Dugas, Revue philosophe/ rc, 1898, I, 5o
a. Bernard-Leroy, Sur l’illusion dite de dépersonnalisalion. Revue philosophique, «898, II, p. 1 58.
LES STIGMATES PSYCHASTHÉNIQUES
ne sont pas réellement dédoublés et qu’ils ne sont pas morts, et malgré leurs expressions souvent exagérées ils n’ont pas un sentiment positif de multiplicité et de mort. Il serait trop facile de montrer qu’un sentiment positif de ce genre est une conception contradictoire et irréalisable. Ce qu’ils ont en réalité c’est le senment négatif de n’ètre pas assez un, de n’ètre pas assez vivant, de n’être pas assez réel. Ils devraient dire et on leur fait dire très facilement dès qu’on insiste un peu : « Je ne sens pas assez la réalité de ma personne. » C’est là ce qu'ils traduisent dans leur langage symbolique par les mots « je sens que ma personne est morte » sans se rendre compte de l’absurdité de ces termes. Ce sentiment fondamental qui existe sous ce langage est donc le même que nous avons rencontré à propos de l’action, de l’intelligence, et des émotions, un sentiment perpétuel d'incomplétude: c’est lui dont il faudra rechercher l’explication.
DEUXIÈME SECTION