‹ Les obsessions et la psychasthénieChapitre 161 sur 352 · La lenteur des actes · texte numérisé non relu

La lenteur des actes

Même si l’action est décidée, elle se fait très lentement et cela avant qu’il n’y ait des manies ou des ruminations pour l'arrêter. La lenteur de ces personnes pour se lever du lit est classique : i! leur faut des heures pour savoir si elles sont réveillées ou non. Leur lenteur à faire leur toilette, à prendre leurs repas, à écrire une lettre, à faire en général une action quelconque est observée tout à fait dans la première jeunesse. Claire devenait exigeante sur ce point, elle voulait qu’on lui laissât des heures pour écrire un petit mot, pour se préparer à sortir, pour se mettre à table. Comme nous l’avons remarqué autrefois chez les hystériques, comme MM. Raymond et Arnaud l’ont décrit chez un aboulique, ces malades fractionnent l’acte, ils emploient une première journée à chercher du papier à lettre, une seconde à prendre une enveloppe et peut-être qu’en huit jours ils arriveront à écrire une lettre.

!\. — Les retards.

Cette conduite amène une conséquence inévitable, c’est qu ils n’arrivent jamais à rien en même temps que les autres personnes, au moment où il le faudrait. Lorsqu ils sont intelligents ils gémissent comme Ka... sur ce trait de caractère qui leur a nui dans toute leur carrière, ils ne sont jamais prêts a temps pour saisir une occasion quelconque, « je laisse toujours passer le moment et je n’arrive ii rien ». Ils remettent toujours 1 effort au dernici moment possible : Claire ne me parlera un peu qu a la lin de sa visite quand décidément je ne puis pas la garder plus longtemps; elle ne fera quelques efforts pour se guérir qu à la lin de son séjour à Paris, quand elle voit qu’il faut rentrer chez elle.

Un caractère curieux qui en résulte, c est 1 absence totale de la notion de l’heure. Il n’y a rien de plus terrible que d avoir des rendez-vous avec des scrupuleux : un retard d'une heure ou deux,

LES TROUBLES DE LA VOLONTÉ

quand ils n’ont pas d’idée lixe sur ce point, leur paraît si peu de chose et si insignifiant qu’ils croient en arrivant mériter des compliments. On m’a fait remarquer que ce caractère de n’être jamais à l’heure, qui est si net chez Xyb... (209), Vk..., etc., en un véritable caractère de famille, que l’on retrouve chez les parents, les frères et les sœurs des malades.

Page 1