INTERPRÉTATION DES SENTIMENTS D’ INCOMPLÉTUDE
réalité présente consisterait en effet dans la conscience que nous prenons des mouvements effectifs par lesquels notre organisme répond naturellement aux excitations ; de sorte que là où ces relations se détendent ou se gâtent entre sensations et mouvements, le sens du réel s’affaiblit ou disparaît »
11 y a là une grande part de vérité, les sujets qui ont le sentiment de l’irréel ont peu d’activité, ils ont peu de disposition à se servir de l’objet qu’on leur montre. Mais leur sentiment dépendil uniquement de cette réduction du mouvement ? Remarquons d’abord que chez eux l’association entre l’objet perçu et le mouvement n’est pas complètement rompue. Tout en disant que l’objet est irréel, ils savent encore s’en servir et reconnaissent très bien son usage : je n’ai pas vu le sentiment de l’irréel associé avec une véritable cécité psychique ni avec une véritable apraxic. D’autre part, les malades atteints de cécité verbale, ou même de cécité psychique, qui ont tout à fait perdu la notion des mouvements de la parole en rapport avec le mot écrit ou des mouvements de la main en rapport avec la vue de l’objet, sont loin d’avoir toujours en même temps le sentiment de l’irréalité de l’objet. Le défaut de mouvement n’est qu’un élément dans le sentiment de l’irréel.
M. \Y. James semble disposé à dire que le défaut de réalité dépend d’une absence d’émotion, d’une indifférence en présence * de l’objet perçu1 2 3. Cela est encore en partie exact, car l’indifférence de ces sujets est incontestable, mais l’apathie peut être complète, chez quelques hystériques par exemple sans que ce sentiment prenne naissance et d’autre part des émotions inférieures comme l’angoisse peuvent accompagner la perception de certains objets sans les rendre plus réels.
M. Dugas a raison également de faire intervenir la diminution de la svntèse mentale, l’exagération de l'automatisme Mais ce n’est pas suffisant, car il est trop évident que l’irréel n’est pas la conséquence de tous les états automatiques, même les plus complets.
II faut réunir toutes ces explications et dire que le sentiment du réel et du présent accompagne un. certain degré élevé d’acti-