I. Legrand du Saulle, Folie du doute, p
SS STIGMATES PSYCHASTHÊNIQUES
nt des sentiments d'inachèvemenl : « Vous pon- 5, dit Lise, je n\irriverai pas à délirer complè- [^apable de penser quelque chose complètement, » Je puis donc leur appliquer le même nom t et eu faire aussi des sentiments d'incomplétude.
nts d'incomplétude dans les émotions.
s crises de rumination, d'agitation ou d'angoisse lées par des émotions : c'est la un fait important jà insisté. Beaucoup d'auteurs en ont tiré une rave, c'est que Fémotion détermine la crise à ération et ils ont admis sans discussion que les ;hasthéniques étaient trop grandes, trop fortes, ins cette discussion, je remarquerai seulement toujours là ce que pensent les malades d'eux- >nt de tout autres sentiments à propos de leurs
. — Sentiments d'indifférence.
té autrefois par Esquirol, s'exprimait ainsi : !!st incomplète, les fonctions, les actes de la vie it restés, mais dans chacun d'eux il manque sai^oir la sensation qui leur est propre et la joie Chacun de mes sens, chaque partie de moi-même B séparée de moi et ne peut plus me donner »
ouvent,en effet, très souvent un mécontentement ipos de leurs émotions et surtout à propos des jlent déterminer les crises d'agitations forcées: émotion génitale ou de l'émotion de la colère, Je l'émotion s'arrête avant de devenir complète sforme en une autre opération mentale, les ru- 5 et les angoisses. « Je ne peux pas, dit Lise, me émotion ou d'un sentiment, c'est là ce qui rupules. » Cette appréciation des émotions et
SEiNTIMENTS D'INCOMPLÉTUOE DANS LES ÉMOTIONS 299
des sentiments est très générale et comme le phénomène a son importance, il faut en rapporter quelques exemples.
c< Il me semble, dit Pot..., que je ne reverrai plus mes enfants, lont me laisse indifférente et froide..., je voudrais pouvoir me désespérer, crier de douleur, je sais que je devrais être malheureuse, mais je n'arrive pas h Tètre..., je n*ai pas plus de plaisir que de peine, je sais qu'un repas est bon, mais je Favale puisqu'il le faut, sans y trouver le plaisir que j'aurais eu autrefois. Les joies ont fui, les peines aussi, je vais a Tenterrement de mon grandpère et je n'ai même pas une crise de chagrin... Il y a une épaisseur énorme qui m'empêche de ressentir les impressions morales, qui m'empêche de sentir même de la peine. » On retrouve ici a propos des émotions les mêmes expressions « du mur, de Tépaisseur » qui servaient déjà à bien des malades pour caractériser le trouble de la perception extérieure.
Nem... n'est plus la même, elle nes'occupeplus ni de son mari ni de son enfant. «Je voudrais bien essayer de penser à ma petite fille, mais je ne peux pas, la pensée de mon enfant me traverse à peine l'esprit, elle passe et ne me laisse aucun sentiment » . « Il me semble, dit Brk..., que depuis un an je n'aime plus personne. )> « Mes enfants me gênent, dit Xyb..., je ne suis pas pour eux ce que j'étais avant, je n'existe plus au point de vue maternel, je voudrais bien m'y intéresser, mais je ne veux pas. » « Autrefois j'étais peureuse, dit Gay... et vous n'auriez pas pu me faire entrer dans cette salle pleine de squelettes (le musée de la Salpêtrière); maintenant cela ne me fait rien du tout, je ne me sens même pas effrayée... tout m'est égal. » u Je n'aime plus les gens, dit Gisèle, il ne me semble pas que j'aime comme les autres, comme j'aimais avant; j'ai l'impression qu'ils m'aiment mieux que je ne les aime. Je vis repliée sur moi-même comme une égoïste qui pourtant se détesterait. Je ne me fâche plus de rien, je n'ai plus peur de rien, je ne m'intéresse plus à rien, tout glisse sur moi comme sur une toile cirée, tout est émoussé. »
Voici les remarques de Claire sur ses propres émotions : « les émotions s'arrêtent, ne se développent pas, elles se perdent et n'arrivent pas jusqu'à moi, une chose qui aurait dû m'effrayer me laisse calme, je n'ai pas de la peur, j'ai trop de calme; j'éprouve quand même les joies et les peines, mais affaiblies... Il est très rare que je puisse rire, je souris mais je ne puis rire de bon cœur, une joie comme une peine cela reste au loin, cela reste
et elles ne rêvent pas toutes la même chose )> aussi continue-t-elle à éprouver la même Inquiétude pendant le sommeil que pendant la veille.
Lise a le sentiment qu'elle dort à moitié, qu'elle reste à ruminer comme pendant la veille; au réveil elle a le sentiment d'avoir dormi d'une manière très incomplète. Qyand elle va mieux, elle se réveille en sursaut, étonnée de dormir si profondément, d'une manière qui contraste avec son sommeil habituellement si incomplet.