‹ Les obsessions et la psychasthénieChapitre 315 sur 352 · Les terminaisons · texte numérisé non relu

Les terminaisons

En dehors de ces complications étrangères en réalité à la maladie proprement dite, il est intéressant de rechercher comment se termine la maladie psychasthénique quand elle garde jusqu’au bout ses traits caractéristiques et ne se transforme pas en une autre psychose.

Les premiers observateurs ont été frappés de ce fait que les obsédés n’arrivent pas au délire complet et que la maladie n aboutit pas à une démence. C’était l’opinion soutenue dans le rapport de M. J. Falret, en 1889. C’était également la thèse soutenue dans le livre de MM. Magnan et Legrain : « C’est un fait remarquable, disent-ils, jamais dans ces cas on n’observe la moindre modification du syndrome qui reste toujours semblable à lui-mème. 11 n’évolue pas, il ne se transforme pas, jamais il ne devient l’origine d’un délire proprement dit, comme on l’écrit quelquefois en confondant l’idée obsédante avec l’obsession pure ; jamais il ne se termine par la démence1. »

D’autre part, quelques auteurs remarquent justement que les troubles vont en augmentant, rendant l’existence de plus en plus anormale; MM. Marie et Vigouroux proposaient de considérer cet état terminal « comme une démence spéciale2 ».

En examinant les caractères que la maladie revêt à sa dernière période chez les malades âgés qui sont restés obsédés depuis leur jeunesse, nous verrons ce qu’il y a de juste dans ces deux opinions en apparence opposées.

Page 1