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LES INSUFFISANCES PSYCHOLOGIQUES

Si la plupart de ces sentiments pathologiques sont des phénomènes primitifs et non des idées obsédantes, il faut se demander quelle est leur signification. Correspondent-ils à des troubles dans le fonctionnement mental que nous puissions apprécier autrement que par les sentiments conscients du sujet? Comme nos procédés d’investigation soit psychologiques, soit physiologiques sont encore rudimentaires, ce problème est très difficile à résoudre et il faut bien souvent nous borner à des indications que nous donne l’observation.

la conscience.

Quand on examine ces malades qui se plaignent d’avoir perdu leur personnalité, de ne plus voir les choses comme elles sont, de ne plus pouvoir agir, ni sentir comme autrefois, la première idée qui vient à l’esprit, c’est que l'on va facilement constater en eux des suppressions de fonctions psychologiques connues et l’on songe immédiatement aux troubles qui ont été souvent décrits chez les sujets hvstériques. Observe-t-on chez les scrupuleux des disparitions de sensations, de souvenirs, de mouvements comme chez les hystériques ?

C’est la première question que nous avons à résoudre.

i . — Les anesthésies.

Inexistence d anesthésies, en particulier, aurait ici une très grande importance: il semble quelle expliquerait assez bien certains sentiments de privation, d’incompléludc que l’on rencontre

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a chaque pas chez ces malades. Je me suis donc beaucoup préoccupé de 1 étude de la sensibilité chez les scrupuleux, sans être parvenu, je dois l’avouer, à des résultats bien nets.

Il est d’abord incontestable qu'on n’observe jamais chez eux les grandes anesthésies des hystériques. Jamais je n’ai trouvé chez ces malades de ces vastes régions du corps, de ces viscères ou la sensibilité consciente paraît tout à fait abolie et où on ne Peut manifester la persistance d’une certaine sensation que par des procédés particuliers. Jamais on n’observe ces pertes du sens musculaire, qui s’accompagnent de paralysie complète ou du svndrome de Lasègue (mouvement les yeux ouverts, paralysie et catalepsie les yeux fermés, etc.): ce premier point est tout à fait net meme pendant les plus grandes crises de rumination ou d'angoisse. Pincez un de ces sujets pendant la crise la plus violente ou levez son bras en l’air, il se retournera toujours et ne maintiendra pas son bras en l’air.

D autre part, chez la plupart des sujets qui ne sont pas très malades et surtout qui ne le sont pas depuis très longtemps, soit pendant 1 état a peu près normal, soit pendant la crise on ne peut avec nos moyens d’investigation actuels constater aucune altération nette de la sensibilité. Comme ce point est capital, voici quelques observations et quelques chiffres. Chez Bei... et Ver.... ces deux sujets qui soutiennent si drôlement qu’ils ont perdu leur personne et qui répètent sans cesse : « ce n’est plus moi qui cause, qui marche, qui sent, qui vit, qui dort. » L'état de la sensibilité a été particulièrement étudié. « Nous étions disposés a penser, disais-je a ce propos, que ces sujets ne doivent pas avoir de leurs corps et de leurs viscères les mêmes sensations qu’autre fois. Mais en cherchant à constater ces troubles de la sensibilité supposés a priori nous éprouvons un étonnement. Chez Bei..., il nya aucune anesthésie : l’æsthésiomètre donne 2 à ô millimètres à la face palmaire des doigts, 20 millimètres à droite et 25 a gauche, a la lace inférieure du poignet. Ces sensations sont nettes, sans erreurs, ne s’accompagnent d’aucune douleur, d’aucun chatouillement, elles sont localisées au dos de la main par exemple, avec une précision de 2 à 3 millimètres, elles se présentent tout à fait comme chez l’homme normal.

