Influence de l’émotion
Nous arrivons à une autre cause de ces oscillations ascendante^, bien intéressante et qui soulève de curieux problèmes, ce sonjt les sentiments et les émotions.
Il est d’observation banale que l’émotion peut relever le niveau mental et j ’ai été frappé par cette curieuse observation psychologique finement décrite par le romancier anglais Ruclyard Kipling1. Son héros Kim, après une grande fatigue, « sentit sajis pouvoir l’exprimer par des mots que son âme ne s’engrenait plus à ce qui l’entourait, roue sans rapport avec aucun mécanisme... ». Après quelques émotions heureuses « il se mit à pleurer et il sentit avec un déclenchement presque imperceptible lep roues de son être remboîtées de nouveau sur le monde extérieur.
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Les choses qui un instant auparavant traversaient le globe de ses veux sans rien signifier reprirent leurs proportions convenables. Les routes étaient laites pour y marcher, les maisons pouj' y vivre, le bétail pour être mené, le sol pour être cultivé et les
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hommes et les femmes pour leur parler. Ils étaient tous réels, sur leurs pieds, parfaitement intelligibles, argile de son argile j ni plus, ni moins ».
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On constate d abord sans trop d étonnement nue certaines
émotions particulières qui sont connues comme agréables et excitantes, que l’on appelait déjà sthéniques sans bie(n, comprendre pourquoi, puissent produire ce bon effet et augmenter momentanément la tension insuffisante. « Les émotions excl-
o on
i. Rudyard Kipling, Kim, 1901, ch. xv.
JodiH . t
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tantes, rüstige , sont des émotions qui font entier dans la conscience un quantum de représentation réelle plus grand qu'elle n’en peut ordinairement contenir* ». Il suffit quelquefois a Qsa... d’entendre de la musique et surtout de la musique militaire pour qu’il ressente un frisson dans tout son corps et puisse digérer sans phobie. Le plaisir d’avoir acheté un cheval le fait digérer parfaitement et sans la moindre émotion un (ort déjeuner. Jean a été invité à un dîner où il devait se rendre en habit. Inutile de dire avec quelles protestations il a accueilli cette proposition, quelles terreurs l’ont envahi et en présence de quelles indécisions, de quelles aboulies je me suis trouvé. Mais, un peu par curiosité, je me suis entêté plus que lui et partout l’ascendant possible j’ai exigé qu’il allât â ce dîner. Une lois le premier pas franchi, tout se passa très bien : les dames que Jean redoutait tellement furent très aimables avec lui et il lut bien obligé de constater qu’il obtenait autant de succès qu un autre. Le résultat de cette émotion et de cette satislaction lut incroyable : Jean fut transformé et pendant plus de quinze jours il oublia Charlotte, la femme de chambre, les timbres-poste, les fluides, etc. Il en fut ainsi dans la suite â plusieurs reprises, chaque fois que l’on parvenait à lui faire obtenir quelque petit
Lo... a présenté une résurrection de ce genre sous 1 influence d’une émotion heureuse qui a eu malheureusement des suites lamentables. Cette jeune fille, grande scrupuleuse depuis des années, aboulique et étrangère à la vie au plus haut degre, fut vivement recherchée par un jeune homme. La vanité de se sentir recherchée, la joie des fiançailles produisirent une métamorphose extraordinaire. Le caractère devint pendant deux mois méconnaissable : gaie, active, pratique, cette jeune fille comprit la vie pour la première, fois et descendit des nuages. Sa famille lut stupéfaite de son enthousiasme et du courage avec lequel elle entreprenait une vie nouvelle. La chute 11e lut que plus triste : après quelques jours de mariage, fatigue et abaissement de tension, dégoût de la vie, incertitude de la perception et de la personnalité, aboulie et rumination, puis obsessions scrupuleuses et quelques semaines après une séparation inévitable.
Une émotion en particulier semble jouer ce rôle excitant d une
1. Ribol, La Psychologie allemande contemporaine, p. a3 (F. Alcan).
manière remarquable, c’est l’émotion génitale. Sans que je puisse facilement insister sur ce point ni citer des exemples, il est évident par toutes les confidences que j’ai reçues que ce genre d excitations quand il réussit est très souvent la source d’une amélioration manifeste. Quand ces personnes arrivent à nue excitation complète elles retrouvent leur énergie et leur unité mentale. Dans tous les cas de ce genre on peut dire que l’émotion a augmenté la tension mentale parce qu’elle était agréable et qu elle était sthénique, cela n’explique pas grand’chose, mais beaucoup se déclarent satisfaits.
