‹ Les obsessions et la psychasthénieChapitre 206 sur 352 · Lowenfeld, Psychiatrische Wochenschrift, io juin · texte numérisé non relu

Lowenfeld, Psychiatrische Wochenschrift, io juin

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cition morale sauf le pouvoir Je déterminer des actions réelles. Cette remarque est intéressante, car elle me parait ici échapper à l’objection que jusqu’à présent nous faisions constamment. Si les émotions, les sentiments, les actions de ces malades sont incomplets et loin de la réalité, disions-nous, c’est peut-être parce qu’ils ont une idée fixe d’imperfection qui les arrête. Eh bien, ces malades ne se doutent pas que l’hallucination serait à notre point de vue un phénomène parfait. Ils ne se rendent même pas compte des caractères d’une vraie hallucination et quand ils nous décrivent leurs hallucinations si imparfaites, ils ne peuvent y mettre aucune humilité.

Ils n’ont de même aucune idée sur le résultat des pratiques d’hypnotisme. Ils désirent plutôt le sommeil qu’ils croient utile pour leur guérison. Cependant les expériences hypnotiques longtemps et sérieusement continuées m’ont montré que tant que les scrupuleux sont très malades ils ne sont ni hypnotisables, m suggestibles. Tous ces phénomènes d’impulsion, de suggestion et d’hallucination consistent surtout à donner au sujet 1 illusion de la réalité ; il est curieux de voir que les scrupuleux les ont perdus comme les précédents. Non seulement ils n’ont plus 1 appréhension de la réalité véritable, mais ils n’arrivent pas non plus a l’illusion de la réalité. Ce fait suffirait à prouver, s'il en était besoin, que le trouble ne consiste pas dans une action insuffisante de la réalité sur le sujet, mais dans une insuffisance des opérations mentales qui conduisent soit à la perception de la réalité, soit à l’illusion de cette perception.

On pourrait donc réunir un assez grand nombre de leurs troubles psychologiques en supposant, contrairement a 1 opinion commune, que la réalité présente exige une complexité spéciale de l’opération psychologique et qu’il y a par conséquent une fonction spéciale que l’on peut appeler la fonction du réel . C'est un trouble dans l’appréhension du réel par la perception et par l’action qui résume les troubles présentés par nos malades en dehors de leurs manies et de leurs obsessions.

L’étude des troubles physiologiques est plus simple et il est plus facile de les résumer. On a observé des douleurs dans la ôte en relation probablement avec une insuffisance de régularisation de la pression intracéphaliquc et avec des troubles vasomoteurs, des troubles digestifs en rapport avec l’atonie gastro-

LES TROUBLES PSYCHASTHÉNIQUES

intestinale, de l’hypoacidité urinaire, de la faiblesse cardiaque et de 1 hypotension vasculaire, des troubles des sécrétions et des troubles des fonctions génitales.

D une manière générale ce sont les symptômes de la neurasthénie. Nous aurons à discuter, à propos du diagnostic, s’il y a lieu de séparer les obsessions et l’angoisse de la neurasthénie proprement dite. Pour le moment il suffit de remarquer que l’on note dans tout 1 organisme les signes d’un épuisement nerveux qui est parallèle à la diminution d’activité psychique.

En un mot les caractères généraux des stigmates psychasthéniques peuvent être maintenant résumés par ces trois notions plus simples: i° le sentiment d’inachèvement, d’incomplétude des opérations psychologiques ; 2° la diminution ou la perte delà lonction du réel ; 3° les symptômes physiologiques de l’épuisement nerveux.

— Les périodes psychasthéniques.

Ces phénomènes psychologiques et physiologiques que j’ai appelés des stigmates psychasthéniques ne sont pas continuels pendant toute la vie du malade, ils n’existentpas sans interruption, même dans les cas les plus graves, depuis la naissance jusqu’à la moi t. Je crois que cette notion est capitale et qu’elle n’a pas assez happé 1 esprit de ceux qui considèrent cette maladie comme une simple dégénérescence mentale. Le raisonnement seul pourrait d abord faire prévoir ce caractère : la plupart des sentiments anormaux exprimés par les malades ne sont intelligibles que si on suppose dans leur esprit une comparaison entre l’état actuel de maladie et un état de santé antérieur. Les sujets vous disent sans cesse qu’ils descendent, qu’ils ont perdu leur force, leur intelligence, leur personne : il faut donc admettre qu’ils aient été plus haut, qu’ils aient eu à un moment donné une autre force, une autre intelligence, une autre personne.

Le sentiment du réel dont nous ignorons presque complètement le mécanisme, doit être un phénomène relatif et dépendre d un certain degré d activité moyenne auquel l’individu est accoutumé. Un idiot qui a eu toute sa vie une activité mentale faible ai rive cependant a un certain sens du réel qui lui suffit. 11 est

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bien probable que si nos malades avaient toujours eu cette même faiblesse de pensée, ils ne s'en apercevraient pas ma, ntenant et ne se plaindraient de ne pas saisir la réalité, de trouver que tout est lointain, que tout est mort. Ce raisonnement qui peu s'appliquer à presque tous les symptômes montre bien que les

stigmates psychasthéniques appartiennent a un état accident •

de nature transitoire, comme une véritable maladie.

D'ailleurs l'observation est sur ce point très ««MM» sans entrer dans l’étude de l’évolution de la maladie a laquell ■ J consacrerai un chapitre spécial, je puis faire remarquer ici qm chez tous les malades sans exception ces stigmates const, uan l'état psychasthénique se son, présentés par périodes. Il est > ru seulement que dans les cas graves ces per, odes peuvent du.e,

" Dans“Sns cas particulièrement typiques les périodes son, très précises et peuvent ne durer que quelques jours. Dans ces cas on peut bien noter l’apparition des troubles, leur évolution et leur disparition. Les auteurs qui ont décrit la dipsomanie, comme M Magnan, on, bien remarqué les troubles mélancoliques, la confusion qui précède souvent de plusieurs jours 1 impulsion propi cinent dite'. M. Séglas est l'un de ceux qn, on, le mie-ix note

chez les obsédés l’apparition de ces périodesqu, « réalisent, d - ,

comme une forme atténuée de la confusion mentale... 11 y a pendant deux ou trois jours une exagération de quelques symptômes neurasthéniques... Les malades ne se reconnaissent plus euxmêmes, ne se trouvent plus comme auparavant. L attention très défectueuse, difficile h fixer, facile h fatiguer ; la mémoire est paresseuse et infidèle, la volonté est atteinte dans sa motrice et l’aboulie se traduit par une invincible apathie ».

Chez beaucoup de nos malades on peut observer ces périodes de psychasthénie qui préparent les crises d obsession : les

Col se passent ainsi chez Got..., chez po, e prendrai sur tout comme exemple l’observation de K ... -et e ci, une autrefois de longues périodes maladives durant des années actuellement les périodes sont courtes, elles ne durent que quelques jours et elles cessent d une manière assez nette. Le trouble survient en général quelques jours apres la lu, des

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