Morselli, La RiJ'orma medica , 1891, n° i
LES AGITATIONS FORCÉES
lion pour un abcès au cou, elle reporte ses idées de mort sur elle-même cl elle a des angoisses épouvantables dès qu’elle pense à la mort ou même à la vie.
Il est bon de remarquer que ces phobies des idées se mêlent intimement avec toutes les phobies précédentes : très souvent, comme le remarque Legrand du Saullc, il suffit du souvenir d'un objet ou d’une situation pour reproduire la crise; la seule vue d’un dessin qui représente l’intérieur de Saint-Pierre-de-Rome le fait chanceler sur ses jambes Chez beaucoup de nos malades il en est de même : la seule pensée de la femme produit chez Jean « un état fastidieux » et la pensée d’aller seule à une leçon de dessin donne mal au cœur à Dob...
D’autre part dans les phobies d’objets ou de situation se mêlent souvent des idées compliquées. Un malade de Westphall a de la claustrophobie dans un théâtre ; mais c’est qu’il se répète des pensées de ce genre : « qu'est-ce que je deviendrai si le feu éclate dans la salle et si à ce moment-là j’ai un accès ? je ne pourrai pas me sauver®. » Jean dans toutes ses phobies fait ou a fait des raisonnements semblables.
On voit qu’il y a un grand nombre d’opérations intellectuelles qui peuvent déterminer ces phobies comme précédemment les sensations, les perceptions, ou les sentiments.
Les angoisses.
Il suffit de répéter brièvement à propos des phobies ce que nous avons déjà étudié à propos des manies mentales : ni au point de vue clinique, ni au point de vue psychologique, ces diverses phobies ne forment des phénomènes véritablement distincts les uns des autres. M. J. Falret faisait déjà remarquer très justement que toutes ces peurs sont solidaires les unes des autres : « l’agoraphobie se rencontre souvent, disait-il, chez le même individu avec la peur d’une épée nue, la crainte de tomber d’une fenêtre, la frayeur en voiture ou le délire du toucher ». Bail sou-