‹ Les obsessions et la psychasthénieChapitre 44 sur 352 · Pitres et ltégis, op. cit., 1897, p. 5i · texte numérisé non relu

Pitres et ltégis, op. cit., 1897, p. 5i

3. Le (iroignac, Des impulsions cl en particulier des obsessions impulsives. The se de

Bordeaux, 1897-98.

LES lltteS OBSEDANTES ET IMPULSIVES

mon avis que le terrain psychologique n’est plus du tout le même et que la maladie est différente. Mau... a une anesthésie tactile générale, un rétrécissement du champ visuel à 3o°, il a des somnambulismes, des fugues suivies d’amnésie, etc. En un mot c’est un hystérique, nous retombons dans le mécanisme de la suggestion et de l’idée fixe hystérique. Il faut savoir que ces maladies mentales ne sont pas caractérisées par le contenu de l’obsession mais par la forme psychologique qu’elles prennent. Une hystérique peut être érotomane comme Jean, mais elle réalisera son impulsion d’une tout autre manière. Je crois donc que, si on rencontre des impulsions qui s’exécutent autrement que celles qui viennent d’être décrites il est bon de les attacher à d’autres maladies : l’épilepsie ou l’hystérie par exemple et non à l’état mental psychasthénique que nous étudions maintenant.

En résumé, les obsessions des scrupuleux présentent toujours une certaine tendance impulsive, une certaine disposition à passer à l’acte. Mais cette disposition loin d’être irrésistible comme on l’a dit à tort n’est jamais complète, le malade s’effraie de son impulsion plus qu’il ne lui obéit. Il éprouve un singulier besoin de la croire terrible et irrésistible ; il y a comme une vanité du crime, comme un secret désir de se croire poussé au crime qui lui fait effectuer tant bien que mal certains commencements d’action. Quand l’exécution est plus complète, c’est que d’autres facteurs, des intoxications, des instincts puissants, des délires sont venus ajouter leur force à celle de l obsession proprement dite. L’impulsion proprement dite, livrée à ellemême, ne détermine que des simulacres d’action. Ici encore, c’est une manie de croire à l’impulsion plus qu’une impulsion proprement dite.

symbolique.

A côté du développement des éléments moteurs et de la tendance à l’action, il faut placer le développement des éléments représentatifs et la tendance à l’hallucination. Les obsédés que nous étudions sont-ils susceptibles d’avoir au cours de leurs ob-

sessions de véritables hallucinations? La question a soulevé bien des controverses. M. Jules Falret avait soutenu autrefois1 qu’un des caractères distinctifs de ces obsédés, c’est qu’ils n’arrivent jamais à l’hallucination véritable : cette proposition trop absolue a été vivement contredite. Buccola, Tamburini, Séglas2 3, Stefani:i, Catsaras4 5, Larroussinie6, Raymond et Arnaud0 ont soutenu l’existence de « l’obsession hallucinatoire ». J’ai moi-même insisté à diverses reprises surtout en étudiant les idées fixes de Justine sur les hallucinations remarquables qui accompagnaient ses obsessions7. 11 semble donc qu’il y ail deux opinions tout à fait contradictoires sur ce point.

Cette contradiction peut s’expliquer d’abord d’une manière assez simple. Dans certains cas les auteurs ne parlent pas des mêmes malades. Je reconnais pour ma part que les obsédées hallucinées que j’ai décrites comme Marcelle et Justine étaient des hystériques. Il est probable, étant données la fréquence et l’importance des idées fixes chez les hystériques qu’il doit en être de même pour quelques-uns des malades hallucinés décrits par les autres auteurs. La proposition de M. Falret resterait vraie pour les obsédés proprement dits du type psychasthénique.

La question reste cependant embarrassante, car au moins un certain nombre de ces derniers malades présentent des phénomènes tout voisins de l’hallucination dont la nature doit être discutée. Les hypocondriaques arrivent à se représenter certains phénomènes viscéraux comme s’ils avaient des hallucinations du sens organique. Je ne parle pas de leurs dysesthésies que j’étudierai plus tard à propos des troubles émotionnels. Je parle de représentations viscérales et tactiles qui semblent assez intenses quoique imaginaires. Une malade de Wernickc, citée par MM. Pitres et Régis, avait la sensation d’être couverte de

1. Jules Falret, Obsessions intellectuelles et émotives. Rapport au Congrès international de médecine mentale. Paris, 1889 ; Archive à de neurologie, 1899, II, 274.

2. Séglas, De l’obsession hallucinatoire et do l'hallucination obsédante. Ann. méd. psychol., 3o nov. 1891, Leçons cliniques, p. 107.

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