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Séglas, Congrès des aliénistes d’Angers, août

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nique. Tandis que celui-ci oscille continuellement sous la plus légère influence, le mélancolique reste le même pendant une assez longue période et ne change que d’une manière assez régulière vers la fin de la crise, dans la période de terminaison.

Bien entendu, les troubles mélancoliques peuvent s ajouter aux troubles de l’obsession et, comme le disent MM . Pitres et Hegis, il y a des états mi \ tes q ni tiennent de la mélancolie et de I obsession ' .

Enfin cm peut rencontrer de très graves difficultés, exceptionnellement il est vrai, si I on est amené à hésiter entre ces états psychasthéniques et le début de la paralysie générale. C est le problème du diagnostic toujours délicat a mon avis entre la neurasthénie et la paralysie générale à ses début. Je me suis trouve une fois dans une grande hésitation. Ec malade, homme de ans, très intelligent, d’une haute situation, venait consulter de luimême, ce qui indiquait la conscience des troubles, il se plaignait de diminution de la volonté, de 1 attention et de la mémoire, de sentiments d’automatisme et d un état permanent d inquiétude. En même temps j apprenais par la famille que le malade avait eu a l’âge de 3o ans une grande crise d’idées obsédantes de jalousie et de persécution. D’autre part l’âge déjà avancé, 1 intégrité intellectuelle et la haute puissance de volonté pendant la plus grande partie de la vie, un peu de tremblement de la langue et des lèvres, un peu d’inégalité pupillaire et une syphilis antérieure me firent hésiter et me conduisirent à avertir la famille d un diagnostic de paralysie générale. Mon diagnostic lut contesté dans une consultation ; malheureusement l’avenir me donna raison et deux ans après le malade mourut dans un accès épileptoïde. On se trouvera rarement dans un embarras semblable : les signes physiques delà paralysie générale, le développement de la démence qui descend plus profondément que le trouble psychasthénique permettront en général d’arriver facilement au diagnostic.

Si nous considérons le second groupe de symptômes, les agitations motrices, les phobies et les ruminations mentales, les deux premiers phénomènes surtout donneront naissance à des problèmes de diagnostic. Le premier de ces problèmes consiste à bien reconnaître le caractère névropathique des phénomènes et âne pas les rattacher aux affections organiques qu’ils simulent. Les phobies déternn-

i. Pitres et Itégis, op. cil., p. g3.

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nent des troubles do l’alimentation, de la déglutition, de la défécation, de la miction, de la marche, de l’écriture et surtout des (onctions génitales. Il est essentiel de ne pas faire de tous ces troubles des lésions du pharynx, de l’estomac, de l’intestin ou de la moelle épinière. Cola est surtout important ici, car un faux diagnostic confirme le malade dans ses appréhensions et aggrave la maladie mentale. On se souvient de ce qui arrive aux jeunes mariés que I émotion rend insuffisants et à qui on parle de maladie de la moelle épinière. Il sullit en général de rechercher avec beaucoup de précision les symptômes de la maladie organique simulée et de les rechercher en silence sans expliquer au malade ce que 1 on \ érifie. Sans doute la suggestibilité du malade n’est pas aussi redoutable que celle des hystériques, mais le désir d’être pris pour un malade sérieux, la crainte <Je s’entendre appeler « hypocondriaque » sulüt pour amener sinon une véritable simulation, au moins une aggravation du symptôme bien faite pour embarrasser le médecin. Si I on 11e retrouve en aucune façon ces symptômes des maladies organiques, il faut rechercher les symptômes des phobies, des angoisses, le sentiment de l’irrésistibilité et la conscience de l’absurdité qui en général ne manquent point, puis tous les troubles de la volonté, de l’attention, de l’émotivité qui en général sont assez nombreux pour ne laisser aucun doute. Quelquefois cependant le diagnostic reste délicat, au moins pendant un certain temps. C’est qu’au début le symptôme peut paraître isolé comme il arrive dans l’hystérie monosymptomatique et que tous les troubles de l’état psychasthénique semblent se grouper plus tard autour de ce phénomène particulier. L’évolution 11e tarde pas à lever la difficulté.

Je n’insiste pas sur le diagnostic de -la maladie des tics parce que cette maladie me parait singulièrement conçue: on s’est uniquement préoccupé en l’établissant de séparer le tic de la chorée sans se préoccuper de diagnostiquer l’état mental dont les tics n’étaient que la manifestation. A mon avis cet état mental peut appartenir à deux maladies, soit à l’hystérie, soit à la psychasthénie. Si un tic 11’est pas hystérique et ici nous retombons dans le diagnostic de l’hystérie, il forme un phénomène de dérivation propre à l’aboulie psychasthénique. M. Oddo 1 insistait dernière-

r. G. Oddo, Diagnostic difl'érenliel de la maladie des tics et de la chorée de Sydenham. Presse médicale, 3o septembre 1899.