I oui apprécier et mesurer au moins d’une manière grossière les sensations dites « du sens musculaire ou kinesthésique » qui nous paraissaient avoir ici quelque importance, nous nous sommes

servis de la méthode des poids. Nous faisons soupeser au sujet des petits cylindres, des cartouches de fusil, comme l’avait fait autrefois Galion. Ces cartouches sont foutes absolument semblables en apparence, mais elles sont remplies de plomb de manière à présenter des poids inégaux bien déterminés, et le sujet doit en prenant ces cartouches, en les remuant, en les soupesant, apprécier la différence de poids, dire laquelle des deux cartouches qu on lui présente est la plus lourde ou la plus légère. Afin de rendre ces expériences comparables, il est nécessaire de choisir un poids, toujours le même pour tous les sujets, qui serve de point de départ. Nous avons adopté le poids de io grammes et nous exprimons les réponses du su jet et le résultat de cette petite expérience par une fraction. Le dénominateur désigne le poids pris comme point de départ, c’est-à-dire io grammes, le numérateur le poids additionnel nécessaire pour que le malade accuse une différence. En admettant cette représentation, la sensibilité musculaire poulies poids sera chez Bei... i dixième pour la main droite et de 2 dixièmes pour la main gauche. Ce sont à peu près les chiffres que 1 on obtient chez un individu normal qui 11’est pas particulièrement éduqué pour ce genre de recherches.

Le sens auditif a été examiné par M. Gellé qui n’a pu constater aucune modification. Le sens visuel n’est aucunement altéré,

acuité est totale pour 1 œil droit et de q dixièmes pour l’œil gauche, le champ visuel est tout à fait grand (fig. 9). Les sensiilités viscérales sont évidemment difficiles à mesurer et nous 11e

prétendons rien affirmer : mais enfin cette jeune fille a faim et soif h l’heure des repas, mange de très bon appétit, digère parfaitement, éprouve le besoin d uriner et d aller à la selle ; elle se sent suffoquée si on lui ferme les narines, en un mot elle ne se se comporte pas du tout comme les hystériques anorexiques avec anesthésies viscérales. Cependant, maigre celte consei\ation apparente de toutes les sensibilités, elle continue ii dire : « Je ne vois pas, je n entends pas, c est rigolo, je ne sens rien, c est très drôle d’être comme cela. »

La même étude a été refaite sur Ver...; en voici la conclusion : « Il n’y a pas un stigmate d’anesthésie chez ce garçon. Il distingue les pointes de l’æsthésiomètre à 20 millimètres sur la

Fig. 10. — Ohamp visuel de ter...

face inférieure du poignetdroit ; il distingue des poids très légers; il souffre dès qu’on le pique : le goût, 1 ouïe, 1 odorat, la \ue n’ont rien d’altéré ; le champ visuel est à 90° dans chaque oui (fig. 10). S’agit-il de troubles de la sensibilité viscérale ? Ils sont plus probables encore que les précédents, car cette sensibilité joue un grand rôle dans la personnalité. Mais où sont ces trou ^ blés ? Il a la faim, la soif, le besoin d'uriner, etc., il sent ce qu il avale, distingue les goûts comme autrefois. Nous 11e pouvons cependant pas décrire les anesthésies viscérales dont nous ne constatons aucun indice. Les supposer, en vertu de théories philosophiques, qui rattachent le sentiment de la personnalité a ces sensibilité ce serait oublier les règles élémentaires de 1 observation clinique. »

Depuis ces études, M. Bernard-Leroy a eu l’occasion de refaire les mêmes recherches sur un cas tout à fait semblable. Il arrive exactement au même résultat, c’est qu’on ne peut constater expérimentalement aucune espèce de troubles de la sensibilité. « Je constate d’abord, dit-il, que le malade ne présente aucune anesthésie tactile, aucune diminution appréciable de la sensibilité ; la localisation des sensations se fait normalement avec précision. La sensibilité a la douleur ne me parait pas diminuée et la sensibilité thermique non plus. La vue semble également n’avoir rien perdu de son acuité ; le champ visuel est de dimensions normales *. »

