‹ Les obsessions et la psychasthénieChapitre 119 sur 352 · UNITÉ CLINIQUE DES AGITATIONS FORCÉES · texte numérisé non relu

UNITÉ CLINIQUE DES AGITATIONS FORCÉES

avant d’avoir ses crises d’agitation, ses terreurs devant les églises, les cabinets ou les bouteilles, Ul... a eu des scrupules, des ruminations sur le bien et le mal avant d’être un agoraphobe. On pourrait tout aussi bien énumérer des malades qui ont suivi 1 ordre inverse : De... avait des phobies génitales, puis elle s’est mise à s’interroger sur la façon dont elle était faite, sur l’amour, etc., etc., Nem... a eu longtemps la phobie des couteaux, des fourchettes puis elle a commencé un délire d’interrooation sur la façon dont les hommes sont faits, sur la nature du monde. Un grand nombre ont commencé par avoir des tics puis ont évolué vers les doutes et les phobies, Nu... (112), guérie de scs tics par un traitement sévère, commence les manies d’interrogation ; la marche inverse se rencontre également. Ces évolutions diverses sont à discuter au point de vue du pronostic, il suffit de remarquer ici qu elles existent toutes.

Il faut observer en second lieu que ces divers phénomènes se remplacent les uns les autres avec la plus grande facilité, soit spontanément au cours de la maladie, soit artificiellement quand, au cours du traitement, on cherche à supprimer une de ces agitations. Tous les auteurs ont remarqué que la résistance à la manie mentale amène l'angoisse. Si le malade s’efforce de ne pas vérifier, de ne pas recommencer, de 11e pas compenser, de ne pas expier, il a des suffocations et des palpitations cardiaques : au contraire il se calme si on le laisse donner libre cours à ses besoins de rumination. Jean a donné la main à sa mère, il a l’idée de compenser en touchant la main d’un homme, s’il cède et s’il arrive a serrer la main d un homme, il est sans doute mécontent parce qu’il fait une absurdité, mais il 11e souffre pas. Si cebesoin surgit le soir quand il est seul avec sa mère et si par conséquent il ne peut pas satisfaire sa manie, il a des angoisses une partie de la nuit et une grande agitation motrice. Si Pu... ne répète pas sa phrase : « Allons diner, etc. » il est angoissé et sa femme aime mieux « 1 entendre dire ses bêtises plutôt que de le voir suffoquer ». Dans biens des cas, les tics, les agitations motrices, les masturbations mêmes viennent à la place de ruminations que 1 on veut supprimer et inversement.

hnfin il ne faut pas oublier les sujets comme Jean qui semblent avoir eu, presque tout le temps, des tics, des ruminations et des phobies de toute espèce. Chez les malades sérieusement atteints on trouve souvent ces divers symptômes qui évoluent

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côte à côte et il est facile de remarquer que dans les études précédentes les mômes malades sont cités à propos de diverses agitations forcées.

Je ne crois donc pas que, au point de vue clinique, on puisse admettre une séparation complète entre ces diverses groupes de symptômes. Leur union est encore vérifiée par l’identité profonde des caractères psychologiques que l’on observe dans les uns et dans les autres.

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