‹ Les obsessions et la psychasthénieChapitre 301 sur 352 · LES PRINCIPALES VARIÉTÉS CLINIQUES · texte numérisé non relu

LES PRINCIPALES VARIÉTÉS CLINIQUES

serait peut être la plus tenace et la plus fixe au point de vue clinique.

2° Le s scrupuleux et les criminels. Ce qui les caractérise c’est que leurs obsessions renferment toujours une préoccupation morale; les manies des pactes, des conjurations, des symboles sont particulièrement développées chez les scrupuleux ; beaucoup de phobies et en particulier l’éreutophobie se rattachent à cette variété. Quelquefois les malades restent à ce degré et évoluent vers des idées de culpabilité ou vers des obsessions relatives à la liberté idéale, à la vertu parfaite. Très souvent le scrupule se complique d'obsessions criminelles : c’est là une sous-variété très importante quoique très voisine de la forme précédente. Il s’agit de malades obsédés par l’idée du meurtre, du vol, du suicide, etc. Quoique ces obsessions ainsi qu’on l’a vu arrivent rarement à l’acte c’est la forme de la maladie la plus grave au point de vue social. Elle peut devenir dangereuse et aboutir à des délires psychasthéniques.

3° Les hypocondriaques et les toxicomanes . Quoiqu’ils aient au fond le même état d’esprit que les scrupuleux, les hypocondriaques dirigent leur préoccupations du côté de leur santé corporelle. Ce sont des inquiets avec des angoisses, des algies, des phobies, des manies de précaution. Leurs obsessions portent naturellement sur la mort, la maladie et très souvent sur la tuberculose et la syphilis. On peut dire que ce sont des malades peu dangereux pour les autres, mais qui éprouvent peut-être les plus grandes souffrances. Une sous-variété importante de ce groupe est constituée par les sujets qui croient avoir trouvé un remède à leurs souffrances dans l’usage de tel ou tel poison, l’alcool, la morphine, l’éther, ou dans l’abus de tel ou tel procédé: l’alimentation excessive ou la marche. 11 est à noter que ce sont les impulsions présentées par ces malades qui sont parmi les plus irrésistibles : peut-être, comme nous l’avons vu, faut-il faire intervenir pour expliquer ce fait l’état de besoin organique créé par le toxique et aussi la force de l’instinct vital qui vient s’ajouter à l’obsession.

4° Les pervertis génitaux. Si on se plaçait au point de vue strictement scientifique, les malades atteints de manie ou d’impulsions génitales devraient être répartis dans les deux groupes précédents : ce sont des obsédés criminels ou des hypocondriaques impulsifs. Mais comme MM. Raymond et Arnaud l’ont fait juste-

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