Si nous passons à d’autres malades qui ont des obsessoins, des manies, des angoisses variées, voici quelques chiffres que nous a\ons rele\ és : Bu..., grand agoraphobe examiné au milieu d’une crise, distingue les pointes de l’æsthésiomètre au bout des doigts quand elles sont séparées par 2 ou 3 millimètres ; à la face inférieure du poignet droit il les distingue quand elles sont séparées par 35 millimètres, à la face inférieure du poignet gauche il les distingue à 3o millimètres ; le champ visuel de chaque œil s’étend a qo°. Ger..., examinée vers la fin d’une grande crise de rumination mentale, a partout une sensibilité tactile normale : l’æsthésiomètre donne 3 millimètres au bout des doigts, 25 à la face inférieure du poignet, 3o sur l avant-bras ; le sens musculaire examiné par les poids donne 1/10. Qei..., qui se plaint de ne plus sentir le plaisir ni la douleur, a partout une sensibilité tactile normale, je mesure le sens de la douleur avec l’algésimètre à ressort (appareil de Chéron pour la mesure de la pression sanguine transformé par l’addition d’une pointe et par une graduation différente) et je trouve 25 sur le dos de la main, ce qui est normal. Les mêmes constatations sont faites sur Red..., Vod .., Bor..., Lod... (æsth. au poignet 35, algésimètre sur le dos de la main 20, champ visuel go). Si on veut observer la sensibilité au plus fort d’une crise d’angoisse, ce qui est difficile, comme on l’a vu parce que la mise en observation arrête la crise, on peut se trouver en présence de sujets qui ne veulent pas se laisser toucher, qui prennent peur de l’instrument et on peut avoir beaucoup de peine à obtenir une réponse. Quand on l’ob-

*• ^ornard- Leroy , De 1 illusion dite de la dépersonnalisation. Comptes rendus du congres de psychologie de iijoo, p. 482.

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lient., elle est normale, tout ail plus indique-t-elle un peu de diminution en rapport avec l’état de distraction du sujet.

On peut rencontrer une difficulté spéciale quand on expérimente sur les grands douteurs qui hésitent à répondre parce qu’ils ne sont jamais sûrs de lien. J’essaye d’appliquer l’æsthésiomètre à Yi... en pleine crise de rumination et d’hésitation ; elle prétend n’ètre jamais sûre qu’il y a une pointe ou deux pointes et il faut que j’exige une réponse, même si elle ne se sent pas certaine de son exactitude. La moyenne de ces expériences faites dans ces conditions sur la face inférieure du poignet droit donne ko : ce chiffre semble indiquer une légère diminution. Cependant étant données les innombrables chances d’erreur, j'avais admis autrefois qu’il fallait au moins 60 pour admettre une hypoesthésie hystérique cliniquement intéressante : le chiffre constaté sur ^ i — en est encore éloigné. Il est vraisemblable d'ailleurs que ce chiffre un peu élevé est en rapport avec le besoin de certitude du sujet, M. Binet a fort bien montré que le chiffre donné par l’æsthésiomètre est modifié considérablement par le degré d interprétation que fait le sujet de ses sensations tactiles1 et il est bien probable qu’il est élevé par le besoin de précision, par le désir de ne considérer comme doubles que des sensations réellement bien distinctes. On peut donc dire que chez la plupart de ces malades psychasthéniques les méthodes actuelles de mesure ne mettent pas en évidence d’anesthésie appréciable.

Il faut mettre à .part un dernier groupe fort intéressant dans lequel on peut relever assez nettement des diminutions appréciables de la sensibilité, surtout pendant les crises. MM. Buecola et Séglas ont remarqué des cas où la sensibilité était diminuée*. J’en ai observé aussi quelques-uns.

