ACCÈS ÉPILEPTIQUES A LA SUITE DES ANGOISSES
longtemps, des états émotifs tout à fait spéciaux; il avait en y pensant des tremblements, des troubles de la respiration, des sensations de froid dans les jambes et des palpitations de cœur. En un mot, depuis longtemps il a des angoisses à propos d’idées obsédantes et d’interrogations scrupuleuses. Ce sont ces crises d’angoisse qui se sont aggravées et qui se sont transformées en ces accès qui ont aujourd’hui l’aspect épileptoïde.
Le fait est-il étrange et inconnu? En aucune façon, comme le rappelle M. Ilaskovec dans l’article de la Revue neurologique que je vous citais en commençant, Griesinger et Berger soutenaient autrefois qu’il y avait un rapport étroit entre le paroxysme des idées obsédantes et l’accès épileptique. Depuis, ce rapprochement a été oublié et on n’a voulu voir que les différences entre l’idée fixe consciente et le délire épileptique sans conscience. Cependant on pouvait constater bien des intermédiaires.
M. Séglas, dans ses leçons sur les maladies mentales, montre des obsessions avec trouble de la conscience analogues à des délires épileptiques. Nous-mêmes nous avons déjà publié un cas fort curieux de ce genre *. Il s’agit d’un jeune homme de 22 ans, tourmenté par des méditations sur l’infini, sur l’infini de l’espace et sur l’infini du bonheur, c’est-à-dire d’un type de délire du doute et de délire du scrupule. Eh bien, la méditation sur l’idée d’infini, c’est-à-dire le développement de son idée obsédante amène rapidement un accès typique d’épilepsie avec émission des urines. M. Ilaskovec, dans l’article cité de la Revue neurologique, relate un cas du même genre. Notre malade d’aujourd’hui vient s’ajouter à la série : c’est un cas d’accès épileptique se substituant à l’angoisse vulgaire, qui caractérise les obsessions dans la folie du doute et du scrupule.
Si nous nous plaçons au point de vue physiologique et psychologique, nous vous dirons que cette substitution de l’accès épileptique à l’accès d’angoisse ne nous surprend pas du tout, car il y a entre les deux phénomènes beaucoup d’analogies. L’angoisse n’est pas uniquement, comme l’ont soutenu bien à tort plusieurs auteurs, la conscience des troubles respiratoires et cardiaques causés par l’émotion; c’est un phénomène cérébral, c’est le sentiment d’un
1. P1' Raymond. Les équivalents psychiques de l’épilepsie, Journal des Praticiens, 6 avril 1901, p. 212. Cf. également à propos de ce malade Vil... le premier volume de cet ouvrage, p. x3(i et p. 5 1 3 .