I.KS IMIOHIKS
l’aboulie et à la timidité, aussi pourrons-nous signaler rapidement un cas qui nous semble très semblable. Cette lemrae de ans, Hnu..., est agoraphobe depuis l’âgede 23 ans. Elle a, depuis cette époque, une faiblesse en traversant les places : son estomac lui fait mal, elle étouffe. Mais ce qui l’aiïecte surtout, c’est qu’elle n’est plus maîtresse d’elle-mème : il lui semble qu elle va faire une foule de bêtises, car elle ne peut plus s’arrêter, « elle pourrait bien se conduire comme une folle qui va se jeter à la Seine ou qui y jette quelqu’un ». Comme la malade précédente elle a moins peur dans les rues écartées où il passe peu de monde, elle pourrait traverser les places la nuit sans difficulté.
C’est que ce qu’elle a craint toute sa vie c’est de faire des sottises devant des témoins. Elle était extrêmement timide et cherchait toujours à se cacher. Le début véritable de sa maladie, à 23 ans, se rattache à ce sentiment. On a voulu la marier en espérant que le mariage la- rendrait plus énergique et plus hardie. Au contraire, elle a été épouvantée de cette pensée, « je me sentais plus honteuse que jamais h la pensée que l’on avait songé à me marier ». Elle fut si troublée que l’on dut renoncer au mariage: d’ordinaire les malades de ce genre se rétablissent quand on supprime l’acte difficile qu’ils sont incapables d'accomplir et nous avons déjà vu plusieurs psychasthéniques, affolées par les fiançailles et guéries quand on se décidait à les rompre. Ici, malheureusement, il n’en fut pas ainsi, elle resta encore plus honteuse du mariage manqué que des fiançailles et pendant quelque temps ne voulut plus se montrer à personne. Peu à peu elle devint moins effrayée avec quelques intimes, mais la gène continua et augmenta devant les étrangers. Aujourd’hui elle ne pense plus aux fiançailles qui la rendaient si gênée ; mais la peur reste stéréotypée et l’empêche de s’aventurer en public, ce qui lui donne cet aspect d’agoraphobe.
Observation 88. — Agoraphobie. — Anr/oisses dans la rue, besoin d’un soutien, antécédents, départ de ses enfants, isolement, crainte de la solitude.
Vous avez l’habitude d’étudier des maladies en rapport avec certaines professions, la paralysie des peintres par exemple. Il en est à peu près de même au point de vue moral et il existe des