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deur, c’est l’opposition entre la nenrosthénie et la neurasthénie ou, si l’on veut, entre la cérébrosthénie et la cérébrasthénie, quant aux effets produits par ces deux états sur l’intensité ou même sur la forme du fonctionnement mental1 ».
C’est la même notion de la richesse des processus mentaux que je retrouve comme élément essentiel des véritables hallucinations et qui me semble jouer un grand rôle dans toutes les opérations de la fonction du réel. Cette notion a l’avantage de contenir ce qui était intéressant dans les hypothèses précédentes relatives à l’importance des sensations et surtout des sensations de mouvement, celles-ci sont évidemment contenues dans ce que j’appelle la richesse du contenu de la pensée.
Pourrait-on aller plus loin et chercher si nous pouvons découvrir d’autres caractères psychologiques auxquelles soient liés cette concentration et cette richesse des phénomènes. Je suis disposé à imaginer que la rapidité des phénomènes psychologiques ou plutôt des éléments de ces phénomènes doit intervenir ici. Il est visible, je l’ai montré bien souvent, que les douteurs sont des lents et il n’est pas impossible de supposer qu’il y a chez eux un ralentissement de ces oscillations, de ces vibrations qui constituent peut-être les éléments de la conscience. Les expériences que j’ai publiées à propos du ralentissement des sensations visuelles élémentaires chez les névropathes2 pourraient être rattachées à cette étude. Mais il est trop évident que ce sont là des hypothèses actuellement invérifiables que nous ne pouvons ajouter sans démonstration aux faits acquis.
En un mot, il me semble que deux phénomènes êssentiels caractérisent les premiers degrés de cette hiérarchie : i° l'unification, la concentration, surtout importante lorsqu’elle est nouvelle et qu’elle constitue la synthèse mentale ; 2° le nombre, la masse des phénomènes psychologiques qui doivent faire partie de celle synthèse. La réunion de ces deux phénomènes, une synthèse nouvelle, une forte concentration et des faits de conscience très nombreux constitue, un caractère qui doit être essentiel en psycholo gie et que l’on peut appeler p;jr convention la tension psychologique.
1. Manouvrier, La volonté. Revue de l'hypnotisme, i8i)4, p. 22y, 232.
2. La durée des sensations visuelles élémentaires, communication à la Société de pyscliologie. Bulletin de l'Institut général psychologique, njo.'i, n° 0 , p. 54<J.
TIIKOHIKS l'ATHOGKNHjL'KS
Maudsley a déjà parlé des divers degrés de tension que pouvait prendre l’énergie cérébrale1 * 3 * 5. Spencer a exprimé des idées du môme genre « sur les d i verses tensions ou pressions du système nerveux, et sur le rôle qu’elles doivent jouer dans la conscience ». Iloficling a déjà insisté sur cette tension, cette concentration qu'il considère comme essentielle dans la volition : « A 1 expansion de la recherche des motifs doit succéder une concentration.
Il s’agit de clore tout le débat conscient, de concentrer l’énergie sur un seul point qui puisse servir de point de départ pour la réalisation du but qu’on s’est proposé*. » M. Bergson a indiqué beaucoup d’idées philosophiques analogues quand il a dit que « l’action doit concentrer de plus en plus un grand nombre d images dans un moment du temps de plus en plus court1 ». « Les divers souvenirs évoqués, dit-il encore, répondent à divers degrés de tension de la mémoire ici plus rapprochée de 1 image pure (du rêve), là plus disposée à la réplique immédiate, c cst-adire à l’action”. »
Voici donc un ensemble de recherches qui convergent vers cette idée qu’il y a des degrés de tension psychologique et qu a ces divers degrés correspondent non seulement des modifications d’intensité mais des modifications très intéressantes de qualité ou de nature dans ces phénomènes. J’ai essayé de les préciser en rapprochantces notions relatives à la tension psychologique de tous les laits mis en évidence dans le tableau de la hiérarchie. Le degré de la tension psychologique, ou V élévation du niveau mental se manifeste par le degré qu’ occupent dans la hiérarchie les phénomènes les plus élevés auxquels le su/et peut parvenir. La fonction du réel avec l’action, la perception de la réalité, la certitude exigeant le plus haut degré de tension, ce sont des phénomènes de haute tension; la rêverie, l’agitation motrice, l’émotion exigeant des tensions bien inférieures, on peut les considérer comme des phénomènes de basse tension correspondants à un niveau mental inférieur.
Bien entendu il est facile de traduire ces hypothèses psychologiques en hvpothèscs physiologiques : comme je 1 ai dit souvent, en dehors des expériences de physiologie et des recherches his-
i. Maiulslev, Phvsioluijic Je I esprit, p. 3oo cl suiv.
a. Spencer, Principes de psychologie, I. p. 63 à d suiv. (Paris, !• . Mcan).