‹ Les obsessions et la psychasthénie (volume 2)Chapitre 77 sur 116 · CHEZ LA MALADE NORMALS · texte numérisé non relu

CHEZ LA MALADE NORMALS

La densite des urines 6tait de. . . loS^jS 1017,8

L'aciditd totale par litre en SO*H de. 0,9^8 0,849

L'acide phosphorique en PO* de. . . 4 » 2,o83 Le rapport a I'exc^dent de density de

Tacidit^ de 2,71 4>55

De Tacide phosphorique de. . . 11, 46 11,17

En somme hypoacidite prononc^e avec oliguric tres accentu6e. Nous avons voulu essayer suivant le conseil de M. Joulie, la potion suivante :

Acide phosphorique oflScinal 17 gr.

Phosphate de sonde 3o

Eau distill^e 260

dont clle prenait d*abord deux, puis quatre, puis six cuiller^es a cafe par jour. Nous constatons qu'elle a engraisse de cinq livres en deux mois, qu'elle digere beaucoup inieux, et qu'elle a un aspect tout different. II faut se garder de faire de ce medicament une panache, et il y a beaucoup de nos malades qui n'en ont tir^ aucun profit, mais il nous parait bon de Tessaycr dans certains cas et ici il semble bien avoir rendu service.

Le:s Manias DE La R^CriERdHE! 291

Nous avons pu recourir ici a un traitement moral que la malade r^clamait : elle avail grande conGance dans la suggestion hypnotique et voulait etre gu6rie par ce proced^. D'autre part, nous etiODS d^sireux de connaitre les effets des pratiques hypnotiques sur ce genre de malades. Aussi, selon son desir, a-t-elle ^te soumise a un traitement hypnotique consistant en une seance assez longue de pres d'une heure chaque semaine pendant plusieurs mois. II Taut constater tout d^abord que malgre cet effort et cette patience considerable elle ne s*est jamais endormie r^ellement : jamais elle n'a presents les ph^nomenes caract^ristiques du somnambulisme et de la suggestion tels qu*on les obtient si facilement sur des hyst^riques. Ce cas confirme encore la distinction que nous avons toujours etablie entre ces psychastheniques et les hyst^riques.

Nous pensons cependant que ces stances d'un hypnotisme tout a fait rudimentaire nous ont et^ extr^mement utiles. Comme la malade avait une certaine confiance dans ce procede, ces stances nous ont permis d*obtenir d'elle une foule d'eHbrts moraux qu*elle n'aurait jamais consenti a faire autrement. Nous lui avons fait pousser a leur terme toutes les actions 'sous pr^texte d'ob^ir a des suggestions ; nous avons exige de grands efforts d'attention pour toutes les sensations, pour tous les souvenirs, pour les Amotions, les sentiments et les idees. En un mot, nous avons cherche a la dresser a Tactivit^ sans trop nous pr^occuper des Apin* gles et des serments. Au bout de quatre mois, les progr^s ont ete considerables, et ce qui arrive rarement, la malade a pu continuer ses efforts sans avoir besoin constamment de subir notre influence, il y a maintenant cinq mois qu*elle n*est plus revenue, qu'elle a continue ses efforts et son travail, et cependant )es anciennes preoccupations n'ont pas reapparu.

Observation i3o. — Manie de la recherche. — Onontaiomani^i amnesie passagerCy inquietude,

Cette femme, Hg..., agee de 5o ans, nous presente un symptome un peu plus rare. II y a plus de deuxansque nous n'avons eu I'occasion d'examiner un ens semblable. II s'agit d'une Torme de manie assez speciale dont le m^canisme n'est pas tres clair : c*est la manie de Tinterrogation que Grieslnger dccrivait deja en i848

SOUS le nom de Griibelsucht et qui a ^te plus ou moins coDfondue avec diflterentes formes de I'angoisse. Cette femme est poussee a chercher constamment dans sa mdmolre certains mots, en particulier les noms des personnes auxquelles elle pense ou dont la pens^e lui est sugg^ree par des ressemblances. Remarque-t-ellc une figure en passant, il faut qu'elle trouve le nom de la person ne qui ressemble a ce passant, qu'elle puisse se dire ce que cette personne fait, oil elle Ta rencontree, etc. Les interrogations peuvent varier un peu, elles sont toujours du m^nie genre.

Pendant que Hg... se pose ces questions, le souvenir ne revient a son esprit que d'une maniere incomplete : elle voit la figure de la personne sans trouver son nom, ou bien elle ne peut prononcer qu'une partie du nom, ou bien elle ne retrouve pas si cette personne est brune ou blonde, etc. Ce caractere incomplet du souvenir et la recherche qui en r^sulte agitent <^norm^raent la malade, d^terminent surtout une angoisse ^pouvantable dont vous voyez la trace dans son attitude d6sesper6e : elle souffre tant qu'elle a constamment a ce moment des idees de suicide. Si elle retrouve le nom, ou si quelqu'un le lui soudle, elle est imm^diatement soulag6e, mais elle conserve la terreur de cette angoisse et la peur qu'elle ne recommence a propos d'une nouvelle recherche. Cette preoccupation bien entendu ne tarde pas a ramener la meme question et les soufTrances recommencent.

Vous reconnaissezles cas c^lebresquiont^t^d^critspar Charcot et Magnan^ sous le nom d'onomatomanie. Parmi ces observations la plus remarquable est celle du malade qui recherche toute la nuit le nom d'une petite fille dont il a lu Thistoire dansle journal et qui esttombee dans I'^gout. Le tourment est epouvantable jusqu'a ce qu'on ait pu lui trouver un journal oil il lit ce nom ,: « Georgette ».

Le terme d'onomatomanie dont se servaient Charcot et Magnan pour designer un pareil trouble n'est peut-etre pas tr^s juste, car la maladie ne porte pas uniquement sur les mots et sur le langage. II y a des recherches angoissantes a propos des images visuelles ou des images auditives. Vous avez vu, il y a quelques mois, cette femme qui apres la mort de son mari .pretendait en avoir oublie la figure et ^tait poussee a rechercher

I. Charcot et Magnan, L'onomatomanie, Archives de Neurologic, septcmbre i885.

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