L’absence de résistance
On donne souvent comme preuve de la force de volonté conservée par les obsédés leur résistance. à l’impulsion. « Il n’est pas absolument vrai de dire comme on le croit généralement cpie la volonté chez les obsédés soit très amoindrie. Beaucoup sont susceptibles de donner des preuves d’une énergie peu commune et c’est très réellement qu’ils combattent leur idée fixe...2 » Je ne suis pas certain que cette prétendue résistance à l’impulsion soit une preuve d’énergie peu commune. Ils ont des manies de se dire, de se croire, de se montrer en proie à des tentations et ils ont des manies de lutter désespérément contre une impulsion qu’ils inventent. Ce qui serait une preuve d’énergie, ce serait de cesser ce combat grotesque et de penser à autre chose et c’est ce qu’ils ne peuvent pas faire.
Comme nous l’avons souvent remarqué la faiblesse n’existe pas seulement dans la volonté active, mais aussi dans la volonté qui se borne à résister passivement. Ces malades qui ne font rien euxmêmes sont incapables de résister à ceux qui veulent faire quelque chose. Ils ne savent ni lutter, ni se défendre contre ceux qui les dépouillent et les tourmentent. J’ai été très frappé de ce trait de caractère dans l’enfance de tous les malades. Us sont très malheureux dans les internats, ils deviennent les victimes, les souffre-douleurs de tous leurs camarades. Dk... (aifi) a toujours été tourmenté au collège. Jean surtout a eu sur ce point une jeunesse déplorable : à 12 ou i3 ans il était la victime de tous les élèves du lycée. Il n’était pas de farce qu’on n’essayât de lui faire, on lui faisait supporter la conséquence de toutes les fautes de ses
1. A. Debs, Tableau de V activité volontaire pour servir à la science de l'éducation,