‹ Les obsessions et la psychasthénieChapitre 58 sur 352 · Itaggi, Archiva italiano per la malattic nervosc · texte numérisé non relu

Itaggi, Archiva italiano per la malattic nervosc

LES MANIES DE L’AU DELA

d’un jeune homme de vingt ans qui, par instants, ne pouvait ouvrir la bouche sans être forcé de faire les raisonnements les plus absurdes et souvent même de dire tout le contraire de ce qu’il aurait voulu. M. Séglas, qui cite ce cas, ajoute plusieurs observations du même genre '. « Ce qui le peine le plus, dit son malade, c’est qu’il lui arrive par moments de se contredire lui-même et au moment où il veut exprimer une idée de dire tout le contraire de ce qu’il veut. » MM. Pitres et Régis1 2 3 donnent plusieurs exemples curieux de ce phénomène. « C’est, disent-ils, la manie blasphématoire de Verga. » Dans la prière, on voit « maudit » au lieu de « bénit », « enfer » au lieu de « ciel », «Wilde Sau (sanglier sauvage) » au lieu de « Liebe Frau (notre Dame) » au lieu de « je vous ai au cœur » elle pense « je vous ai au cul » au lieu de « mon Dieu je n’adore que vous » elle pense « j’adore ça » et elle croit « voir un derrière ». On observe facilement des faits semblables : Bunyan pense à adorer un balai, une ordure quand il veut prier Dieu, Claire, Vy.. et bien d’autres pensent à se masturber quand elles veulent préparer une confession et Qi..,(i 1 3) se sent forcée d’appeler « cochon » les gens qu’elle respecte le plus.

Les auteurs qui rappellent de tels faits les rattachent volontiers à quelque loi profonde de l’esprit. M. de Sanctis, dans un-article intéressant, parle de l’association par contraste qu’il explique ainsi: « Un certain exercice forcé de l’attention inhibe et éloiffne l’imaee à laquelle ils’applique et favorise l’opposition etla victoire de l’association par contraste *. » fl y a beaucoup de vérité dans cette remarque que je reprendrai plus tard, mais il ne faut pas oublier que les phénomènes de contraste présentés par les scrupuleux ne sont pas toujours des phénomènes primitifs, spontanés, ce sont des phénomènes voulus, cherchés par le malade, c’est bien souvent une manie de précision, de comparaison, d’opposition extrême qui le pousse à chercher ce terme qui fait si bien contraste.

C’est aussi de la même manière que je comprendrai les associations d’idées extravagantes que présentent certains malades et qui semblent jouer un rôle énorme dans la reproduction des

1. Séglas, Leçons cliniques sur les maladies nerveuses el mentales, 1895, p. 129.

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