Séglas, Leçons cliniques, i8g5, p
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M. Ballet ajoute un mot de plus qui me parait avoir une certaine importance : il place les obsessions parmi les anomalies de l’émotivité et de la volonté chez les dégénérés . Je ne paile pas pour le moment du mot « dégénérés » dont a mon a\is on a singulièrement abusé dans cette question ; je remarque seulement (pie M. Ballet ne se borne pas comme les auteurs précédents a parler de l’émotion mais qu’il indique au moins comme problème les troubles de la volonté.
M. Freud, de Vienne, précise d’abord la notion de 1 angoisse, il en décrit avec précision une dizaine de formes caractérisées par certains phénomènes physiologiques prédominants, il nous sufht de rappeler les titres de ces variétés, car il est facile de voir que plusieurs d’entre elles ont été décrites quand nous avons examiné les phénomènes physiologiques de 1 attaque d angoisse : i Atta-
que cardiaque (pseudo-angine de poitrine). 2° Attaque lespiiatoire (dyspnée nerveuse, taux asthme). 3° Attaque de sueuis profuses, souvent nocturnes. 4° Attaque de secousses et de tremblements (non hystériques). 5° Attaque de boulimie (ce dernier phénomène a été décrit par nous à propos des troubles psvchologiques : chez les malades qui ont présenté de la boulimie, celleci était en rapport avec des sentiments de faiblesse, de latigue, d’aboulie tout à fait caractéristiques). 6° Attaque de diarrhée ou de polyurie, y0 Attaques vaso-motrices. 8° Attaques de paresthésies. g0 Attaques de frayeurs nocturnes avec réveils angoissants. io° Attaques de vertige2. Par cette description précise, Freud et Hecker ont mis au premier rang les phénomènes de l'angoisse, ils en ont fait une maladie distincte sous le nom de névrose d'angoisse (Angstneurose). Mais M. Freud a été plus loin et a 'oulu donner une explication a mon avis très hypothétique de ces angoisses en les rattachant toujours h des troubles de la sensibilité et des fonctions sexuelles ; nous aurons a revenir sur cc point en
étudiant l’évolution de la maladie.
Ces divers travaux sur le rôle de 1 émotivité morbide dans le mécanisme des obsessions sont résumés, coordonnés et complétés dans le travail de MM. Pitres et Régis, qui a été présenté au Congrès de médecine de Moscou en 1897 comme rappoit sui
1. Ballet, Dégénérescence mentale, in Traité de médecine de Charcot, Bouchard,
■]. Freud, Neurologisch. Centralbl., janvier i8g5. Hecker, Allg. Zeilschr. f. Psych., LII, l'asc. 0, p. 1167. Freud, Beoue neurologique, 3o janvier i8g5.