Les choses sont loin de se présenter toujours ainsi. Dans bien des cas, j ai pu observer que le même effet absolument heureux était déterminé par des émotions quelconques et même par des émotions tristes considérées d’ordinaire comme dépressives.
^ oici une observation qui a toute la valeur d’une expérience. Claire vint un jour me voir dans un état lamentable : elle se sentait divisée en une loule de personnes, elle se sentait automate et cependant mauvaise, elle était envahie par toutes les obsessions scrupuleuses et par toutes les hallucinations sacrilèges et obscènes. Je ne parvins pas à fixer son attention, par aucun moyen je ne pus la faire remonter. Le même jour, je lus obligé d aller voir sa mère qui 1 avait accompagnée à Paris et qui était malade depuis plusieurs jours d’uue affection grippale. Je me suis trouvé en présence d’uné femme âgée, depuis longtemps crnpbvsémateuse au plus haut degré, ayant un cœur irrégulier et qui était atteinte de broncho-pneumonie. Je ne pus m’empêcher de dire à sa fille que j'étais inquiet et qu’il fallait prévenir sa famille d une maladie très sérieuse. Claire fut très impressionnée de cette nouvelle à laquelle elle ne s’attendait pas. Mais cette secousse eut un effet inattendu, celui de la transformer complètement. 11 ne lut plus question du membre viril et des hosties, les ruminations et les angoisses disparurent comme par enchantement; devant cette émotion réelle l’esprit retrouva son unité et la volonté son énergie. Ce fut évidemment peu durable, mais pendant plusieurs jours la restauration de l’esprit fut complète sous l’influence d’une émotion grave et évidemment pénible.
J’ai recueilli bien des exemples de ce fait sur la même malade. Au moment de la mort de son père elle a eu une véritable guérison pendant trois mois. « J’avais des chagrins réels, mais les
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chagrins réels sont beaucoup moins pénibles que les reproches imaginaires de ma conscience, j’étais plus énergique, j’avais plus de volonté, ce qui m’a étonnée c’est que jamais je n’ai si bien dormi, calme, sans rêves, sans cauchemars. » Frappé de ces faits, je lui ai demandé de s’observer sur ce point et voici ce qu’elle m’a écrit : « Depuis que je suis malade, les émotions me font revenir ; au commencement elles me faisaient revenir tout a fait ou presque tout à fait; quand elles étaient fortes, je me réveillais comme d’un rêve, je me trouvais absurde et j’espérais de nouveau... Je sentais que je m’engourdissais, que j’avais besoin d’émotion, le calme me faisait peur, je cherchais les peines, les joies, les peurs pour me retrouver heureuse, je faisais des eflorls pour’ que ces émotions fussent complètes et claires. Une fois l’idée d’un mariage qui me plaisait m’a fait remonter tout d un coup, une autre fois la peur d’un cheval emballé m'a fait revenir à la réalité l’espace de quelques heures, mais le souvenir m'en est resté longtemps, il me soutenait et me dirigeait comme une lumière qui m’indiquait le chemin à suivre... Plus j'ai été. moins j'ai senti les vraies émotions (on sait qu’elle distingue ainsi les émotions réelles en rapport avec la réalité des angoisses pathologiques), je trouvais que je n’avais plus de cœur, que j étais endurcie, que je n’aimais plus comme avant. Aussi j ai faim d’émotions, même de souffrances, encore maintenant quand une émotion arrive à me secouer cela me fait remonter mieux que tous les raisonnements. » 11 est facile de Confirmer ces remarques : la première visite qu’elle vient me faire à son retour, une menace prise au sérieux, une scène violente que je lui lais ont des résultats remarquables. Si je réussis il la faire pleurer, ses obsessions s’effacent pendant une huitaine de jours.
