I. Bail, Revue scientifique, i88a, II, 4a
LES STIGMATES PSYCI
malades emploient soi ue le phénomène soîl t »lus précis, plus dcterm ositives et qui éveille ( )n. I/inquiétude est bea [) cause de cet état, ni le r en sortir ne sont biei liflférence chez les mala
attention, ils reconnai r; (( il vaudrait mieux a> ins pénible. » On observ
sont très diminuées ou ladie sont devenus inca []ui se plaignait de ne es ajoute : <c je n'ai plu j rien... cependant je >ur ces raisons, je croii s scrupuleux, n'est pas
aucune autre émotion { ide me paraît un phénoi ieu une excitation h Ta citation : Tinquiet sent de son état, il ne sai nq minutes en place. L'i France, un état deconsc p le sentiment que Téta iplet. (1 y a une inquiétu
pas terminée, qu'il rest tpas prise. Il y a une in l'attention n'est pas fix( le monde a un aspect é [>tionnelle, quand on n< r net, de souffrance nel
ne donne pas d'inqui L»s divers états sont jus le nom de sentiments d ms et les émotions. L'in uée par les sentiments entiment de maldise et ir.
L'observation des malades démontre cette interprétation ; Finquiétude a commencé chez Claire avec les premiers doutes religieux vers Tâge de i8 ans, c'est-à-dire avec les premiers sentiments d'incomplétude, c'est à ce moment qu'elle a eu des inquiétudes pour sa foi, pour ses confessions, des inquiétudes sur <c la lumière qui s'en allait ». Lobd..., femme de 35 ans, nous dit très bien : « Quand je suis inquiète, c'est comme si je n'avais pas terminé quelque chose, comme s'il restait à propos de tout quelque chose de pressant à accomplir. » a J'ai un besoin de compléter quelque chose, dit Gisèle, je cherche toujours ce que je devrais faire, ce que je devrais surveiller, ce que je devrais chercher, mon esprit ne me parait jamais assez occupé, assez émotionné, il cherche toujours ce qu'il aurait à faire, à sentir d'autre. »
Un sentiment de ce genre peut évidemment être la conséquence de certaines idées fixes. Mais il faut remarquer qu'il existe chez tous les malades quelles que soient leurs obsessions. Il ne me semble pas certain que l'inquiétude soit réellement déterminée par le motif qu'invoque le sujet pour l'expliquer. Si on retire ce motif il en prend immédiatement un autre, les motifs changent indéfiniment et l'inquiétude reste la même. Quand les malades vont mieux et qu'ils n'ont plus en réalité d'obsessions précises, ils restent inquiets pendant quelque temps et par habitude, disent-ils, ils continuent â chercher ce qui pourrait bien les tourmenter. «< C'est un fond d'habitude, dit Lise, qui m'empêche encore de dormir tranquille. » Chez beaucoup de malades, ces inquiétudes existent longtemps avant la maladie proprement dite. Mus..., Mb..., Lise reconnaissent qu'elles ont été ainsi depuis l'enfance. Jean était inquiet au lycée à cause des devoirs, des leçons, des pensums; il devenait malade quand il y avait une composition de récitation à préparer, comme aujourd'hui il est tourmenté par les femmes, les fluides, les omnibus et les lettres à mettre à la poste. L'inquiétude me semble donc être un sentiment fondamental antérieur aux obsessions par lesquelles le malade cherche souvent à la justifier : c'est la forme complexe que prennent plusieurs de ces sentiments d'incomplétude.
3. — Le besoin d'excitation . — U ambition. Pour sortir de cette souffrance inquiète les malades cherchent
GMATES PSYCHASTHÉNIQUES
Q chose qui pousse plus loin leurs sentiles excite. C'est ce besoin que nous avons grossièrement dans le besoin de poisons )manie, dans la morphinomanie, dans la on génitale parfaite chez certains éroto- >re dans « le besoin de faire des sottises > (( le besoin fou de sensations nouvelles ». re sous bien des formes variées, en parti- »oins de direction et d'aflection.
t aussi une partie active, elle excite à faire rque est vérifiée par Texistence d'un sennos scrupuleux, Yamhition, Ils sont d'àncieux, ils s'eflopcent de faire les choses nent parce qu'elles leur paraissent touin était un élève modèle dans sa médio- I malade plutôt que de ne pas faire son
prenait toutes les précautions possibles ;nter un maître. Encore maintenant Vor... îUe a une conscience ridicule : elle se forcé re toutes les choses pénibles ; quand elle
se croit obligée de le lire jusqu'au bout même si le livre Tennuie. Meu... travaille e permettre aucun repos, « il me semble cailler un moment je n'aurais plus le droit Lvité inquiète dépasse le présent : « il faut
je pense à plus tard, que je cherche ce , que je dépasse ce travail, que j'aille au avenir une manie et nous Tavons justement manie de l'au delà, mais les sujets ont ce lades, ils l'ont toute leur vie et je crois trait de caractère en rapport avec leur per-
ms le même sens et l'on comprend come sorte d'ambition insatiable. Nadia n'est içon dont elle joue du piano, elle veut ^Ire Je artiste,... moi, je suis le ver de terre, est l'étoile et je voudrais devenir plus digne le je veux toujours devenir l'égale des plus [{ue je sache bien que je n'ai jamais été Même si j'avais pu réussir à être une grande
musicienDe je n'aurais jamais été contente, j'aurais toujours voulu g^rimper plus haut encore... Mon ambition n'a pas de limites ».
