‹ Les obsessions et la psychasthénieChapitre 188 sur 352 · LES INSUFFISANCES PHYSIOLOGIQUES · texte numérisé non relu

LES INSUFFISANCES PHYSIOLOGIQUES

Beaucoup de psychasthéniques préoccupés de leurs obsessions, \ de leurs manies mentales ou de leurs phobies ne se plaignent que de symptômes psychologiques et l’observateur pourrait être disposé au premier abord à croire simplement à une maladie de l’esprit. Certains malades, au moins pendant un certain temps, justifient cette illusion. Rk... est un homme de t\o uns, grand, fort, le teint frais, sans troubles physiologiques apparents.il n’a que des scrupules et des manies de recherche qui suffisent à le torturer. Mais c’est là une exception très rare et peut-être plus apparente que réelle; le plus souvent un examen attentif révélera une foule de troubles physiologiques qui font de l’état psychasthéniques une maladie de tout l’organisme.

On ne saurait trop insister sur ce point essentiel : les obsédés par leur bavardage, par la description interminable de leurs pensées extraordinaires détournent le médecin de l’examen organique qui ne devrait jamais être négligé. Leur aspect physique est presque toujours caractéristique : ils sont très souvent amaigris, ils sont pâles et ont les traits tirés, leur peau sèche a un mauvais aspect, leur langue est saburrale, leur haleine est mauvaise et presque toujours cet aspect pli vsique se modifie complètement en même temps qu’ils retrouvent le calme de 1 esprit. En un mot, quelle que soit l’interprétation que l’on donne de leur étal mental, il ne faut pas oublier qu’il sont surtout et avant tout des malades.

i. — Troubles des fonctions nerveuses.

Sans doute tous les troubles précédemment étudiés, obsessions, agitations, insuffisances, psychologiques étaient en rapport avec

(les troubles, des fonctions cérébrales, mais ils constituaient surtout des troubles psychologiques. Il faut placer à côté des troubles des fonctions physiologiques du système nerveux, trou-

Ibles encore peu connus mais qui serviront sans doute plus tard pour interpréter les précédents.

i . — Céphalalgies et rachialgies .

Un premier fait, des plus importants, nous montre que ces troubles de l’esprit sont en rapport avec un fonctionnement anormal, une altération pathologique du cerveau. Ce sont les douleurs que la plupart des malades ressentent dans la tète.

Ces douleurs sont toujours situées par eux dans la tète, mais là s’arrête leur accord : il y a une diversité surprenante dans la description des formes ou des modalités de cette douleur et dans le siège qu’ils y attribuent. II est bien probable que dans ces descriptions imagées il y a beaucoup de choses insignifiantes. On

Is’en rendra compte plus tard, quand on saura la véritable raison de ces douleurs, nous en sommes encore à la période empirique des anciens médecins qui notaient avec précision les caractères du pouls capricant et du pouls duriuscule, nous sommes obligés de recueillir telles quelles les .expressions des malades.

Si nous nous occupons en premier lieu de la forme, des modalités de la douleur, nous avons d’abord ceux qui ont peu d’imagination et qui disent simplement qu’ils ont mal à la tête, qu’ils ressentent une gène, une douleur plus ou moins grave dans la tète. Nous aurons ensuite ceux qui parlent d’engourdissement: «j’ai la cervelle paralysée » (Bsn... io). « J’ai la tête engourdie » (Claire) « II y a un coin de ma tête qui est engourdi et qui a envie de dormir » (\od... 2o3), « J’éprouve une sorte de torpeur (Dob... 80) ».

Un certain nombre de malades se plaignent de phénomènes de mouvement dans la tête « il y a comme des corps étrangers qui courent sous la peau du crâne, et à l’intérieur des efFets bizarres, des contractions, des torsions, des écartements qui poussés à un certain point sont tout à lait angoissants » (Gisèle). Jean sent « comme s’il avait des objets qui tournent dans le cerveau sans qu ils puissent les arrêter, des voues, des poulies, des ailes de moulin; il ne voit rien, il n’entend rien, il sent qu’il y a une petite poulie qui lourne ».

D autres sensations peuvent être comparées à des démangeai-

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