J’ai fait exactement les mêmes observations sur l.ise. Quand elle a des enfants malades, ou des ennuis sérieux, elle est mieux pendant plusieurs jours ; sans la connaître, elle parle exactement comme Claire et réclame des ennuis pour la faire revenir. Il est nécessaire de temps en temps de lui faire une scène et surtout de la menacer sérieusement de l’enfermer comme aliénée. « Décidément, dit-elle, il n’y a que la peur qui me fait marcher. »
Yi... n’a plus de scrupules quand son mari est très malade, (les... est guérie pour plusieurs jours par son entrée a 1 hôpital. Hyl..., obsédée par l’idée d’épouser son jardinier, pour s abaisser car elle se croit indigne de tout, est momentanément guérie
quand on l’enferme : « l’émotion m’a remontée et rendue plus hardie ». Jean est transformé par des reproches, et même par des peurs, comme par la joie de ses petits succès, et Tr... s’améliore quand on lui fait une scène violente. Enfin, ce qui semble extraordinaire, Wo. . . scrupuleuse obsédée par les prières et par les comptes, a fait naufrage au cours d’une excursion maritime. Non seulement elle n’a pas été troublée par cet accident très émouvant, le navire s’étant échoué à la cètc pendant la nuit, mais elle s’est montrée très courageuse et elle s’est très bien portée moralement pendant tout le mois suivant.
Je pourrais citer beaucoup d’autres exemples, le fait me parait suffisamment établi : les émotions, même les émotions les plus pénibles, peuvent déterminer chez ces malades des oscillations ascendantes du niveau mental avec augmentation de la tension psychologique, retour des phénomènes supérieurs et disparition des états obsédants.
Ce fait est très remarquable, parce qu’il se trouve en contradiction complète avec un autre fait capital sur lequel est même fondée la théorie émotionnelle, c’est que les émotions sont le point de départ de la maladie. L’émotion, avons-nous constaté cent fois, a déterminé la chute de la tension et donné naissance aux sentiments pathologiques et aux obsessions. Je constate cette contradiction, je la regrette, car je la trouve plus grave que la contradiction précédente à propos de l’attention, mais je ne crois pas devoir chercher à la dissimuler. La terreur exagérée de la contradiction est la marque d’un esprit de système, elle n’a pas de raison d’être dans de semblables études : il est bien entendu que nos hypothèses sont tout à fait provisoires et qu elles ne donnent qu’une synthèse approximative de ces phénomènes encore si mal connus. Tout ce que nous pouvons leur demander c’est de mettre un peu d’ordre dans la classification de phénomènes trop nombreux et trop confus, il ne faut pas être surpris outre mesure si elles laissent subsister çà et là quelque incohérence et quelque contradiction.
Cette dilficulté nous montre que l’émotion est un phénomène infiniment plus complexe qu’on ne le suppose et dont les éléments ne se présentent pas toujours de la même façon quand les circonstances varient. Il y a évidemment dans l’émotion deux groupes de phénomènes : i° des phénomènes inférieurs, évocation d images,
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réactions viscérales variées, u" il doit y avoir aussi dans 1 émotion des phénomènes supérieurs, spécialisation de 1 émotion, adaptation exacte de l’émotion à la situation réelle et actuelle. Les émotions sont plus basses si la première catégorie de phénomènes y prédominent, plus élevées dans le cas contraire. Si les émotions sont très inférieures, elles provoquent une dérivation considérable et un épuisement à la suite duquel la tension nerveuse peut rester insuffisante. Si au contraire les émotions sont surtout caractérisées par leurs phénomènes supérieurs, si elles surviennent à un moment favorable quand l’esprit n’a besoin que d'une excitation pour s’élever à une tension supérieure, on peut s’expliquer que l’effet d’une émotion soit exactement inverse du précédent.
Voici quelques observations relatives a Wo..., cette malade dont l’état mental est relevé par un naufrage, qui peuvent, non résoudre le problème, mais mettre sur la voie de certaines recherches utiles. J’ai observé que cette malade, si courageuse en face du naufrage, succombe devant de très petites émotions. Elle avait acheté un piano et l’attendait avec impatience : en traversant 1 antichambre, elle est surprise de voir la porte d entrée de 1 appartement grande ouverte et de voir apporter son piano. C'est là une émotion, mais elle semble une émotion légère et plutôt une émotion agréable, sthénique. Cependant, cette émotion bouleverse complètement l’esprit de la malade: Wo... n’éprouve pas la joie qu'elle s’attendait à éprouver, elle est horriblement agitée. 11 lui semble qu’elle ne pense pas librement, qu’elle est dominée, qu elle est forcée de faire des vœux, des pactes. L’agitation continue, amène des crises de manie mentale : Wo... s’interroge, recherche minutieusement les pensées qu’elle a eues en voyant entrer le piano, pour savoir si à ce moment elle a lait des vœux et des pactes ; elle devient tout à fait malade pendant quinze jours.
