‹ Les obsessions et la psychasthénieChapitre 268 sur 352 · Jackson, Brain, 189b p. 19b · texte numérisé non relu

Jackson, Brain, 189b p. 19b

LA REPRÉSENTATION ANA TOMIQUE DES THÉORIES

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centres cérébraux. Un cerveau simple, étroit, peu complexe peut probablement plus facilement avoir une tension suffisante. Cela expliquerait ce fait souvent signalé que les psychasthéniques sont souvent des gens intelligents et délicats et que les esprits très simples, ceux des idiots et des imbéciles par exemple, ne sont pas capables de présenter cette maladie des obsessions.

Au lieu de faire de cette maladie un trouble anatomique localisé, je serai plutôt disposé à en faire un trouble dynamique, une insuffisance de la force qui est fournie à l’organe pour qu’il fonctionne. Le cerveau du psychasthénique est un beau lustre électrique dont les lampes sont très nombreuses et très artistement disposées; s’il éclaire mal, si les lampes s’échauffent, s’il se produit des dérivations, c’est que le courant fourni par le secteur n’a pas le voltage suffisant. Je me hâte d’ajouter d’ailleurs que l’on ignore complètement à quoi tient cette baisse de courant du cerveau, s’il y a un organe spécial qui produit cette tension et qui la règle, si cet organe est dans l’écorce cérébrale, dans le cervelet ou en dehors, dans telle ou telle glande à sécrétion interne. On soupçonne dans quelques cas que cet affaiblissement dépend de certaines intoxications d’origine externe ou plus souvent d’origine interne, mais il n’est pas possible de démontrer qu il en est toujours ainsi. Ce n’est là qu’une représentation vague qui est bien loin d’atteindre la précision que l’on peut, je crois, donner à des interprétations purement psychologiques.

11 est évident que c’est là bien peu de choses, mais c’est tout ce que l’on peut dire avec quelque vraisemblance. S il « faut toujours penser anatomiquement », il faut se résigner à ne pas penser du tout quand il s’agit de psychiatrie. N’est-il pas plus raisonnable et plus utile même de constater les faits de la manière dont ils se présentent actuellement à l’observa tion et de les exprimer dans le langage qui leur convient. Ces études psychologiques, en analysant les phénomènes, en les réduisant à leurs éléments essentiels, préparent les voies à une interprétation anatomique, interprétation qui n’est pas encore possible à notre époque.

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