‹ Les obsessions et la psychasthénieChapitre 30 sur 352 · OBSESSION ET L’IMPULSION DE LA MONTE DU CORPS · texte numérisé non relu

OBSESSION ET L’IMPULSION DE LA MONTE DU CORPS

tence des membres inférieurs qui se surajoute aux phobies de la marche. 11 y a un diagnostic à faire entre ces scrupules de la marche et l’abasie hystérique analogue à celui que nous venons de faire à propos de l’anorexie.

Relativement aux diverses fonctions viscérales, je ne fais que rappeler l’observation de Rai..., que j’ai déjà publiée dans le second volume des névroses, de cet individu qui se fait des scrupules sur sa digestion et sa respiration. Convaincu qu’il ne respirait pas bien, il cherchait des systèmes pour respirer mieux, pour éviter les suffocations possibles. Puis ce furent des systèmes pour manger: il lui fallait une bouteille d’eau près de lui pour humecter la bouche avant chaque bouchée. Même en dehors des repas, il lui fallait une goutte d’eau dans la bouche pour bien respirer1.

Les idées obsédantes relatives à l’alimentation et même aux diverses fonctions de la déglutition, de la digestion, etc., sont des plus fréquentes. On en a déjà eu un exemple dans l’observation de Nadia. Mais ces idées restent presque toujours étroitement associées avec des phénomènes d’angoisse et il me semble préférable de remettre leur description plus complète au moment où j’étudierai les phobies des fonctions dans le chapitre suivant.

L’une des fonctions digestives a le privilège de provoquer plus que les autres des obsessions de honte. C’est l’évacuation des gaz intestinaux. On ne se figure pas l’état de folie où peuvent tomber certains individus par la crainte des pets. J’en ai publié dernièrement une belle observation2. Un homme de 3i ans, Ch..., vit toujours seul, habite au sixième pour n’avoir pas de voisins au-dessus de lui, met son lit dans la cuisine, car il n’est pas probable que d’autres personnes couchent au-dessous dans la cuisine, et cependant en arrive à vouloir se tuer parce que sa mère va venir le surprendre dans sa retraite. Le pauvre diable ne peut avoir personne près de lui ou aux environs parce qu’il craint qu’on entende le bruit de ses gaz abdominaux et voici dix ans qu’il est en proie à une pareille obsession. Je viens de voir deux jeunes filles de 20 ans qui commencent le même délire. «Elles ne sont pas faites à ce point de vue-là comme les autres, il y a dans leurs parties des défectuosités, les gaz s’échappent dès qu’elles y pensent, et elles sont forcées d’y penser si elles sont en public. Or cet accident est

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