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hystériques par exemple. A-t-on suggéré a une hystérique qu’elle verra un portrait sur une carte, l’hallucination du portrait apparaît quand elle voit cette carte déterminée reconnaissable à des signes précis, elle n’apparaît pas sur une autre carte et surtout
LES IDÉES OHSÉD ANTES ET IMPULSIVES
elle n’apparaît pas arbitrairement à propos de n’importe quoi. C’est justement cette précision de l’association qui rend l’expérience possible. De même la vue d’une flamme amène 1 hallucination de l’incendie et la crise d’hystérie d’un jeune homme, on provoque encore la crise en lui montrant une allumette enflammée, mais on ne la provoque pas en lui faisant voir un paquet de cigarettes ou une seringue, quoique à la rigueur, d’après ce que nous a montré Jean, le paquet de cigarettes ou la seringue puisse faire penser à l’incendie. En un mot, dans ces cas 1 association des idées est précise, parce qu’elle est organisée d’avance, qu’elle fait partie de la conception, du système d’images coordonnées qui constitue l’idée fixe et qui est invariable.
Au contraire, chez le scrupuleux, un objet quelconque semble pouvoir jouer le rôle d’évocateur. Quel est l’objet, quel est même le mot que l’on pourrait présenter à Jean sans qu’il trouve le moyen d’y rattacher son obsession érotique '? Il semble vraiment que l’association ne soit qu’un prétexte, une justification que le malade se donne à lui-même après coup. Les choses se passent comme si le malade commençait par penser lui-même presque tout le temps à son obsession et cherchait ensuite avec ingéniosité quel rapport lointain pourrait bien exister entre son obsession perpétuelle et les objets extérieurs afin de justifier sa préoccupation constante.
Cs...(4i)j femme de 38 ans, grande hypocondriaque, se plaint de jouer de malheur car elle rencontre tout le temps des objets qui lui font penser à la maladie « une bouteille de pharmacie jetée dans le bois de Boulogne, vous voyez que je n’ai pas de chance ! » Je fais prendre quelque précautions aux personnes qui la surveillent pour que l’on évite absolument de parler devant elle de maladies, de lui montrer des malades. Elle échappe à la surveillance pour aller chercher des malades et les interroger sur leur mal, puis elle pousse des cris de désespoir en se plaignant qu’une conversation a encore rappelé son obsession. Il on est évidemment de même pour Jean qui travaille à découvrir ces associations d’idées bizarres dont il se plaint. 11 csl très préoccupé par les femmes de chambre qui entrent chez ses parents cl quand ceux-ci doivent choisir une femme de chambre nouvelle, il cherche avec grand soin si elle n’éveillera en lui aucune association d’idées dangereuse avant d accorder son consentement. Ses parents lui proposent un jour de faire entrer une femme de
LA TENDANCE A L’ACTION, L’ABSENCE D’EXÉCUTION
chambre dans la maison et lui demandent s’il trouve à leur choix quelque inconvénient. 11 examine minutieusement les noms, prénoms, pays et date de naissance, figure, antécédents de cette servante et ne trouve rien à lui reprocher : la femme de chambre est donc admise. Jean reste très inquiet à son sujet, il examine tous les jours tout ce qu’il apprend sur elle et cependant pendant quinze jours il est forcé de convenir que rien en elle ne lui rappelle Charlotte. Mais quelques jours après il accourt désespéré me dire: « qu’un grand malheur lui arrive, bien par hasard : il savait depuis l’entrée de la femme de chambre qu’elle avait été domestique chez une madame Pâtissier et cela ne l’avait pas troublé, mais brutalement, comme par un coup de bâton, Pâtissier lui a rappelé Galette, or parmi les amies de Charlotte il y a une madame Galette dont elle a souvent parlé. N’est-ce pas malheureux que ses parents aient choisi justement une femme de chambre qui le fasse penser à Charlotte ? »
Sous cette forme l’association n’est point du tout semblable à celle qui caractérise les suggestions des hystériques. Ce n’est pas une association automatique résultant de liaisons d’idées anciennement établies, c’est une association cherchée et construite actuellement par le sujet. C’est une manie de l’association qui est une conséquence de la fixité, de la permanence de l’idée ou plutôt, comme on 1 a vu, de la manie relative à cette permanence. Nous retrouvons donc déjà dans ces premiers caractères de la permanence et de l’évocation des idées les deux tendances caractéristiques de l’obsession. 11 y a une exagération de la permanence et de 1 évocation, mais cette exagération ne consiste pas en une nécessité complète qui s’impose au sujet, il y a quelque chose de volontaire dans ces phénomènes et c’est ce double phénomène qui constitue une sorte de tic ou de manie.