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Névroses cl Idées Jixcs, II, p

410 LKS STIGMATES PSYCHASTHÉNIQUES

la gène de la respiration, des crampes du muscle Irontal ou du muscle occipital et des muscles de la nuque déterminent chez les autres malades la localisation en avant et en arrière.

A ces douleurs cérébrales il faut joindre les douleurs dans les vertèbres lombaires, la rachialgie. Ce symptôme ne me semblait pas avoir un grand intérêt, mais j’ai été étonné de voir que quelques auteurs lui donnaient une certaine importance pour diagnostiquer la neurasthénie de ce qu ils appelaient la névrose d’angoisse

J’étudierai plus tard cette question de diagnostic, pour le moment je remarque seulement que la rachialgie est fréquente chez les malades que j’ai observés, .quelle que soit la forme de leurs troubles psychasthéniques. Wo..., qui ades manies de la recherche et des obsessions sacrilèges ou criminelles la présente comme Dob, Jean, etc., qui ont des angoisses, comme Es... qui a des tics. La rachialgie est peut-être un peu moins fréquente que la céphalalgie, mais elle existe dans un nombre de cas assez considérable pour que l’on ne puisse pas, à mon avis, faire de ce symptôme un caractère distinctif des neurasthéniques sans troubles

mentaux.

M. de Fleury remarque justement que la rachialgie est souvent en rapport avec des fatigues ou des spasmes des muscles lombaires; j’en suis convaincu, mais je ne crois pas impossible que dans ce phénomène des troubles circulatoires de la moelle et des modifications de la pression intrarachidiennes ne puissent jouer un rôle comme dans la céphalalgie.

■2. — Troubles du sommeil.

L’importance du sommeil est si grande dans les névroses, son rapport avec la volonté et l’attention est si probable qu il Luit placer ici une note rapide sur les modifications du sommeil chez nos malades.

Dans un premier groupe, le sommeil semble peu troublé, au contraire les sujets sont plutôt de grands dormeurs. Lo... (ai 3) depuis son enfance dort plutôt trop. A ao ans il lui taut encore îa heures de sommeil par jour et encore il lui arrive de se rendormir

j, llartcnbort}, Lu névrose d’angoisse, i<)02 (Paris, K Alcan).

TRÔURLES ORS FONCTIONS NERVEUSES

clans la journée. Ce cas est assez fréquent et un bon nombre de ces malades ont un sommeil lourd et prolongé. Dans ces cas il iaut noter que le sommeil n’est pas troublé par les idées qui tourmentent la veille. Comme on l’a remarqué souvent, les rêves du sommeil profond ne reproduisent pas les émotions de la journée.

Chez quelques sujets ce sommeil lourd devient par moments tout a lait excessif et pathologique: il arrive assez souvent que Bu... (85) dorme o.!\ heures de suite; une fois il est resté endormi deux jours et une nuit. Lo... a des sommeils malgré elle au milieu de la journée, il en est de même chez Yod... Chez Je... ces sommeils exagérés surviennent par périodes: pendant une quinzaine de jours elle va être engourdie, elle va être prise très fréquemment par des sommeils qui se prolongent plusieurs heures.

I endant cette période elle n’a plus d’obsessions et n’est plus tourmentée par ses interrogations et ses recherches continuelles. Je crois que ces sommeils exagérés doivent être rapprochés de ces périodes de fatigues énormes que nous avons étudiées ii propos des troubles de l’activité, ce sont des phénomènes du même genre.

Dans un autre groupe de malades peut-être plus nombreux que le premier, le sommeil est troublé : il est devenu plus léger, il reste incomplet et il est traversé par des rêves pénibles. Claire est tourmentée la nuit comme le jour quoique ii un degré un peu moins lort. Il lui semble qu’elle ne dort pas tout entière « il y a toujours deux ou trois de mes personnes qui ne dorment pas, cependant j'ai moins de personnes pendant le sommeil, il y en a quelquesunes qui dorment un peu. Ces personnes ont des rêves et des rêves qui ne sont pas les mêmes : je sens qu’il y en a plusieurs qui rêvent à d'autres choses ». Ces rêves de Claire sont presque tous d un genre bien connu, elle poursuit quelque chose qu’elle ne parvient jamais ii atteindre, elle se perd dans d’interminables couloirs, elle ouvre des milliers de portes et elle a le sentiment qu’elle n’arrivera jamais au bout. Ce rêve « du labyrinthe » me paraît la continuation sous une forme plus imagée des recherches, des efforts interminables et infructeux que cette personne fait continuellement pendant la veille, c’est le même état d’esprit qui continue dans les deux états à l’inverse de ce qui se passait dans les sommeils profonds.

Beaucoup d’autres malades Bei..., Tr..., etc., se plaignent de

LES OHSESSIO.NS.

ne pouvoir pas dormir complètement. Lise se réveille au moindre bruit et le matin elle a le sentiment qu’elle n a pas dormi, qu’elle est restée au début du sommeil « qu’elle ne peut pas plus achever le sommeil qu’elle ne peut terminer un acte ou un sentiment quelconque ». Elle dort plutôt mieux quand elle est très malade et qu’elle s’est épuisée toute la journée dans ses ruminations. Quand elle est en voie d’amélioration, elle est étonnée du changement de son sommeil: « .l’étais habituée i, dormir d une manière bizarre en continuant mes discussions, maintenant .1 m’arrive de me réveiller en sursaut, étonnée de cette façon nouvelle de dormir tranquille; cela me fatigue de dormir de cette façon. » En un mot il y a un changement du sommeil quand elle va mieux, et ce changement la trouble au début.

Il est souvent juste de faire intervenir dans ces troubles du sommeil des phénomènes physiologiques analogues a ceux qui nous ont paru jouer un rôle dans les céphalalgies. Des troubles vaso-moteurs, des phénomènes de congestion sont invoques poulies expliquer par Angel, par Lubetzki et par plusieurs auteurs. M de Fleury rattache l’insomnie à des modifications de la tension sanguine : le sommeil normal exigerait une tension moyenne de q à 12 centimètres de mercure mesurée h la radiale; au-dessus de ce chiffre on observerait des insomnies par hypertension,

au-dessous des $jfi sommes par hypotension '.

Il y a quelque vérité dans ces remarques, mais je crois devoir observer, comme je l’ai montré autrefois»-, que le sommeil est un phénomène mixte, il ne dépend pas seulement des phénomènes physiologiques extracérébraux pour ainsi dire, circulation, tension céphalo-rachidienne, mais encore de faits psycho-physiologiques qui ont lieu dans l’intimité du cerveau. Par un côté le sommeil est un acte, il demande une certaine énergie pour être décidé au moment opportun et pour être accompli correctement. Les mauvaises habitudes, les tics, les manies mentales interviennent dans le sommeil: on a déjà vu l’observation de Du... Q19) dans laquelle des agitations et des angoisses apparaissent à 1 occasion du début du sommeil comme à propos du début des actes. Par bien des points l’insomnie des psychasthéniques se rapproche

de leur aboulie.

i. De Fleury, Les grands symptômes neurasthéniques, rpoi , p. i3o(Pans, F. Alcan)

■jl. Stigmates mentaux des hystériques. 189a, p. 137.

TROUBLES DES FONCTIONS DIGESTIVES

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