‹ Les obsessions et la psychasthénie (volume 2)Chapitre 78 sur 116 · LES MANIES DE LA RECHERCHE · texte numérisé non relu

LES MANIES DE LA RECHERCHE

cette figure avec angoisse. Ce trouble serait pIutiM une maladie de la memoire qu^une maladie du langage et encore, meme si on admet qu'il s'agit de la memoire, il faut bien se rendre compte du point sur lequel porte le trouble. II n'y a pas* ici amn^sie veritable : Tamn^sie complMe laisse les malades plus calmes ; ils ne se prt^occupent plus d'une chose absolument eflacee. C'est ce que Charcot avait remarque a propos de la paralysie hyst^rique : le raalade traine son membre comme s'il n^existait pas, il ne cherche pas a en retrouver la sensation ni la memoire. Puisque cette malade recherche quelque chose c'est qu^elle se souvient en partie. D'ailleurs lorsqu*on lui dit le nom elle le reconnait et la reconnaissance montre encore que le souvenir existait.

Ce qui est trouble c'est done une phase particuliere du souvenir: revocation. Cette Evocation se fait mal, carles malades, tout en pr^tendant quails cherchent enorm^ment, ne savent plus s'y prendre pour retrouver ce qu'ils cherchent. Pour 6voquer, il Taut diriger I'attention successivement sur difT^rentes categories de souvenirs, afin que par le m^canisme de Tassociation Tun d'eux puisse ramener le souvenir cherche. Or, ces malades n'^voquent pas parce qu'ils ont une sorte de crampe de Tattention toujours fix^e sur un meme dt^tail qui n'est pas suSisamment associ^ avec le souvenir, et ils ne sont pas libres de la diriger ailleurs. Supposons que nous cherchions un nom propre et que pour le trouver nous nous r^p^tions indefiniment : ce nom doit commencer par Ca, essayant en vain d'evoquer tous les noms commen^ant par Ca. Comme en reality le mot commence par Me, Tobstination de Tattention sur une erreur initiale nous emp^chcra de trouver jamais un souvenir que nous poss^dons cependant. C'est la une partie de Icur maladie : amnesie passagere d*evocaiion due a une fixite nialndwe de Vaitention, a une impuissance de la diriger. Et c'est pourquoi un auteur, M. Seglas, qui range encore cette affection dans les troubles du langage, Tappelle assez justement line nmnesie par ojcystique^.

Mais il me semble que ce n'est pas tout, car ces malades devraient avoir le calme de ceux qui ont des amnesics partielles ; ils auraient un oubli d'^vocation et voila tout. Et cependant ils n'ont pas du tout I'attitude qu'on observe dans les aphasies amn^siques' qui

1. J. S^iGLAs, les Troubles da langage chez les alUnh^ 1896* p. 100.

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