Voilà qui est singulier : une femme qui supporte très bien l’émotion d’un naufrage au milieu de la nuit, tombe malade parce qu’on lui apporte un piano qu’elle désirait ! Sans prétendre expliquer les faits, voici les quelques remarques que j'ai pu faire à ce sujet. Quand le danger est grave soit pour le sujet luimeme, par exemple dans le naufrage de Wo..., soit pour une personne aimée, par exemple dans la maladie de la mère de Claire, il y a un violent effort, déterminé par les tendances excitées. Cet effort amène l’adaptation, l’émotion correcte sans abaissement mental. Quand la situation est insignifiante, il n’y a
plus cet effort et l’émotion prend le caractère inférieur et dangereux. Cette première remarque nous ramène aux études précédentes sur l’influence de l’effort et de l’attention.
Une autre remarque importante m’est suggérée par certaines attitudes que je retrouve chez Lise el surtout chez Wo... Ces malades redoutent surtout l'émotion rapide et brusque, elles demandent que l’émotion mette un certain temps à se développer pour qu elles aient le temps de s’y adapter. « Je n aurais pas été malade, répète Wo..., si j’avais vu ou entrevu par la fenêtre la voiture qui apportait le piano, si j’avais pu prévoir qu’il arrivait, si j’avais eu quelques instants pour me préparer au plaisir de le voir arriver... C est ce que je fais toujours avant toute émotion, quand je suis un peu prévenue, je me prépare à tel ou lel sentiment; je me dis : il faut être calme, ne pas m’embrouiller, ne pas faire de voeu, penser uniquement h ceci ou à cela... Dans le naufrage j ai été réveillée par mon mari qui m’a prévenue qu’il se passait quelque chose, J’ai eu le temps de me dire que c’était grave, qu il ne fallait pas perdre la tête, et quand je suis montée sur le pont, j'étais préparée et c’était moi la plus courageuse. » Tout cela est d’une analyse bien intéressante : ces malades, nous le savons, sont des esprits lents, il leur faut du temps pour la décision, pour l’attention, pour l’émotion réelle, surtout quand l’événement n'est pas très grave et très excitant par les tendances qu’il réveille. Il en résulte qu’ils adaptent beaucoup moins bien leurs émotions aux événements insignifiants et qu’il leur faut alors un certain temps de préparation entre le signal et l’émotion ellemême. Quand ce temps ne leur est pas laissé, l’émotion se, produit d’une manière incomplète avec prédominance des phénomènes inférieurs et elle amène à sa suite une dépression.
Telles sont les quelques remarques encore très incomplètes que l'on pourrait faire pour expliquer l’action si différente de 1 émotion qui est, suivant les circonstances, tantôt déprimante, tantôt excitante.
Quoi qu'il en soit de ces explications qui sont peu importantes et qui montrent simplement la complexité des émotions et notre ignorance, les malades connaissent bien cet effet de l’émotion et il en résulte chez eux une recherche de l’émotion excitante qui est un trait de leur caractère : « Que voulez-vous, dit Gisèle, je suis toujours ardente à rechercher ce qui m’enthousiasme ; j’en
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ai la 1 1 1 besoin, j’éprouve les impressions cl un cœur qui a laim, d’un cerveau qui a faim, c’est un besoin intense de sensations, d’émotions extraordinaires, et si je me laisse aller a ce sentiment (un amour bizarre) cela me (ail l’impression de grignoter un peu pour ne pas mourir de laim . » .1 ai rencontré des jeunes femmes très curieuses sur ce point : Plo. . . est d ordinaire assez calme, puis son1' l’influence d’uneja ligue quelconque, elle ressenlun horrible abaissement avec dégoût de la vie, impuissance, état de rêve, etc. « hile devine que pour sortir de cet état il lui faut une excitation émotive. Alors, malgré elle, sa tête imagine les aventures les plus baroques, les expéditions les plus aventureuses et les plus contraires a la pudeur commune et elle a des tentations inouïes de s’y lancer a corps perdu. » C’est ainsi qu’elle a déjà fait nombre de sottises qu’elle regrette ensuite, mais qui lui ont fourni sur le moment le remède
ii sa dépression.
