Legrand du Sâullc, Agoraphobie, p
LES CRISES DE PSYCHOLEPSIE ET LES ACCÈS ÉPILEPTIQUES fü3
1 épilepsie. Dans le même passage, pour montrer l’intérêt qu’il prend a la question, Legrand du Saillie cite une observation d’un épileptique agoraphobe. Cependant, en général, il est exact que celle relation a été le plus souvent complètement niée par les observateurs, qui sont beaucoup plus frappés des grandes différences apparentes que des ressemblances.
C est ce qui est très net dans cette discussion de M. Mickle dont MM. Pitres et Régis adoptent complètement les conclusions. « L’émergence soudaine du lin fond de la conscience des éléments de l’obsession, peut rappeler l’attaque d’épilepsie, cependant ce n’est pas la de 1 épilepsie vraie; ce n’est pas non plus de l’épilepsie larvée... ces états d’obtusion secondaire, de tourbillon mental diffèrent absolument de l’absence primaire, du voile momentané, de 1 imperception des états nuageux de l’épilepsie; des obsessions chez les épileptiques n’existent jamais au moment précis où l’esprit est sous le coup d’une attaque... En résumé, dans l’obsession, il y a conservation entière ou presque entière de la conscience, d’ordinaire parlaite, souvenir de 1 attaque, anxiété et angoisse concomitante, inquiétude du malade sur son état mental, dégoût de la vie, fréquemment stigmates physiques de neurasthénie cérébrale. Dans l’épilepsie, il y a explosion soudaine de l’attaque, inconscience, état de trouble ou grande obscurité mentale pendant l’explosion, perte plus ou moins complète du souvenir de l’attaque, souvent ressemblance absolue des détails entre plusieurs attaques consécutives... » MM. Pin ■es et Régis insistent en plus sur la lutte mentale qui caractérise l’obsession au lieu de la soudaineté irrésistible de I épilepsie, ils opposent comme exemple la dromomanie de l’obsédé a l’automatisme ambulatoire de l’épileptique ‘.
Sans contester l’intérêt de ces remarques, je crois que nos études précédentes nous permettent de ne pas les considérer comme absolument définitives. Ces auteurs insistent beaucoup sur celte observation que l’obtusion est secondaire chez l’obsédé, qu’elle est consécutive a 1 obsession elle-même; mais c’est un point qui me paraît très contestable. 11 y a chez les psychasthéniques tout un ensemble d insuffisances psychologiques qui sont quelquefois très graves et qui loin de dépendre de l’obsession en sont au contraire le point de départ. 11 est faux de dire que les sentiments de dépersonnalisation, d’automatisme, de voile,
i- Pitres et Régis, op. cil., |>. y(j.
THÉORIES PATIR JfiÉS IQUES
de nuage, de défaut d’émotion, soient la suite d une obsession, a laquelle songerait tout le temps le malade; on les observe! equemment et pendant des années entières avant l'apparition d aucune obsession.
On insiste ensuite sur la conservation complété de la conscience pendant les crises d’obsession. C'est encore un point que je ne puis admettre: l’incapacité absolue d arriver maigre efforts inouïs à une résolution, à une croyance, l'amnésie continue, la diminution énorme de toutes les fonctions du reel ne sont pas les marques d’une conscience intacte. 11 y- a une diminution de la tension psychologique que l’on ne peut pas consideiei
comme insignifiante. ; . .
D’autre part, on insiste sur la soudaineté, 1 inconscience, a perte totale des souvenirs, la répétition automatique de la grande attaque comitiale. D’abord certains de ces caractères, la soudaineté et la régularité se retrouveraient très bien chez les psychasthéniques. Jean est toujours saisi soudainement de ces idees « cela me vient tout d’un coup, comme si je recevais un coup de bâton », et ses crises ont une monotonie remarquable. en est de même chez Gisèle », ça tombe sur moi comme un coup de tonnerre » et l’on peut prédire mot ii mot les phrases qu elle va prononcer. Ensuite les caractères que l’on indique ici n appartiennent qu’aux grands accès épileptiques et personne n a jamais prétendu que les crises d’obsessions fussent identiques au grand mal avec secousses cloniques et stertor. 11 y a d autres phénomènes épileptiques dans lesquels on n’observe ni la perte totale de la conscience, ni la perte totale des souvenirs. Les difierences indiquées par ces auteurs ne me semblent donc pas suffisantes a priori pour écarter le problème et c’est à la clinique a montrer si le rapprochement est possible et intéressant.
A plusieurs reprises M. Féré a montré que certaines formes d’émotivité morbide doivent être considérées comme des syndromes analogues aux syndromes épileptiques. MM. Manncsco et P. Sérieux ont insisté sur la fréquente coexistence des idées obsédantes, des scrupules, des manies impulsives, des phobies avec l’épilepsie1. M. Nagy* et surtout M. Ottolen-
Marincsco et P. Sérieux, Essai sur la pathogénic et /<■ traitement de l'cpilepsic,
a. Nagy, Centralbl. f. Ncrvcnlicilk., 1890.