H DIAGNOSTIC ET LE TRAITEMENT
monial hystérique. La di (Fi on lté mémo qu’éprouve l’extatique a réaliser clans I extase l’isolement, l’unité de I esprit qu il cherche, les efforts cpi’il doit faire pour se rapprocher de la catalepsie si facile aux hystériques montre bien l’opposition réélit- qui existe entre ces deux grandes névrosés.
Si nous arrivons au troisième groupe de svm plûmes et si le malade présente surtout des obsessions, nous retrouvons d’abord quelques-uns des problèmes précédents : il ne faut pas confondre les troubles amenés par des obsessions de la honte du corps avec les maladies organiques correspondantes. Nous retrouvons aussi le diagnostic de l’hystérie, car les hystériques ont aussi des idées fixes ; mais dans cette névrose, les idées fixes prennent plus ou moins la forme somnambulique, elles déterminent des actes, des hallucinations, des convictions complètes, elles sont suivies d’amnésie, ou elles sont accompagnées de phénomènes subconscients. En un mot la distinction devrait être faite de la même manière que tout à l’heure à propos des agitations et des paralysies.
Nous arrivons a un nouveau problème que nous présentent les délires systématiques a leur début, les paranoïas rudimentaires cjui ''ont constituer le délire hypocondriaque, la folie mystique, le délire de persécution. Les anciens auteurs confondaient presque toujours ces délires systématisés avec le délire du doute, Delasiauve en i85g donne comme exemple de « pseudo-monomanie » un cas typique de délire de persécution. Marcé en 1862 confond en un même groupe le délire de persécution et les « idées forcées « des obsédés. Ici encore le diagnostic théorique est fort simple, il consiste a constater I existence de ces signes qui sont adoptés par tous les auteurs d’une manière classique pour établir la différence entre l’idée fixe et l'obsession. « L’idée fixe, disait M. Roubinoviteh, est une conception délirante, inconsciente, dominant toute la personnalité psychique ; l obsession est une idée inutile ou nuisible, reconnue fausse qui occupe l’esprit du malade contre sa volonté. L’idée fixe est permanente, l’obsession procède par paroxysme; chez le premier malade c est le jugement, la faculté d association des idées qui est lésée, c’est chez le second la sphère émotive, la volonté1. » Il en est ainsi sans doute dans
1. Roubinoviteh, Bulletin mcd., 22 juillet 1896.01. kéraval. L’idée fixe. Archives de neurologie, 1899, 11, 2 ly.
LE DIAGNOSTIC ET LE TRAITEMENT
les cas typiques et un persécuté au terme de son délire manifeste une conviction absolue, en exprimant des idées de persécution et de grandeur, il accomplit des actes en rapport avec ses idées, il entend des voix hallucinatoires et il ne ressemble aucunement à un obsédé qui s’interroge indéfiniment sur son scrupule et qui n’a que des pseudo-hallucinations.
Cependant je crois qu’il y a lieu d’être très embarrassé si 1 on considère les malades à leur début. M. Marandon de Montiel, MM. Vitro u roux et Decasse ont montré comment les idées déli-
rantes des persécutés se rattachaient également chez eux a des troubles antérieurs de l’émotivité et de la cœnesthésie '. .1 ai été tout surpris d’observer chez les persécutés un grand nombre des caractères de nos psychasthéniques : on constate dans le développement de leur maladie la même influence de toutes les causes débilitantes, des maladies infectieuses, des émotions, les mêmes oscillations du niveau mental, les mêmes troubles de I insullisance psychologique, l’aboulie, l’aprosexie, le besoin de direction et surtout les sentiments d’automatisme. « Ce n’est plus moi qui lis, on lit à ma place, répètent-ils souvent ». On retrouve également chez les persécutés systématiques les sentiments de dédoublement, d’étrangeté du corps, d’étrangeté du monde extérieur. Inversement on peut retrouver chez l’obsédé le plus tvpique le même contenu des idées que dans le délire systématique : les idées obsédantes mystiques sont, comme on l’a vu, fréquentes, les idées de persécution se mêlent très souvent aux obsessions de la honte de soi. Le plus souvent il est vrai, l'obsédé s’accuse lui-même à propos des troubles qu’il ressent, mais il n’est pas rare de l’entendre en accuser les autres. Rp... (t23) obsédé tout à fait typique, avec manie des présages et pseudohallucinations symboliques est tourmenté par l’idée « que depuis son enfance des juifs puissants ont la patte sur lui et lui enlèvent toute liberté. » Lrm... (282) qui présente les luttes symboliques si amusantes contre un personnage X est en réalité tourmenté par l’obsession que X le persécute. On trouve également chez les obsédés des idées de grandeur, M. Séglasen a rapporté un exemple curieuxi. 2 3, j’en ai déjii cité plusieurs dans les descriptions pré-
i. Marandon de Montiel, De la genèse des conceptions délirantes et dos halluci-
nations dans le délire systématisé. Gazette des hôpitaux, 5 juin njoo.