Nous avons vu que parmi les émotions excitantes une des plus remarquable était l’émotion génitale, aussi ne faut-il pas être surpris de la voir particulièrement recherchée dans ces circonstances. Quand l’excitation sexuelle réussit, la malade est momentanément guérie, puis au bout de quelque temps elle cherche de nouveau le remède. Bien des prétendues excitations sexuelles chez les psychasthéniques n’ont pas d'autre origine. Si l’excitation sexuelle se montre insu (lisante, la malade est désappointée et recherche passionnément une excitation plus complète, [ma... et Len..., tout à fait identiques sur ce point, ont une obsession génitale qui les pousse à chercher partout cette satisfaction idéale ; un véritable délire prend sa racine sur ce fait psychologique.
M. Marro observe que la passion du jeu remplit souvent un rôle analogue : « le jeu, dit-il, tient dans le champ de l'activité psycho-motrice, la même place que l alcool dans l alimentation. Le jeu est un exercice hautement émotif qui donne 1 illusion de la richesse comme le vin donne 1 illusion de la lorcc1. » Dans le jeu les efforts d’attention combinent leur influence avec celle de l’émotion pour relever le niveau mental. Aussi observe-
't-iln’ fa "ÂVà'iiie 'd'n l 'j'èû 'd’à 'ns les mêmes conditions que la dipso-
■>j d'ixi!) > 1 1 > QuOv-xduov -miQ » : •» i *»l*>«î-i i;-« -i i»** I ‘di .tu. il ou ■ ' *
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INFLUENCES QUI DÉTERMINENT L’ÉLÉVATION DU NtVEÀU MENTAL SS3
Qsa... quand je l’ai poussé à m’exposer pendant une heure ses idées philosophiques et artistiques? L’effort d’attention, le mouvement de la parole se mêlent à l’émotion assez complexe qu'il ressent et relèvent beaucoup son niveau mental. Quand Sim... quitte sou mari « parce qu’il est trop bête, qu’il ne lui apprend rien d’extraordinaire, qu’il ne fait pas marcher son esprit », quand •die a besoin d’un amant plus brillant, il y a a la lois excitation des sens, et excitation morale par 1 attention cl 1 émotion. Nous avons déjà noté ce besoin d’excitation morale dans beaucoup de ces besoins de direction.
Ces nombreuses influences excitantes viennent combiner leur action avec les influences déprimantes et déterminer des mouvements très variés du niveau mental. Certains malades oscillent très facilement dans les deux sens, comme Gisèle qui descend, « parcequ’ellea regardé la figure de son mari «etqui « est regrimpéc parce qu elle a regardé la statue de Notre-Dame des Victoires ». D’autres restent abaissés pendant de longues périodes à la suite d’une forte dépression cl remontent lentement ; il en résulte de grandes variétés que nous aurons à étudier à propos de l’évolution.
On voit d’après ce résumé trop bref 'l'importance de ces oscillations du niveau mental suivant que la tension psychologique et nerveuse descend ou monte. Les oscillations, que j’avais autrefois notées chez les hystériques, caractérisées par l’augmentation ou la diminution de leur sensibilité, de leur mémoire, de leur volonté, la disparition ou le retour de leur suggestibilité, de leurs contractures, de leurs paralysies n’étaient qu’un cas particulier d’une loi beaucoup plus générale relative aux variations de la tension cérébrale et les psychasthéniques nous ont appris à mieux connaître la hiérarchie de ces phénomènes, l’ordre de leur disparition et de leur réapparition.
En même temps l’étude de ces oscillations si importantes me semble apporter une confirmation aux hypothèses psychasthéniques. 11 me semble bien difficile de rattacher tous ces faits à l’émotivité quand on voit l’émotion produire tant d’effets différents. N’est-il pas vraisemblable que ces oscillations par les sentiments qu’elles déterminent, par les dérivations qu elles font naître jouent un rôle capital dans une maladie surtout caractérisée par le
doute, l’oscillation et 1 instabilité.
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THÉORIES PATHOGÉNIQUES
TROISIÈME SECTION