Quelle que soit la situation à laquelle ils parviennent, les scrupuleux en sont toujours mécontents, ils rêvent toujours mieux, toujours autre chose. Il est bien probable que ces sentiments bizarres sont quelquefois le principe d'une activité utile et qu'ils ont inspiré des ambitions généreuses ; mais il est vrai aussi qu'ils peuvent être plus souvent le point de départ de jalousies maladives et d^une sorte de délire des grandeurs. « J'ai l'ambition de tout, dit Fa..., cela me rend jalouse de tout, oh ! si j'étais comme les gens qui sont dans cette voiture, comme cette belle dame,... je voudrais arriver au comble de la fortune et de la gloire... et je ne serais peut-être pas encore satisfaite. »
Tous ces sentiments d'incomplétude que les sujets éprouvent à propos de leurs émotions sont bien analogues à ceux qui ont été constatés à propos de l'action et de l'intelligence et ils méritent bien le même nom.
personnelle.
M. Séglas, en décrivant la crise d'obsession, signalait quelques phénomènes très intéressants qu'il considérait comme l'indication d'un trouble de la conscience pendant la crise. « L'un d'eux, dit-il, un agoraphobe, s'exprime ainsi : au bout de quelques pas, il me semble que je me dédouble, je perds la conscience de mon corps qui me semble être en avant de moi... j'ai bien conscience que je dois marcher; mais je n'ai pas conscience de ma propre identité, que c'est bien moi qui marche. Je fais des efforts pour me prouver que c'est bien moi et souvent il me faut interpeller un passant, entrer dans un magasin, pour parler, pour demander quelque chose afin de me donner une nouvelle preuve que je suis réellement bien moi...' » Un autre malade, garçon de 12 ans, tourmenté par des obsessions, des manies du doute et du toucher reste un instant en arrière de son précepteur, il accourt effaré en s'écriant qu'on l'avait abandonné en arrière, qu'il fallait
I. Séglas, Leçons cliniques sur les maladies mentales, 1895, p. i3i.
SENTIMENTS D'INCOMPLÉTUDE DANS L\ PERCEPTION PERSONl
moi et maintenant non seulement je ne sais ce que je i je ne puis me rendre compte de ce qu'on appelle Fexiî réalité*. »
Ces cas sous leur forme typique sont si étranges qu'ils tinué à attirer l'attention. Dans un article publié par phUosophique^ M. Dugas propose de désigner le phénon le nom de sentiment de dé per sonna Usation, il observ sentiment se trouve lié avec un autre phénomène ci « déjà vu », c'est-a-dire que le sentiment de déperson s'associe souvent avec la fausse reconnaissance. « Souvei atteint de fausse reconnaissance avait conscience d autre, il se sentait rester le même en devenant deux, une voix, dit un malade, comme celle d'une personne é mais en même temps je la reconnaissais comme mienn qui parlait me faisait l'effet d'un moi perdu, très ancic dainement retrouvé^. » Cette impression le malade i seulement à propos de sa parole, mais il l'a aussi à ] ses mouvements, de ses actes et il en arrive à l'aliénati personne, h la dépersonnalisation ^.
J'ai eu l'occasion de rapporter deux observations U remarquables du même genre, celles de Bei... et celle d Les deux malades sont identiques dans les grands traits d'émotions ils perdent la conscience d'eux-mêmes, ils c cependant \\ exécuter d'une façon correcte toutes les c psychologiques, ils sentent tout, se souviennent de tout agissent, d'une façon à peu près normale ; mais ils répi jours : ce n'est pas moi qui sens, c'est comme si ce n'était pi • parle, qui mange, comme si ce n'était pas moi qui souffi si ce n'était pas moi qui dors, a Elle voyait clair, enten sentait correctement, pouvait se mouvoir sans peine, m; cherchait elle-même en ayant l'impression qu'elle n' la, qu'elle avait disparu, que les choses présentes n'avaii rapport avec sa personnalité. Depuis ce moment elle r< jours la même chose : mais où suis-je? que suis-je de^ n'est pas moi qui mange, ce n'est pas moi qui travaille, vois pas faire ceci ou cela, il y a quelque chose qui me r