Wigan, The duality of Mind, i844, p
•L Arnaud, Le sentiment de « déjà vu », t/m. mèd. psych., i8<jü, p. 8.
4. E. Bernard Leroy, L'illusion de /nasse reconnaissance, 1898.
LES STIGMATES PSYCHASTHÉNIQUES
tisme. Le sujet qui sent son activité diminuée ne retrouve plus le sentiment du petit effort de synthèse qui accompagne chaque perception normale, il croit réciter, c'est ce qui donne à la perception l’apparence d’un phénoinène/jrz.s.çd. La localisation à telle ou telle date devient une affaire d’interprétation, quand ce sentiment donne naissance à une obsession. Il me semble nécessaire maintenant de faire rentrer le phénomène «du déjà-vu » dans un groupe plus considérable, celui des sentiments d’incomplétude.
Quand on dit que les événements de la perception présente prennent aux yeux du sujet l’apparence de souvenirs, il ne faut pas céder complètement à une illusion et croire que l’apparence est complètement celle d’un souvenir. Jamais le malade, sauf quand il y a un délire surajouté comme dans le cas de M. Arnaud, ne cède complètement;» l’illusion ; jamais il n'affirme que l'événement actuel soit réellement un souvenir du passé, jamais il ne se conduit comme si c'était un souvenir. Le sentiment du déjà-vu est plutôt une négation du caractère présent du phénomène qu’une affirmation de son caractère passé. Le sujet, à moins qu il n’arrive luimême à des interprétations, sent tout simplement que les phénomènes n’excitent pas en lui le même sentiment que des choses présentes, qu’ils ressemblent sur ce point à des choses passées. Il y a presque toujours une différence importante entre « le déjiivu » et le vrai souvenir du passé. Le passé a le caractère d être connu, d’être habituel, il ne nous étonne pas ; au contraire, le « déjà-vu «conserve toujours un sentiment de vague, d’étrange; il se rapproche toujours des sentiments précédents du voile, de l’étrangeté dont il n’est en réalité qu’une forme particulière1.
Aussi n’est-il pas surprenant que ce sentiment présente des variétés et qu’il ne soit pas toujours interprété comme un sentiment de souvenir. Dans quelques cas assez rares d ailleurs, si je ne me trompe, le sujet sentant toujours que le fait n'est pas présent, car c’est là le fait fondamental, est disposé à le situer dans l’avenir. «II me semblait que ce que j'entendais était ce qui allait être dit ou fait3. » Nadia se plaint bien souvent de ne pas être dans le présent, de ne pas se rendre compte de ce qui existe dans le
» . Voir à propos do celte interprétation une élude plus complète de sentiment du « déjà-vu » que j’ai publiée dans le Journal de psychologie normale cl pallinlogigiir, iqo5, p. 289.