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Sentiment d’incapacité

Une variante du même sentiment nous fournira le sentiment d'incapacité. Quand le sentiment d’incapacité porte sur un acte déterminé il se rapproche un peu plus des obsessions : il en est ainsi dans le cas de De..., « qui s’efffaye du mariage, qui n'a rien de ce qu’il faut pour rendre un homme heureux, pour élever des enfants, pour tenir un ménage, etc. » Mais beaucoup plus souvent ce sentiment d’incapacité est général : « je n’ai plus de goût a rien, je n’ai plus la force de faire quoi que ce soit » Dd... (18).

« La vie m’effraye, dit Lo..., je sens que je ne pourrai rien en faire. » Un peu plus et ce sera le sentiment de paralysie comme chez Kl... qui trouve le mouvement demandé « presque impossible »; elle s’arrête à «presque impossible », il est à remarquer que ces malades n’arrivent jamais à une idée aussi nette que celle de l’impossibilité absolue.

Ils ont un sentiment de faiblesse énorme à la pensé de faire un acte, sentiment qu’ils n’éprouvent pas quand ils ne songent pas a agir. J’ai observé chez Lkb..., femme de 22 ans, un phénomène curieux : elle est très calme sur sa chaise et ne réclame rien tant qu’on ne lui demande aucun effort ; si je 1 encourage a agir, a travailler un peu, elle gémit sur la difficulté de 1 acte « chez une personne qui se sent si faible » et la voici qui commence une crise de boulimie. Elle réclame à manger tout de suite, sinon elle va tomber de faiblesse : « elle va devenir folle, ou enragée, ou s évanouir, si elle ne mange pas tout de suite ». On peut arrêter ce besoin énorme de nourriture, non en lui donnant a manger, mais en la tranquillisant sur l’action à accomplir. Si on lui déclare qu’elle est trop faible pour travailler, qu’il vaut mieux rester a se reposer, elle se calme et ne demande plus a manger. U est en examinant des faits de ce genre que je suis disposé a croire au grand rôle du sentiment de la faiblesse et surtout de la faiblesse cérébrale dans le sentiment de la faim. On voit ici que ce sentiment de faiblesse et d’incapacité s’éveille à la pensée d accomplir un acte. .

Ce sentiment de faiblesse, cl impuissance personnelle me paraît jouer un rôle dans un langage bizarre que je retrouve chez plusieurs. Ils iont toujours appel à une puissance mystérieuse qui les débarrasserait de l’action et surtout de la complexité de la situation donnée. « Il me semble que j’attends quelque chose avant d agir, j'attends qu’une fée. ait mis tout en ordre d’un coup de baguette... » (Vk...) « Je compte sur les magiciens, dit Rk..., ils vont tout prépareret je pourrai alors agir. ««Ali, dit Qsa..., si un miracle me permettait de faire peau neuve, me débarrassait d un passé lourd, vous verriez que j’agirais très bien, mais la complexité des choses me tarabuste; c’est trop dur pour moi, si le ciel ne m’aide pas. »

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