‹ Les obsessions et la psychasthénieChapitre 118 sur 352 · Cullcre, Les frontières de la folie, 1888, p · texte numérisé non relu

Cullcre, Les frontières de la folie, 1888, p

■i. Ladame, Congres de Psychiatrie de Berlin, i8or, cl Revue de l'hypnotisme, i8ot,

3. Ritti, Gazette hebdomadaire, n» 4a, 1877, et article « Folie du doute » du Dictionnaire encyclopédique. ,

LES AGITATIONS FORCÉES

opinions analogues. M. Magnan en réunissant tous ces laits sous le nom « de délire des dégénérés a beaucoup fortifié cette opinion ».

Les distinctions complètes que l’on établissait autrefois entre ces trois groupes de symptômes semblent au premier abord assez justifiées en clinique. Un individu qui a un grand nombre de tics, qui cligne des yeux, tourne la tète, secoue ses mains, prend une physionomie bien spéciale qui semble le distinguer des malades troublés par un autre groupe de symptômes. Tout entier à ses mouvements il ne nous parle guère des troubles mentaux qui le gênent beaucoup moins et qui d’ailleurs sont moins développés que ses tics. De même une personne qui a de grandes ruminations abstraites ne ressemble pas à celle qui a de grandes angoisses.

Il est certain par exemple que l’on ne peut pas confondre complètement Lise etDob..., l’une est toujours complètement calme, ne manifeste aucun trouble, elle serait plutôt trop immobile, ses agitations et ses souffrances sont purement intérieures, elle se borne à d’interminables ruminations mentales ; 1 autre est une femme agitée, pleurant et criant qui est prise de terreur au milieu de la rue et qui court comme une folle pour rentrer chez elle : l’aspect clinique est évidemment différent. On peut même remarquer aussi un fait qui justifie en partie la conception de Legrand du Saulle et que cet auteur signalait déjà ‘, c'est que l un des phénomènes semble jusqu à un certain point être antagoniste de l’autre. Plus les malades ruminent, moins ils ont de mouvements d’agitation et même d’angoisse respiratoire, plus ils sont agités physiquement, moins ils ont d’agitation mentale. 11 est donc juste de distinguer ces trois groupes cliniques, c’est ce que nous avons fait en répartissant ces symptômes en trois classes distinctes : la prédominance de l’un ou de l’autre fera si 1 on veut trois variétés de la maladie.

Il est impossible d’aller plus loin : les liens qui unissent les ruminations, les ticsetles angoisses sont des plus étroits. D'abord les malades passent très souvent de l un à l’autre. Un certain nombre suivent la marche indiquée par Legrand du Saulle et vont du doute aux phobies : Claire a longtemps ruminé surla religion

i. Legrand du Saulle, Folie tlu doute, p. 3<j.

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