LE PRONOSTIC
obsessions qui montrent que le malade entre dans la période des interprétations délirantes, quoique son délire conserve le caractères de l’hésitation et du doute qui sont les troubles fondamentaux de la maladie.
Quand le malade est parvenu au dernier degré et que la maladie est tout à fait chronique il faut, pour établir le pronostic, tenir compte de l’activité que conserve encore le sujet, du nombre de relations qu’on peut lui garder, des travaux qu on peut lui faire exécuter : l’isolement et l’inertie complète étant le terme le plus triste des états psychasthéniques.
Je ne fais que signaler l’importance du point de vue médicolégal bien discuté dans un grand nombre d’études1. En général ces obsessions ne déterminent pas d’actions véritables, mais une exécution plus ou moins incomplète peut survenir à l’insu du malade et au cours de ses manies de tentation et de demi-exécution. L’impulsion peut être plus grave et le pronostic bien plus réservé quand à l’état psychasthénique proprement dit se joignent l’épilepsie, la débilité mentale, 1 alcoolisme ou d’autres intoxications.
En dehors des crimes proprement dits, des actes absurdes comme des promesses de mariage, des fugues, des conduites inconvenantes peuvent être en rapport avec les obsessions de honte ou les besoins d’excitation. Non seulement il faut songera mettre quelquefois le malade hors d’état de nuire aux autres, mais il faut aussi dans certains cas, le défendre contre lui-même.
i . En particulier flans les travaux suivants : Renaudin, Observations médicolégales sur la monomanic. Ann. méd. psycli., i854, p. 236. Delasiauve. Dos pseudomonomanies et de leur importance légale. Ann. méd. psych., i85q. Motet. Société de médecine létjale de Paris, i3 février 1890. 1’. Dénommé. Des impulsions morbides au point de vue médico-légal. Thcse, Lyon, 1890. Bérillon, les phobies neurasthéniques au point fie vue du service militaire. Revue de l’hypnotisme, 189/1, !’• 2 'i 1 • G. Carrier (do Lyon), Contribution à l’étude des obsessions et des impulsions à l’ho-
micide et au suicide chez les dégénérés au point de vue médico-légal, 1899.
LE DIAGNOSTIC ET LE TRAITEMENT
TROISIÈME SECTION