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WELLCOME INSTITUTE LIBRARY
Coll.
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Coll.
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INTRODUCTION
Cet ouvrage est rédigé sur le même plan que l’un de nos précédents travaux, le second volume de notre livre sur les Névroses elles Idées fixes, publié en 1898 ‘.Il contient un ensemble d’observations recueillies et rédigées au laboratoire de psychologie installé dans la clinique, observations dont un grand nombre ont été présentées, sous forme de leçons cliniques, au début des cours du mardi. Cet ouvrage est cependant différent du précédent en ce qu’il porte sur une catégorie plus précise de malades ; toutes les observations qu’il contient peuvent se rattacher aux états psychasthéniques décrits, surtout au point de vue psychologique, par l’un de nous, dans le premier volume. 11 complète ainsi ce précédent travail et nous parait lui ajouter un complément fort utile. En premier lieu, il donne les observations d’un grand nombre des sujets d’après lesquels ont été établies les études précédentes ; il fournit ainsi le moyen de réunir des détails souvent disséminés dans des chapitres éloignés, de reconstituer l’évolution de la maladie dans tel ou tel cas et de préciser, s’il y a lieu, le diagnostic. C’est pourquoi, malgré quelques difficultés qui ont un peu gêné la classification, nous avons tenu à conserver non seulement les initiales qui désignaient chaque malade, mais encore le numéro d’ordre des observations 1 2.
Ce second volume ne doit pas seulement donner les observations des malades étudiés précédemment, il nous permet encore, si nous ne nous trompons, de reprendre ces études d’une manière un peu différente. En effet, le premier volume de cet ouvrage n’avait pas seulement un bul médical, mais encore un objet psychologique : il ne se bornait pas à étudier la description et la classification cli-
1. Raymond et Pierre Janet, Névroses cl idées Jixes, 1898, II, |>. Vil.
niques des psychasthéniques, il voulait tirer, de leur étude, des recherches sur l’interprétation des faits psychologiques qui se rattachent aux fonctions durée!, c’est-à-dire aux fonctions les plus élevées, qui permettent l’adaptation psychologique de l’être à son milieu physique et surtout à son milieu social. Ces recherches se rattachent très bien à l’étude de nos malades qui présentent une insuffisance nettement spécialisée à ces mêmes fonctions; elles permettent, en outre, d’étudier les conditions et les conséquences de leurs altérations. Mais cette longue et difficile étude psychologique obligeait d’analyser compendieusement des faits, en somme, peu importants au point de vue strictement médical et, ainsi, elle masquait quelquefois la description des tvpes cliniques. Les divers aspects et les diverses évolutions de la maladie, tels que le médecin est exposé à les rencontrer, avaient été forcément résumés un peu brièvement, surtout si on compare létendue de cette description clinique aux longues analyses psychologiques précédentes '. C’est pourquoi, dans ce nouveau volume, nous désirons combler cette lacune.
Au lieu de suivre l’ordre analytique, qui nous avait conduits à examiner d’abord les symptômes les plus complexes, c’est-à-dire les idées obsédantes et à descendre graduellement, par l'analyse, jusqu’aux éléments de la maladie, aux sentiments pathologiques, et aux insuffisances psychologiques, nous exposerons ici l'ordre naturel d’évolution ainsi que les complications graduelles de la maladie, telle qu’elle se présente au médecin qui aura à en suivre les principales phases. En procédant ainsi, nous pourrons, dans des chapitres différents, mettre en relief les divers degrés de complication et de gravité de la maladie et, à chaque degré, donner des exemples des diverses formes et des divers types cliniques qu’elle revêt. Nous espérons, de cette manière, compléter, au point de vue clinique, la description de la maladie des obsessions que nous avons précédemment abordée au point de vue psychologique.
Voici, en résumé, ces différents degrés et ces divers types dont on trouvera la description dans les chapitres suivants. Le point de départ de toute la maladie des obsessions nous semble être, évidemment, cet état assez vague d affaiblissement des fonctions vitales et surtout des fonctions nerveuses centrales, correspon-
x. Premier volume de cel ouvrage, p. 64i.
INTRODUCTION
fiant à un état anatomique et physiologique, encore totalement inconnu dans son essence, que l’on a désigné sous bien des noms, mais qui est surtout connu sous celui d 'état neurasthénique. Sans doute, l’origine principale d’un semblable état est, avant tout, la prédisposition héréditaire; cependant, il est facile de constater que bien des causes secondaires jouent un rôle considérable dans son apparition1. Parmi celles-ci, nous appelons tout particulièrement l’attention sur les phénomènes d’intoxication et surtout sur ceux d’auto-intoxication dont le rôle est souvent très évident. Chez beaucoup de ces malades, non seulement on constate tous les troubles de l’atonie digestive, mais encore on voit que leur peau est couverte de rougeurs et de boutons, que leurs lèvres sont gercées, que leur langue est saburrale, — chez quelques-uns même elle est d’un rouge vif, — que leur haleine est fétide et qu’ils ont même fréquemment de petites périodes fébriles. On ne saurait trop insister, à ce propos, sur le danger d’une alimentation exagérée et mal dirigée. Nous avons vu dernièrement une jeune fille de ce genre, constamment nourrie de viandes et à qui, sous prétexte de suralimentation, on 11e laissait plus jamais boire un verre d’eau ou un verre de lait sans y mêler toujours des jaunes d’œufs et de la viande râpée. Elle était littéralement infectée et, sans être guérie bien entendu, elle a immédiatement éprouvé une grande amélioration mentale simplement en suivant un régime sévère.
Parmi les autres intoxications qui semblent jouer un rôle dans l’apparition de cette neurasthénie primitive, il est bien probable qu’il faudra de plus en plus donner une place aux auto-intoxications d’origine génitale. On ne saurait trop insister sur ce point, c’est que dans les trois quarts des cas la maladie que nous décrivons constitue une névrose de la puberté, surtout chez la femme. Les naturalistes ont beaucoup insisté sur les métamorphoses remarquables qui caractérisent l’état d’un grand nombre d’animaux au moment de l’évolution des produits sexuels et qu’on appelle des métabolies. Ils ont montré que ces métabolies étaient constituées principalement par une régression de l’organisme, une destruction de beaucoup d’organes, primitivement élaborés, destruction qui, lorsque la métabolie est complète et heureuse, est suivie d’une régénération d’organes souvent plus parfaits. Cette