Quelques malades emploient d’abord des expressions que nous sommes habitués a rencontrer dans la bouche des anesthésiques. « Pendant la crise, dit Bal..., mes mains me semblent être dures et froides » ; « il me semble, ditBuq.,., que j'ai la peau engourdie et que j’y ressens comme des fourmis, on dirait des bestioles qui me courent sur le corps. » Mio... (186) se plaint de sentir le cou

1. \. Binet, Est-il possible de mesurer la sensibilité tactile d'une personne avec la méthode de. Weber? Communication à la société de psychologie. Bulletin de l'institul psychologique, mai ipoi, p. 1 h à .

a. Séglas, Leçons cliniques sur les maladies mentales, 1 Sq5 , p. 70.

et la gorge pleins de boutons. Je n'ai pu examiner ces deux malades qu’eu dehors des crises et j’ai dû constater que malgré leur dire la sensibilité était normale.

Chez d’autres les vérifications donnent quelques résultats, Qb. se plaint de sentir plus confusément du côté droit, ce côté lui parait plus engourdi et plus gros que l’autre, c’est là le langage de quelques hystériques : j’obtiens à l’æsthésiomètre une différence minime mais nettement appréciable : 5o sous le poignet droit et 3o à gauche.

Tr... se plaint qu’elle perd le goût, l’odorat et que toute la face s’engourdit, je trouve la sensibilité de la face normale, mais le goût est réellement diminué et l’odorat est presque disparu. Il est vrai qu'il faut ici tenir compte de cette sécheresse des muqueuses qui existe souvent chez ces malades.

Les deux malades qui m’ont semblé le plus intéressants au point de vue des troubles de la sensibilité sont Lise et Claire. Lise a noté beaucoup de détails qui montrent son grand engourdissement. Pendant une crise de rumination elle s’est coupé la main sans s’en apercevoir ; elle devient surtout indifférente à la température, il lui est arrivé en s’habillant d’être absorbée par ses idées et de rester debout une demi-heure à demi nue dans une pièce très froide sans en être incommodée ; elle me raconte que donnant un jour un bain à son enfant tout en se laissant aller à rêver elle l’a brûlé et s’est elle-même brûlé les mains sans sentir que le bain était trop chaud. Elle prétend qu’au moment où l’idée est forte, elle voit moins et elle entend à peine.

Les expériences de vérifications sont comme toujours très difficiles et quand l’attention est attirée on ne constate plus d’aussi grandes anesthésies. Le tact proprement dit mesuré à l’æsthésiomètre n’est que peu diminué, la vue et l’ouïe sont à peine modifiées, mais j 'ai été frappé de trouver une assez sérieuse diminution du sens de la douleur. Une injection hypodermique qui est douloureuse à l’état normal devient tout à fait indifférente pendant les périodes de rumination. Les mesures de la sensibilité douloureuse avec l’algésimètre donnent des différences assez nettes pour que l’on puisse les résumer dans un schéma. On constate pendant les crises de rumination une hypoalgésie générale surtout caractéristique à droite de la poitrine et sur l’épaule. Les chiffres sont 5o et môme 85 et io5, tandis que quand le malade va bien, en particulier à la suite de séances dont nous parlerons, elle

ne laisse pas enfoncer l’aiguille à plus de 20 ou 20 (lig. j i et lig. 12).

Chez Claire les troubles de sensibilité sont encore plus nets. Quand elle se plaint que son corps est mort, qu il y a comme un trou sous son sein droit où tombe sa personnalité, il y a quelque chose d’objectivement appréciable. 11 y a une série de régions du corps au larynx, aux deux seins, à 1 épigastre, la partie inférieure de l’abdomen ou l’engourdissement est notable surtout à droite.

Fig. ii. — État de la sensibilité de Lise pendant une période de rumination mesurée avec l’algésimètre à ressort. — Analgésie plus accentuée il droite.

