LA TENDANCE A LA CROYANCE ET LA CRITIQUE DE L’ODSESSION
idées religieuses sur le diable un fond mystérieux dont elle ne comprend pas bfim l’absurdité ; elle comprend mal ce qu’on lui dit sur le démon, ou ne le comprend qu’un instant. Jean ou Claire veulent bien déclarer eux-mêmes que leur maladie est ridicule, mais ils n’admettent pas qu’on le leur déclare. Si on insiste sur la négation de leurs idées, ils se tournent du côté de l’affirmative et recommencent à nous présenter ces débuts d’actes et d’images hallucinatoires qui ont été décrits. Il faudrait à ce propos revenir sur tous les caractères positifs de l’obsession, car ceux-ci nous montrent bien que l’idée absurde a bien urie certaine réalité, une certaine puissance dans l’esprit des malades et par conséquent qu’elle n’existe pas sans sans être accompagnée par une certaine croyance.
Comment se mêlent alors et se juxtaposent cette critique qui semble aller jusqu’au défaut de croyance, à la négation et cette tendance à l’action, à la représentation qui forme une croyance ? D’abord on peut dire que les deux phénomènes n’existent pas simultanément. La croyance n’existerait que dans les périodes de crise et la critique dans les périodes de lucidité. Cela est vrai en partie et il y a des moments de crise que nous étudierons plus spécialement ou la croyance est certainement plus grande. Mais je ne crois pas que la différence entre la crise et l’état de lucidité soit jamais tranchée comme elle l’est chez les hystériques. Ces malades n’arrivent jamais ni à croire complètement, ni à nier complètement, leur délire. Ils restent dans un état intermédiaire rempli de contradictions : ils reconnaissent que leur idée n’est pas conforme à l’opinion générale et qu’il ne faut pas l’exprimer en public devant des gens « un peu au courant de leur situation », ils veulent bien être malades sur un point mais pas sur tous et le plus souvent ils oscillent suivant les différents moments du temps.
Ils restent donc dans un état de doute extrêmement pénible dont nous trouvons un type dans le cas de Je... Cette femme de 5i ans a une attitude humble, inquiète et cependant agitée. « Je ne peux plus rien faire depuis trois mois, je n’ai plus de goût à rien, je ne sors pas, je ne peux plus m’habiller, c’est à cause de ce malheureux bonnet. J’ai volé le bonnet d’une de mes voisines... Mais elle dit que non, je sais bien que je ne l’ai pas volé, j’en suis incapable... Je crois l’avoir volé pas pour le garder, mais pour le jeter dans le feu... Mais il y a une grille autour du poêle et je
me.
Lies i m'eus ohskdantes ht impulsives
n avais pas la clé pour l’ouvrir... etc. » Elle reste dans 1 hésitation indéfinie. Gel état de doute se rattache d’ailleurs très bien auv laits précédemment étudiés : la croyance résulte de ce lait que l’idée entièrement développée a atteint l’action et la perception, la vraie croyance fait agir et fait voir. Gcs deux grands caractères de la croyance étant absents il est tout naturel que le sujet n’v parvienne pas.
On a voulu faire une maladie spéciale de ce doute sous le nom de délire du doute (Legrand du Saulle), puis on en a fait une obsession spéciale (Arnaud). Je crois que le doute n'est pas une obsession, c’est une forme que peut prendre telle ou telle obsession. Je... doute a propos du bonnet volé, comme Lise à propos des enfants voués ou diable, comme Claire à propos de son immoralité, comme Jean doute de la méningite qu’il craint de s être donnée en lisant une colonne du journal. C’est une forme générale que prend l’obsession avec développement incomplet chez les scrupuleux.
Ce doute général chez tous est plus ou moins marqué chez quelques-uns et peut prendre des formes plus particulières qui constituent les autres formes du scrupule.