle-ci a tout naturellement eu des rêves du même genre, touth-fait en accord avec ses secrets désirs : depuis longtemps, elle avait en horreur son véritable père, elle aurait bien voulu le changer contre l’abbé D... ; elle rêva que le changement était réellement accompli. Le caractère religieux de celui-ci changeait les amours terrestres en amours mystiques. Les objets étant devenus pour elle méconnaissables elle se voyait dans un autre monde et par conséquent dans le ciel. Son délire n’était en somme qu’une façon de nous exprimer à sa manière qu’elle avait des troubles de perception de sa personne et du monde extérieur.

Sans doute une personne intelligente et surtout attentive aurait pu distinguer que tout cela n’était qu’un rêve, mais cette distinction du rêve et de la réalité est plus difficile qu’on ne le croit. Les caractères distinctifs s’atténuent fortement dans l’état psychasthénique et il est tout naturel que cette malade dénuée de toute attention ne parvienne pas h faire cette différence. La preuve en est un progrès très curieux qui s’est fait dans sa maladie. Elle se porte en réalité de mieux en mieux; quelques soins d’hygiène, le repos, quelques directions de son attention ont fort atténué les troubles de perception. Aussi, il y a des jours où elle reconnaît parfaitement que tout cela est un rêve. Elle avoue qu elle n’y comprend rien, qu’elle n’est plus dans la réalité: «Je sais bien que je ne suis pas au ciel mais où suis-je ? Je ne comprends rien a ce qui se passe. » Mais cette lucidité ne dure pas longtemps et dès qu elle se fatigue le délire recommence.

C’est donc un cas nouveau de confusion du rêve et de la veille h la suite des troubles de perception des psychasthéniques et nous nous attendons h une guérison h peu près complète.

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LES ACCIDENTS VESAMQUES

Observation a3i.— Délire de persécution et délire de scrupule.— Ruminations mentales, manie de l’oscillation, inquiétude, sentiment du mauvais fonctionnement cérébral.

Nous continuons à vous présenter à l’occasion des cas qui sont intermédiaires entre les névroses et les psychoses. Nous sommes persuadés que cette étude est importante pour le neurologiste qui doit savoir que les névroses déterminent presque toujours des troubles de la pensée et se dirigent dans leur développement vers l’aliénation, pour l’aliéniste qui trop souvent ne voit ces* maladies que trop tard et ne soupçonne pas leur début purement névropathique.

Voici une personne de 35 ans, Ha..., qui présente ou plutôt qui présentait nettement il y a deux mois les symptômes d’un délire de persécution. Elle venait en effet se plaindre d’être très tourmentée. « On l’endortdans sa chambre, on l’hypnotise, on la pousse dans le dos, on lui fait faire des pirouettes. Mais surtout on lui parle à travers le mur, les voix se mêlent de tout ce qu’elle pense, répètent ses pensées, les tournent en ridicule ou bien la distrayent de son travail en lui racontant des bêtises, en lui disant qu’une de ses tantes a cent trente ans. Enfin les voix l’insultent, l’appellent garce, putain, la menacent de la faire mourir à la Salpêtrière, etc. »

Vous notez ici les troubles dans le sentiment des mouvements :

« Elle se sent poussée. » Vous remarquerez les hallucinations de l’ouïe qui répètent ses pensées et qui l’insultent, puis les interprétations délirantes, l’idée qu’il s’agit de personnes agissant en travers du mur et qui l’hypnotisent. C’est bien un délire de persécution, encore fruste, mal cohérent, mais qui ne demande qu'à se développer et à se compléter.

Pour l’interprétation de ce délire si singulier et si important, nous voudrions noter ici quelques détails relatifs à son mécanisme et rapprocher cette malade d autres sujets que nous avons étudiés ensemble. Vous vous souvenez en particulier delà malade présentée mardi dernier et dont le délire de scrupule était si bizarre. Nous avons fait à son propos quelques remarques sur les scrupuleux, sur leur manie de s’accuser eux-mêmes, leur mécontentement de leur personne, leur hésitation, leur inquiétude, etc.

DÉLIRES SYSTÉMATISÉS

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Eh bien, nous voudrions vous montrer qu’il y a beaucoup d’analogie, surtout dans les débuts, entre le délire de la persécution et le délire du scrupule.

Cette personne, lia..., que nous avons sous les yeux, est aujourd’hui une persécutée, mais elle est en même temps et surtout elle a été depuis longtemps une scrupuleuse. Depuis des années elle est inquiète à propos de son travail, elle se reproche toujours de ne pas travailler suffisamment et elle se tourmente de tout. « Pourra-t-elle gagner sa vie, ne sera-t-elle pas renvoyée, etc. ?» Bien plus, elle avait des manies qui sont tout à fait caractéristiques du délire du scrupule, celle de faire des serments, par exemple, pour s’exciter au travail. Tous les scrupuleux font ainsi des serments pour une foule de choses, c’est un moyen de fortifier en apparence une volonté qu’ils sentent chancelante.

