L’INTERPRÉTATION I)E L’IDÉE OBSÉDANTE
tion extérieure joint au sentiment de dépersonnalisation va laire naître l’obsession si remarquable du Btu... « Je suis morte, je suis enterrée dans un tombeau tout noir, d un noir d encre. »
D’autres formes particulières des sentiments d’incomplétude vont simplement se transformer en idée, en obsession correspondante. Le sentiment de dépersonnalisation, passager, variable, incomplet, va faire naître une idée nette, abstraite, « que la personnalité est toujours perdue, que le moi est supprimé ou transformé ». Le sentiment passager de « déja-vu » va donner dans le cas de M. Arnaud l’obsession précise et perpétuelle du « déja-vu il v a un an ». « La continuité de l’illusion, dit très bien M. Arnaud, n’est qu’apparente, elle est le résultat d une sorte d entrainement, d’une habitude ayant déterminé un faux pli de 1 esprit, un véritable délire1. »
Enfin une des observations plus fréquentes, tout a lait banale chez ces malades, c’est l’obsession de la lolie. Plusieurs auteurs disent que cette obsession « est une lorme objectivée de l’angoisse. » Je ne comprends pas pourquoi des états d’angoisse doivent s’objectiver sous forme d’idée de lolie : les cardiaques qui ont de l’angoisse sont-ils donc obligés de se croire fous? S’ils n’avaient que l’angoisse pure et simple, les psychasthéniques n’arriveraient pas non plus à cette idée de lolie. Elle est pour moi l’expression de sentiments plus prolonds : « si je dis que je deviens lolie, ditDep..., femme de 28 ans, c est que je sens mon esprit vague, engourdi, drôle... ». « Si j’ai peur de devenir folle, dit Zb..., femme de 32 ans, c’est parce qu’il me semble que je ne suis pas maîtresse de mes actions, que je suis dans un cauchemar et parce que dans les cauchemars on lait des crimes et des folies ». « C’est parce que je me sens comme une machine que je me dis fou » (Lois...).
Bien des obsessions ne sont ainsi que l’expression plus logique et plus générale des sentiments d’incomplétude.
3. — L’influence des insuffisances psychologiques sur le contenu
des idées obsédantes.
Les insuffisances des sentiments, les apathies, les émotivités et surtout les sentiments anormaux qui se développent à ce propos,