LE TIC D'ARRACHER LES CHEVEUX
vagues se sont progressivement reduits en un seul devenu predominant, celui detirer les cheveux. Le fait essentiel, c'est lebesoin de s'agiter d'une maniere vague et inutile et de tirailler quelque chose.
Quant a ce besoin lui-meme il nous ram^ne a une ^tude que nous avons faite a propos de cet homme qui ne pouvait pas rester assis (akathisie). Nous avons vu que ces agitations vagues sont des ph^nomenes de derivation, ils se produisent a propos d'actions qui demandent de la volonte et de Tattention et que ces malades psychastheniques sont incapables de pousser jusqu'au bout. La tension nerveuse qui ne pent pas se d^penser dans Tacte utile, devenu impossible, derive et donne naissance a des ph6nomenes accessoires, en apparence irr^sistibles, qui sont, chez les uns, des ruminations mentales, chez les autres des angoisses, chez ceux-ci des agitations motrices. Ces agitations peuvent garder une forme vague ou se syst^matiser par suite d'habitudes, d*exemples, de facility plus ou moins grande ou d*agrement passager de certains mouvements. Chezlesenfants, comme chez cette malade les tics commencent surtout a Tecole, quand Tenfantdoit fixer Tattention : c'est la qu'ils se tortillent, qu'ils grimacent, qu'ils se tirent les cheveux. C'est pourquoi ces tics sont pour nous plus qu'un simple ph^nomene d'automatisme, ils sont la marque d'une faiblesse g^n^rale des operations sup^rieures du cerveau, de la volonte et de Fattention ; surtout quand ils sont parvenus a ce degre ils indiquent I'etat psychasthenique avec toutes ses consequences possibles : les phobies et les obsessions.
Cette jeune fille est une faible qui travaille difficilement, qui parait anemique, qui est incapable de faire un effort. Remarquez chez elle cette dilatation pupillaire, frequente dans les etats graves de neurasthenic. II ne suffit pas de Teduquer centre son tic, il faudrait pouvoir remonter la tension nerveuse» Quand elle est venue en septembre, une seule visite a la Salpetri^re avait suffi pour I'exciter etle tic a disparu pendant plusieurs mois. C'est ce qui a permis a ses cheveux de repousser comme vous le voyez.
Maintenant Tinfluence excitante de cette premiere visite et des menaces qui lui avaient ete faites a cesse et elle recommence. Esperons que cette le^on faite devant elle supprimera les sottises pour une longue periode.
23i LES TICS
Observation io5 his, — Contraction des membres inftoieurs. —
Contractures ou tics, crises d'ohsession et d'agitation psychasthdnique,
Cette femme, Pri..., ag^e de ag ans, qui est depuis quelque temps dans les salles, nous presente un probleme de diagnostic assez embarrassant. II s'agit de s*entendre sur la nature de certaines contractions qu'elle presente aux jambes depuis trois ans.
Si vous vous bornez a l*examen ext^rieur de Taccldent physique voici comment les choses se pr^senteront : la malade appartenant a une famille assez fortement nevropathique a toujours ^t^ irhs nerveuse. Tout enfant, elle avait la nuit des terreurs qui la r^veiliaient en sursaut, elle pleurait et riait sans raisons et s'emportait tr^s facilement. An ans, elle eut la fievre typhoide, elle ne fut r^glee que tard a 17 ans. Elle resta tres impressionnable et souQrit tr^s souvent de la tete ; voici maintenant comment elle raconte le d^but de sa derniere maladie.
Au mois de d^cembre 1899, ^tant ^^ traitement a Andral pour un rein flottant, qui avait d^ja necessite un s^jour a Saint-Louis dans le service de M. Richelot, elle sentit toutd*un coup, en marchant, ses jambes faiblir sous elle et elle tomba sur le sol, mais sans perdre connaissance. On la releva, on la mit sur son lit et onconstata une contracture des deux jambes en extension. Cette raideur ne se maintint que pendant cinq minutes, puis elle ceda peu a peu. En presence de cet accident nerveux, on soumit la malade a un traitement par T^lectricite statique qui ne sembia pas avoir de bons eHets. En eSet, a partir de ce moment, cette meme petite crise de contracture des membres inf^rieurs recommenga tons les jours et meme plusieurs fois par jour : la malade a eu une fois jusqu'a quatorze crises dans la meme journ^e. La maladie n*a pas change depuis trois ans et ces crises se reproduisent encore aujourd'hui de la m^me maniere qu'au d^but.
Elles sont precedees'd'un sentiment d'angoisse tres prononc^, d*une constriction au niveau de T^pigastre remontant jusqu*a la gorge et empechant la malade de causer. Puis survient la contracture: les jambes se raidissent dans Textension, les genouxse serrent Tun contre Tautre, les pieds se mettent en adduction for-