Elle avait aussi une manie bien caractéristique, celle de se poser des alternatives mentales, de faire des sortes de pactes comme lesscrupuleux. Une de nos malades scrupuleuses raisonne continuellement ainsi : « Si je fais tel acte, si je joue du piano par exemple, je donne mes enfants au diable ; si je ne fais pas tel acte c’est que je promets à Dieu d’être religieuse, etc. » Un acte entraîne toujours une conséquence qu’elle redoute. Un degré de plus existe chez un autre de nos malades scrupuleux, il sent une voix intérieure, qu’il attribue, il est vrai, à une femme de chambre et cette voix lui reproche chacune de ses actions en lui en indiquant les motifs et les conséquences plus ou moins réelles. « Tu as pris un fiacre, lui dit la voix, pour éviter de rencontrer des femmes dans le tramway, tu n’en seras pas moins immoral..., etc... » Allons encore un peu plus loin et ces hésitations de la conscience, ces oscillations entre les conséquences diverses, ces remords plus ou moins ridicules vont s’exprimer par une hallucination extérieure et nous aurons le cas de cette pauvre femme qui présente les oscillations des scrupuleux avec la forme des hallucination des persécutés. Quand elle songe à sortir, quand elle hésite entre telle ou telle promenade, elle entend au travers du mur une voix qui se moque d’elle et lui dit : « Si tu vas aux Halles tu seras une vieille putain, si lu vas aux Tuileries tu seras une vieille folle et Suzanne te tuera. » Elle se décide à aller aux Halles et la voix se moque d’elle comme la voix de la femme de chambre de notre scrupuleux et elle lui crie : « C’est vrai que tu es une vieille garce. »

On pourrait constater la même analogie dans beaucoup de

LES ACCIDENTS VESAMQUES

détails du délire. Le point de départ des deux côtés est un sentiment d’inquiétude de l’esprit : il y a dans les deux cas une période de préparation qui est nettement une période d’inquiétude à laquelle les malades réagissent d'une manière ou de l’autre suivant leur caractère et leurs prédispositions antérieures, dans le sens du scrupule quand ils sont doux et timorés, dans le sens du délire de persécution quand ils sont plus agressifs et surtout plus orgueilleux.

La grosse difficulté dans l’étude de ces grands délires c’est de comprendre la nature de cette inquiétude fondamentale. Les aliénistes qui ont bien noté cette phase d’inquiétude précédant ces délires systématiques ont presque toujours employé un mot qui nous semble bien vague. 11 s’agit toujours, disent-ils, de troubles de la cœnesthèsie . Voyez encore à ce propos un intéressant mémoire de MM. Vigouroux et Decasse, voyez aussi une discussion curieuse de ce mémoire dans l’article récent de M. Marandon de Montyel. « De la genèse des conceptions délirantes et des hallucinations dans le délire systématisé » dans la Gazette des hôpitaux, 5 juin 1900. M. Marandon fait observer que, déjà en 1888, à la Société médico-psychologique, il attachait ces idées à des troubles antérieurs de l’émotivité qui n’étaient pour lui que des troubles cœnesthésiques.

Tout cela est exact en général, mais que faut-il entendre par ces troubles cœnesthésiques? Ordinairement on entend par ce mot des sensations anormales venant des divers viscères, des troubles dans la sensibilité du cœur, des poumons, de l'estomac. Sans doute cette femme se plaint de quelques troubles gastriques et intestinaux analogues à ceux que décrivent tous les neurasthéniques : ces troubles sont-ils suffisants pour expliquer le délire? En aucune façon. Il est facile de constater que de tels troubles beaucoup plus graves existent chez beaucoup de malades sans amener aucun délire, qu’ils peuvent manquer chez beaucoup de scrupuleux et de persécutés, que souvent enfin ils sont la conséquence plutôt que le point de départ du trouble cérébral.

A notre avis, ce sentiment d'inquiétude est cérébral plutôt que viscéral, c’est un sentiment de mauvais fonctionnement cérébral qui joue le rôle principal. Ce qu’il faut analyser ce sont les troubles dans le fonctionnement de l’esprit, troubles que nous connaissons encore très incomplètement. On y constate bien des modifications de l’attention et de la volonté, des exagérations de

délires systématisés

l’automatisme, etc... Ces malades ont un sentiment d’automatisme dont nous avons souvent parlé, un sentiment de perte de leur indépendance , de perte de la volonté dont ils souffrent longtemps avant de délirer.

L’idée obsédante est une sorte de symbole qui résume et réunit tous ces sentiments anormaux des malades relativement au mécanisme de la pensée, c’est pourquoi ils l’accueillent avec tant d’ardeur.

Ce qu’il faudrait pouvoir modifier chez eux c’est cet état de la volonté et de l’attention. Notez qu’ici, par exemple, dès que la malade n’est plus seule, dès qu’elle travaille dans un atelier, au lieu de travailler seule dans sa chambre, son courage se raffermit et les idées fixes diminuent tout naturellement.

Nous avons souvent étudié déjà ce mécanisme du délire et cette analyse de l’état d’inquiétude. Bornons-nous à rappeller aujourd’hui cette analogie qui existe dans les débuts entre les persécutés et les scrupuleux.

Observation 23a. — Obsession de lutte et crise d’agitation. —

Le symbole et la métaphore dans la lutte physique substitué h la

lutte morale , persécution et scrupule.

Ce malade, un homme de 4o ans, Lrm... qui vient de nous raconter ses misères, est tourmenté par une variété d’obsessions vraiment bien curieuse. L’idée qui tourmente ce malade est plus particulièrement intéressante parce que son contenu le rapproche d’un grand délire, le délire de persécution dont la pathogénie est si peu comprise, et qu’elle est en quelque sorte intermédiaire entre les névroses et les psychoses.

L’étude de cas de ce genre nous amènera plus tard à comprendre par quelles transitions le malade peut passer des états neurasthéniques aux divers troubles de l’aboulie, aux idées obsédantes de scrupule, au délire de persécution. Malheureusement ce malade ne se prête pas très bien aux fines analyses psychologiques, parce qu’il ne parle pas très couramment le français. Son cas va nous servir surtout à poser divers problèmes que les élu des cliniques de cette année contribueront peu à peu à éclaircir davantage.

Cet homme est déjà venu à la Salpêtrière, il y a pas plus de dix ans, pour consulter Charcot sur ses idées fixes. Nous ne sommes

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