LES TICS DES PIEDS
malades. Nous avons essay^ de leur faire comprendre la nature de leur infirmity. II n'a pas ^t6 facile d'enlever a Db... ses craintes sur raction terrible du mercure et de la faire renoncer a reparation. Quand les malades ont compris quHl s'agissait d'une mauvaise habitude et d*un trouble de leur propre volonte, nous les avons soumis a une gymnastique portant, non pas pr6cisenient sur le mouvement de la jambe, mais sur Tattention a ce mouvement. lis devaient chercher a sentir exactement le sol sur lequel leurs pieds appuyaient, a le presser volontairement avec les orteils, a apprecier tous les details du moiuvement. Ce traitement, que proposait d^ja Tun de nous en i88g dans ses Etudes sur I'automatisme psychologique et qui depuis a 6tesouvent d^crit, derive en somme toujours du traitement des paralysies hyst^riques par le mouvement attentif tel que le recommandait Charcot.
Nous n*insistons que sur quelques details particuliers. La malade Db... gu^rit tr^s vite, en quelques semaines, et d'une mani^re tout a fait complete. La suggestion avait sur elle une grande influence et I'education se faisait facilement.
Malheureusement, la guerison de sa jambe ^tait a peine obtenue que Db... eut a souffrir d'un autre accident. A la suite d^une querelle violente avec sa concierge, elle conserva des sortes de crises bizarres. Presque tous les jours elle sentait uite angoisse, un sentiment violent de colere et des impulsions a frapper et a mordre. Cet accident rentre dans les d^lires emotifs syst^matiques dont nous avons d^ja parl^^ 11 constitue encore une forme tres sp^ciale de Tidee fixe: le systeme de phenomencs psychologiques et physiologiques qui se developpe d'une maniere exageree est surtout d*ordre emotif. Nous n'avons pas a insister sur ce nouvel accident qui est en dehors de notre ^tude actuelle. II montre seulement la nature du tic precedent qui semble bien avoir ete un ph^nomene du m^me genre, chez une personne tr^s suggestible.
Lejeune homme Te... fut beaucoup plus difficile a gu^rir. 11 arrivait a marcher correctement s'il etait chausse de pantoufles a semelles fort minces, et s'il faisait une attention continuelle aux mouvements de son pied droit, mais le tic recommen^ait des qu'il se relachait de ses efforts. Nous avons dd Taider par un petit traitement au moyen de T^lectricit^ statique. II est bien probable que r^lectricit^ a eu surtout, dans ce cas, une influence sugges-