‹ Les obsessions et la psychasthénie (volume 2)Chapitre 33 sur 116 · I. Weir-Mitchel, Some disorders of sleep · texte numérisé non relu

I. Weir-Mitchel, Some disorders of sleep

ce cas a une angoisse du debut du sommeil, amenant une terreur sufEsante pour provoquer une crise d'agitation motrice et d'augoisse.

Peut-etre cependant pourrions-nous dans ce cas aller un peu plus loin. Nous n'aimons pas beaucoup a parler de chocs ^motionnels, sans dire en quoi ils consistent, sans qu*ii y ait une id^e ou une sensation en relation ayec cette Amotion. Qu'est-ce qui determine ici Tangoisse? Nous sommes disposes k supposer qu'il s'agit de troubles respiratoires. D'abord parce qu*au reveil elle ^touffe, et il semble bien que ce soit m6me r^touflement qui

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Fio. 7. — Respiration de Dn... pendant ud debut desommcil. — R, respiration thoracique qui devient de plus en plus p^riodique dans les deux graphiques qui se suiveni; S, le Icmps en ■econdes ; A, d^bui de I'attaque d'agitation anxieuse.

la reveille. Ensuite, Tun de nous a pu laire sur elle une petite experience encore incomplete. En la laissant s^assoupir dans un fauteuil, en essayant de Thypnotiser on determine un petit sommeil tres l^ger, insuflfisant malheureusement pour T^tude de la crise nocturne, mais, si petit qu*il soit, il montre d^ja quelque chose. Le graphique de la respiration (figure 7) qui 6tait regulier pendant la veille devient plus petit et surtout il devient p^riodique. II nous pr6sente une s6rie de respirations petites, suivies d'une s^rie plus grande. Ce n'est pas encore tout a fait le Cheyne-Stokes que nous avons etudie dans une autre le^on sur une malade hyst6rique\ mais cela s'en rapproche. Mosso a signals cette respiration dans le sommeil profond, ici, elle se

1. Comptes rendus du IV^ Congrhs de Ptjchologie de Paris, 1901, p. 524.

LES AGITATIONS fiMOTIONNELLES DIFFUSES 117

manifeste desled^but du sommeil. D^s que ce signe apparait sur 1e graphique, la malade se plaint d^ja, essaye de se r^veiller de peur d'avoir sa crise. II est probable que si le sommeil ^tait plus complet, la respiration serait plus troubl^e encore, si troubl^e meme qu'elle am^nerait Tangoisse etle r^veil avecattaque. Quant a cette diminution respiratoire, elle est en rapport d'apres les travaux de Mossoavec I'engourdissement cerebral, il est probable que Tengourdissement augmente ici grace au sommeil et amene ces troubles a un plus haut degr^.

Yoici le peu que nous savons sur les crises de la nuit et le probleme est d^ja compliqu^, mais il le devient bien plus quand nous ^tudionsThistoire ant^rieure de la malade et que nous voyons comment les crises ont commence. Vous ne Tavez pasreconnue car son visage a bien chang^, mais c*est une malade que nous vous avons d^ja presentee il y a deux ans. Nous Tavions 6tudiee alors a propos d'un symptome curieux, la peau dermographique qu'elle pr^sente encore un peu, mais a un degre beaucoup plus faible : nous n'en parlerons pas aujourd'hui. A ce moment, nous avions d^ja appris qu^elle avait des crises, mais un peu diff^rentes de celles d'aujourd'hui. Ces crises etaient diurnes et survenaient dans une circonstance bien singuliere, toutes les fois qu'elle interrompait une action longtemps prolongee. Les exemples seront plus clairs. Si elle restait assise sur une chaise pendant quelques heures, elle avait une crise au moment de se lever, si elle s'^tait promen^e quelque temps, elle avait une crise au moment de s'asseoir. De meme si elle parlait quelque temps la crise survenait quand elle se taisait. En un mot, les crises se produisaient au moment de changer d'action. Un caract6re semblable n'est pas absolument nouveau pour nous ; c*est un des caract^res de Taboulie . Les faibles de volont^ ont une peine enorme a commencer une action, et quand ils Font commenc^e, ils ont la meme peine pour la cesser ; tout changement leur est p^nible. Augmentez cette peine, transformez-la en angoisse veritable et vous aurez ces petites crises ^motives qu'elle pr^sentait alors. II y a un an, elle fut tr^s troublee par une serie de malheurs : son mari Tabandonna sans ressources, ses regies furent arret^es et n'ont pas reparu depuis huit mois. Cest alors que les angoisses devinrent plus frequentes et plus graves; la nuit le sommeil suffit pour les aroener. Depuis que ces crises se sont developp6es pendant la nuit, elles ont diminue pendant le jour ; les changements d'action

provoquent moins d'attaqaes : il est vrai que la pauvre femme ne fait plus grand'chose assidil^inent. Les attaques ne reviennent plus gu^re dans le jour, que Iorsqu*eIle essaye dedormir, etelles prennent alors, mais avec un degr6 beaucoup plus faible les memes caracteres que la nuit; elles sont plus faibles parce que la malade s*endort a peine.

Le cas est done curieux et pourrait se resumer ainsi : crises d^agitation motrice, se produisant d*abord a propos de tons les changenients d'action, se produisant ensuite a propos d'angoisses nocturnes, angoisses qui sont d6termin6es par des troubles de respiration survenant des le d^but du sommeil. L'ensemble de la maladie doit ^videmment se rapporter a T^tat psychasth6nique. II n'y a point de stigmates permanents, nous n'avons pu constater aucun trouble de la sensibilite. II est m^me a remarquer que la malade n*a jamais eu de maux de tete, malgr^ ces troubles singuliers. Le stigmate principal serait Taboulie.

Le meilleur traitement consisterait a donner a la malade un pen de force par Talimentation, les toniques, le repos. II est probable qu'elle aurait plus de force pour r^sister a ses angoisses nocturnes. Nous devons vous rappeler que le bromure et le chloral a hautes doses ont 6te essay^s sans succ^s.

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