‹ Les obsessions et la psychasthénie (volume 2)Chapitre 85 sur 201 · LE TIC D'ARUACHER LES CHEVEUX · texte numérisé non relu

LE TIC D'ARUACHER LES CHEVEUX

vagues se sont progressivement réduits en un seul devenu prédominant, celui de tirer les cheveux. Le fait essentiel, c’est le besoin de s’agiter d’une manière vague et inutile et de tirailler quelque chose.

Quant à ce besoin lui-même il nous ramène à une étude que nous avons faite h propos de cet homme qui ne pouvait pas rester assis (akathisie). Nous avons vu que ces agitations vagues sont des phénomènes de dérivation, ils se produisent à propos d’actions qui demandent de la volonté et de l’attention et que ces malades psychasthéniques sont incapables de pousser jusqu’au bout. La tension nerveuse qui ne peut pas se dépenser dans l’acte utile, devenu impossible, dérive et donne naissance à des phénomènes accessoires, en apparence irrésistibles, qui sont, chez les uns, des ruminations mentales, chez les autres des angoisses, chez ceux-ci des agitations motrices. Ces agitations peuvent garder une forme vague ou se systématiser par suite d’habitudes, d’exemples, de facilité plus ou moins grande ou d’agrément passager de certains mouvements. Chez les enfants, comme chez cette malade les tics commencent surtout à l’école, quand l’enfant doit fixer l’attention : c’est là qu’ils se tortillent, qu’ils grimacent, qu’ils se tirent les cheveux. C’est pourquoi ces tics sont pour nous plus qu’un simple phénomène d’automatisme, ils sont la marque d’une faiblesse générale des opérations supérieures du cerveau, de la volonté et de l’attention ; surtout quand ils sont parvenus à ce degré ils indiquent l’état psychasthénique avec toutes ses conséquences possibles : les phobies et les obsessions.

Cette jeune fille est une faible qui travaille difficilement, qui paraît anémique, qui est incapable de faire un effort. Remarquez chez elle cette dilatation pupillaire, fréquente dans les états graves de neurasthénie. 11 ne suffît pas de l’éduquer contre son tic, il faudrait pouvoir remonter la tension nerveuse. Quand elle est venue en septembre, une seule visite à la Salpêtrière avait suffi pour l’exciter et le tic a disparu pendant plusieurs mois. C’est ce qui a permis à ses cheveux de repousser comme vous le voyez.

Maintenant l’influence excitante de cette première visite et des menaces qui lui avaient été faites a cessé et elle recommence. Espérons que cette leçon faite devant elle supprimera les sottises pour une longue période.

LES TICS

Observation io5 bis. — Contraction des membres inférieurs. —

Contractures ou tics, crises d’obsession et d’agitation psychasthénique.

Cette femme, Pri..., âgée de 29 ans, qui est depuis quelque temps dans les salles, nous présente un problème de diagnostic assez embarrassant. Il s’agit de s’entendre sur la nature de certaines contractions qu’elle présente aux jambes depuis trois ans.

Si vous vous bornez à l’examen extérieur de l’accident physique voici comment les choses se présenteront : la malade appartenant à une famille assez fortement névropathique a toujours été très nerveuse. Tout enfant, elle avait la nuit des terreurs qui la réveillaient en sursaut, elle pleurait et riait sans raisons et s’emportait très facilement. An ans, elle eut la fièvre typhoïde, elle ne fut réglée que tard à 17 ans. Elle resta très 'impressionnable et souffrit très souvent de la tête; voici maintenant comment elle raconte le début de sa dernière maladie.

Au mois de décembre 1899, étant en traitement à Andral pour un rein flottant, qui avait déjà nécessité un séjour à Saint-Louis dans le service de M. Richelot, elle sentit tout d’un coup, en marchant, ses jambes faiblir sous elle et elle tomba sur le sol, mais sans perdre connaissance. On la releva, on la mit sur son lit et on constata une contracture des deux jambes en extension. Cette raideur ne se maintint que pendant cinq minutes, puis elle céda peu à peu. En présence de cet accident nerveux, on soumit la malade à un traitement par l’électricité, statique qui ne sembla pas avoir de bons effets. En effet, à partir de ce moment, cette même petite crise de contracture des membres inférieurs recommença tous les jours et même plusieurs fois par jour : la malade a eu une fois jusqu’à quatorze crises dans la même journée. La maladie n’a pas changé depuis trois ans et ces crises se reproduisent encore aujourd’hui de la même manière qu’au début.

Elles sont précédées d’un sentiment d’angoisse très prononcé, d’une constriction au niveau de l’épigastre remontant jusqu’à la gorge et empêchant la malade de causer. Puis survient la contracture : les jambes se raidissent dans l’extension, les genoux se serrent l’un contre l’autre, les pieds se mettent en adduction for-

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