La douleur de la piqûre dans ces régions n’est appréciée qu'à io5 tandis qu’au poignet elle est sentie à 3o. Le contact d’un cheveu, suivant la méthode de Bloch, qui est nettement perçu dans les région avoisinantes cesse d’être perçu quand il arrive dans les régions. J’ai même pu, ce qui est tout à fait exceptionnel pour ces malades, établir une sorte de schéma de la sensibilité comme on fait pour les hystériques (fig. i3). Il ne faut pas oublier que les parties ombrées de cette figure ne correspondent pas à de l’anesthésie vraie, mais tout au plus à une diminution de la sensi-

bilité, surtout de la sensibilité à la douleur. En considérant cette figure on verra qu’elle ressemble tout à fait à celle que nous avons déjà publiée à propos d’hystériques ayant des idées fixes génitales On sait que les sensations et les images venant de certaines parties du corps ayant une fonction déterminée et, par conséquent, ayant une certaine qualité commune, se groupent, s’associent dans certaines émotions de manière à constituer des régions psychologiques. La sensibilité des parties génitales, du pubis, des

Fia. 12. — Etat de la sensibilité de Lise mesuré de la même manière pendant une période plus normale. — Sensibilité à la douleur à peu près normale.

seins et quelquefois de l’ombilic forme un système qui est lié à toutes les émotions ou idées génitales : il est intéressant de remarquer que chez une scrupuleuse ayant depuis une douzaine d’années des obsessions génitales la sensibilité de toutes ces régions est troublée comme elle l’est dans l’hystérie. J’ai déjà rapporté l’observation d’un homme qui, après vingt ans de méditation sur des obsessions de ce genre, en arrive aussi à une hypoesthésie

• iXéu roses et Idées fixes, II, p. /j 3 /| .

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des parties génitales : la différence avec 1 hystérie est toujours la même, l’insensibilité est très incomplète et ne porte nettement que sur la douleur.

En résumé, nous n’avons rencontré de troubles de la sensibilité appréciables que dans un petit nombre de cas et encore ces troubles portent-ils presque exclusivement sur la sensibilité à la douleur et dépendent-ils étroitement du degré de l’attention. Dans l’immense majorité des cas il n’y avait aucun trouble précis des sensations tactiles et des sensibilités spéciales, enfin dans aucun cas nous n’avons pu noter de grandes et profondes anesthésies.

Je n’insiste pas sur l’amnésie et sur la paralysie, car vraiment je n’ai rien observé chez mes malades qui rappelle même de loin ce que l’on observe chez les hystériques ; il n'y a guère que des symptômes subjectifs. « Bei... soutientqu'elle n’a aucune mémoire, que depuis son accident elle ne se souvient de rien. 11 ne faudrait pas, disions nous l, la croire sur parole et nous figurer qu elle pré-

j. Névroses et Idées fixes, II, p. 65, p. 72.

f-F.S SYMPTOMES DE RÉTRÉCISSEMENT DU CHAMP DE LA CONSCIENCE 337

sente des amnésies réelles et étendues, inter rogez-la, si vous voulez, nous vous mettons au défi de trouver un oubli réel ». « Ver... a imaginé de dire qu’il avait perdu la mémoire et il voulait môme se faire dispenser du service militaire sous prétexte d’amnésie : « je ne me souviens de rien, dit-il, je ne puis pas tenir une conversation, car je ne puis suivre aucune idée » c’est là ce qu’il décrit, mais même embarras que tout à l’heure, si vous cherchez quelle forme d’amnésie il présente vous n’en pourrez trouver aucurre. Interrogez-le sur tout cc que vous voudrez, il vous répondra avec des détails interminables : et il continue à dire je n ai aucune mémoire, tandis que sa parole a montré tous les souvenirs possibles. »

Claire prétend aussi avoir perdu la mémoire, ne plus se souvenir du passé et ne pouvoir apprendre le présent. En réalité elle raconte à peu près tout et quand j ai essayé de lui faire apprendre io syllabes en les prononçant devant elle, elle y est arrivée correctement après id auditions. Cela ne montre pas une grande puissance d attention, mais cela n est pas de l’amnésie.

Gisèle se plaint d’avoir par moment des paralysies complètes, je ne les ai jamais constatées : cette difficulté que la malade éprouve a marcher dans certaines circonstances se rattache à ces sortes de crises de latigue qui surviennent fréquemment chez ces sujets , ce ne sont aucunement de véritables paralysies.

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