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ment sur la gravité du tic au point de vue du pronostic. « Si le liqueur n’est pas encore un dégénéré en fait, il le sera, il est marqué pour le devenir; la curabilité de certains tics ne contredit pas celle opinion, car les obsessions et les phobies elles-mêmes sont curables au moins dans certains cas. » Il y a tout avantage ;i mon avis, après avoir séparé les tics hystériques, a faire rentrer les autres lies dans le groupe des agitations forcées avec les ruminations, les phobies, les obsessions dont tous leurs caractères psychologiques les rapprochent.

Le diagnostic le plus intéressant il propos de ce groupe de phénomènes est celui de l’hystérie, il se présente à propos des crises d’agitation motrice qui sont souvent prises pour des crises d hystérie (Yod..., Nadia), à propos des ruminations qui constituent quelquefois des périodes semblables à des somnambulismes (Gisèle), à propos des refus de mouvement, des refus d’aliments, à propos des tics, etc. Théoriquement le diagnostic devrait être fait très facilement grâce à la recherche des stigmates : une hystérique avec hémianesthésie nette et rétrécissement du champ visuel ne ressemble pas à une scrupuleuse qui n'a que des troubles de l’attention; mais d’une part nous avons vu que les scrupuleuses dans les états graves comme Claire et Lise peuvent présenter des diminutions de la sensibilité et d’autre part j’en arrive à croire que nous avons exagéré, sinon la fréquence, au moins la généralité de l’anesthésie complète chez l’hystérique. Dans ce diagnostic souvent délicat on sera guidé par les antécédents, il y a certains faits nettement hystériques: les contractures, les vraies paralysies, les somnambulismes typiques suivis d'amnésie qui n’existent pas chez les psychasthéniques ; ou pourra se servir de quelques expériences, l’hypnotisme vrai, la suggestion, les actes subconscients n’existent pas davantage chez ces malades.

Le véritable diagnostic doit se faire par l’examen de la forme psychologique que prennent les troubles principaux. Le trouble principal de l’hystérie porte sur la perception personnelle des phénomènes et détermine un rétrécissement du champ de la conscience; il en résulte que cette maladie mentale est caractérisée par la suppression complète de certains faits et par l’exagération de certains autres. Tandis que des sensations, des souvenirs, des images motrices sont complètement disparus de la conscience personnelle, ce qui constitue des anesthésies, des amnésies, des paralysies, elc., les phénomènes psychologiques cou-

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serves vont jusqu’à leur ternie extrême; on constate des impulsions à des actes qui s’exécutent complètement, an moins pendant certaines crises, des hallucinations complètes, avec illusion de la réalité, des convictions irrésistibles. C’est là ce qui constitue chez l’hystérique, le rétrécissement du champ de la conscience. Les psychasthéniques au lieu de ce rétrécissement du champ de la conscience présentent un abaissement de la conscience dans sa totalité, lis ne présentent aucune des lacunes complètes de l’hystérique, ni anesthésie, ni amnésie, ni paralysie, ni subconscience, ni suggestion qui résultent de ce rétrécissement ; ils ne présentent pas non plus ces conservations complètes ou même ces exagérations de certains phénomènes isolés des autres. D’autre part cet abaissement général qui n’est pas compensé par un rétrécissement du champ de la conscience leur donne des sentiments d’incomplétude bien plus accentués qu’ils ne sont d’ordinaire dans l’hystérie. Tandis que l’hystérique a tous les sentiments extrêmes, vous aime ou vous déteste avec une égale perfection, le scrupuleux ne sait jamais d’une façon précise s’il vous aime ou s’il vous déteste ; l’hystérique perd certains phénomènes, mais elle exagère les autres; le psychasthénique ne perd aucun phénomène, mais il n’en exagère et même n’en termine aucun. Si on considère les phénomènes en particulier on trouvera dans chacun d’eux les conséquences de ces grandes différences. L’anesthésie, l’amnésie, la subconscience donnent aux phénomènes automatiques des hystériques, aux agitations, aux tics, aux impulsions une perfection, une régularité, un rythme qui n’existent plus chez les autres malades. Il y a un inachèvement caractéristique dans toutes les manifestations morbides des psychasthéniques.

Quelques auteurs pensent que la neurasthénie et l’hystérie se confondent, se combinent souvent. Cela peut exister au début quand les symptômes de l’étal psychologique sont encore peu accentués, mais alors il me semble inutile de préciser un diagnostic qui n’a pas de raison d’être. On peut reprendre à ce propos le vieux mot de nervosisme qui sera suffisant pour désigner ce trouble psychologique vague. Si je ne me trompe, cette confusion ne continue pas longtemps : d’ordinaire les malades ne tardent pas à verser franchement dans l’une ou dans l’autre des deux formes de l’abaissement psychologique. Seul l’état d’espril des extatiques me semble être un intermédiaire entre l’état d’esprit scrupuleux cl. l’état

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