LES TICS D'ATTITUDE
voit celle-ci d^crire un courbe considerable dont la concavity est a gauche. Nous Tavons rendue visible sur cette photographic en marquant la colonne vert^brale d'un trait noir. On a suppose chez cette petite malade les maladies les plus graves de la colonne vert^brale. Nous pouvons cependant faire bien vile une verification facile, si on souleve Tenfant par les bras comme on le voit
Fio. I'r
dans la figure i4) la colonne vertebrale se redresse completement, il n y a done aucune lesion osseuse permanente. On peut ^galement, surtout apres cette demonstration, gronder Tenfant et la forcer de se tenir droite, ce qu'elle r^ussit parfaitement a faire.
Nous apprenonsalors que la mere est tres nerveuse et que Tenfant a [deja eu des tics : en particulier elle avait une secousse de r^paule droite quand on voulait la faire ^crire. Son attitude vicieuse actuelle s'est developp^e en portant des paquets lourds du cote gauche.
Ce tic gu^rira facilement par I'^ducationy esp^rons qu*il ne presage pas des accidents plus complexes.
Observation io5. — Tic d'arracher les cheveux.
Yoici une jeune fille que nous desirions vous presenter depuis longtemps; elle etait venue pendant les vacances avec un aspect tout a fait remarquable, puis elle a gu6ri ; une rechute nous offre I'occasion de vous la montrer. Quand elle est venue au mois de septembre, elle avait, sous son chapeau, une magnifique perruque blonde. Quand elle enlevait la perruque, elle avait une tete extraordinaire.
D'enormes plaques analogues a de la pelade s'eteudaient sur le crane, au somniet et sur les cot^s ; entre ces plaques pendaient quelques m^ches de cheveux couples auxciseaux : c'^tait en apparence un cas remarquable de pelade. Aussi la malade avait-elle 6t6 conduite a Saint-Louis d6ja depuis quatre ans. Elle avait ei€ soumisea tons les traitements imaginables et elle selaissait mettre sur la t^te avec resignation toutes les drogues possibles. Ce n'6tait que tout r^cemment qu*on avait fini par d^couvrir la veritable raison de cette pelade. Cette pauvre fille s'epilait elle-meme avec une patience admirable ; elle arrachait un a un tons ses cheveux et cela depuis Tage dehuit ans. Cette manie, ce tic s*etait developp6 pen a peu par periodes; il avait d*abord ete assez b^nin pour ne pas laisser de traces apparentes, puis, dans ces quatre derni^res ann^es, il avait completement d6nud6 la tete.
Une fois d^couverte, la malade avoua qu*elle savait fort bien et depuis longtemps Torigine veritable de cette chute des cheveux, mais qu'elle avait en vain essaye de r^sister a son tic. « C*est plus fort que moi, dit-elle, cette id^e, ce besoin me tracassent tout le temps. Le mouvement se fait tout seul, dans mes bras et dans mes mainsilya quelque chose qui m'y entratne d'une maniere irresistible. Si je r^siste, j'ai des agacements et des etouffements insupportables, il faut que je cfede au besoin... »
Si nous remontons a Torigine, nous voyons qu'il y a la une specialisation progressive d'une serie de tics. Elle a commence vers Tage de six ou sept ans a se tirer les oreilles, a se chatouiller Toreille avec une m^che de cheveux, a s^eplucher les ongles, a tirer et dechirer des mouchoirs, a se tirer le nez. Tons ces tics