‹ Les obsessions et la psychasthénieChapitre 263 sur 352 · L’INTERPRETATION DE L’IDÉE OBSÉDANTE · texte numérisé non relu

L’INTERPRETATION DE L’IDÉE OBSÉDANTE

crainte fie la lutte, sa crainte de tous les dangers possibles l’a conduit à ne plus pouvoir sortir au dehors sans angoisses. 11 ne veut pas avouer celte faiblesse ni aux autres, ni à lui-même, et il cherche à s’expliquer sa crainte de la rue par la préoccupation d’un danger réel. Dix ans après le début évident de l’agoraphobie, il trouve l’explication, c’est que dans son enfance, trente ans auparavant, il a été mordu par un chien enragé et qu’une nouvelle morsure lui donnerait infailliblement la rage. Va-t-on soutenir que cette obsession du chièn enragé qui s’exprime à 'u> ans est en rapport avec l’émotion de cette morsure subie à l àge de io ans? Cette obsession est simplement une interprétation rétrospective de son trouble fondamental de la volonté et des sentiments. •

Le besoin de domination chez les autoritaires se rattache comme on l’a vu à leur aboulie, il cause bien des obsessions. La microphonophobie de Bow... n’est pas une hyperesthésie de l’ouïe, c’est une obsession en rapport avec l’idée que les autres personnes le dérangent dans son travail et ses pensées. Ce sentiment des autoritaires joue un rôle capital dans le délire de persécution peut-être plus que dans le délire du scrupule.

Il suffit de rappeler toutes les obsessions amoureuses en rap* port avec le besoin d’être dirigé, le besoin d’aimer, le besoin d’être aimé. Je ne puis insister ici que sur quelques formes particulières. Qi... est amusante avec son obsession d’être petit enfant, de laisser flotter ses cheveux dans le clos et son désir fou d’être appelée « Nénette ». Cr. femme de 33 ans, est poursuivie par l’obsession qu elle veut avoir un enfant, elle court les hôpitaux pour demander la fécondation artificielle et regarde sous toutes les portes pour trouver un enfant abandonné à adopter « c’est parce que son amant l’épousera si elle a un enfant. C’est aussi parce que cet enfant lui sera un soutien si elle est seule ». Lour..., femme de l\f\ ans, a des obsessions de jalousie qui ne sont pas identiques à celles de Fa... que je viens de citer. « Depuis que je me sens faible, il me semble que mon mari ne s’occupe pas assez de moi, qu’il me laisse isolée, qu’il ne me console pas, il me semble que je n’arrive plus à le comprendre, à le croire, et j’en viens à penser qu’il n’est plus comme il devrait être. »

On pourrait énumérer bien d’autres obsessions et montrer qu elles sont des interprétations plus ou moins compliquées portant sur les insuffisances cl sur les sentiments qui en dérivent.

Tl I KO R 1 ES l’ATHOG ÉN 1Q ÜES

/). — U influence des événements extérieurs sur le contenu

de l’obsession .

Quoi qu’il eu soil, l’observation nous montre que les événements extérieurs ont, eux aussi, une action et qu ils déterminent assez souvent le contenu de l’obsession surtout quand ils sont 1 occasion d’une violente émotion. La maladie de Lf... a commencé quand elle a ramassé son neveu tombé mort d’un échafaudage, celle de Ger..., parce qu’elle tenait sa belle-mère pendant un évanouissement et que celle-ci est morte dans ses bras; celle de Cas..., parce qu’elle a vu son fils tomber à l’eau. Cette dernière malade à peu près guérie a eu, dix ans après, une rechute parce qu elle a appris brusquement que sa mère était devenue folle et avait été enfermée. We... a commencé très jeune cette maladie quand on lui a fait embrasser son grand-père qui venait de mourir. Je note au début des grandes périodes de maladie, chez Lise une scène avec le mari,, chez Yoz... un examen, chez Lo... le mariage, chez Yof... la morsure par un chien, chez Mnd... (179) la vue dune folle, chez Gt... la vue d'un morphinomane, chez Alx... un ver- .tige survenu au café, etc.

O11 peut remarquer que certaines émotions semblent jouer un rôle prépondérant. Ce sont d’abord les émotions religieuses, surtout celles de la première communion et plus tard des confessions. Ce sont aussi les émotions génitales qui ont joué un grand rôle chez Bu..., chezKi..., chez Jean, c’est de cette remarque qu est née l’opinion de Freud, soutenue par Tamburini 1 que les obsessions dérivent toujours d’un trouble des sentiments sexuels, nous avons déjà eu l’occasion de remarquer l’exagération de cette thèse. Il 11’cn est pas moins évident que les événements extérieurs qui déterminent de l’émotion ont une action certaine sur le développement de la maladie des obsessions.

Mais cette action est extrêmement complexe : O11 a vu dans les études sur les oscillations du niveau mental que les événements capables de provoquer de fortes émotions peuvent déjà agir en déterminant un abaissement de la tension psychologique et quelquefois d une manière inverse en déterminant une élévation. Il

1. Tamburini, Obsessions sexuelles et obsessions du suicide, aulosadistnc, Congres de neurologie de Bruxelles, 181)7.

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