Id., ibid., 5o
4. Raymond et Pierre Janel, Névroses et Idées fixes, II, p. 6a.
LES STIGMATES PSYGHASTIIÉNIQUES
ni M. Bernard-Leroy, qui avait déjà publié, a propos une discussion sur laquelle je reviendrai, a présenté de psychologie un nouveau cas remarquable, tout à le aux précédents. Il s'agit d'une femme de 4i ans }ée malade graduellement à la suite d'émotions vives îs. Elle s'agite continuellement et se livre à Texécurements bizarres et compliqués, elle se tâte les mains, imène les mains sur sa tète et son cou. Elle dégrafe orsage pour tâter sa poitrine, elle fait claquer ses je tire les cheveux, se tire le pavillon de l'oreille... ille ne sent plus rien ou du moins ne sent plus rien efois et que dès lors c'est plus fort qu'elle. (C'est là tie des manies de vérifications, des tics, des agitaes que nous connaissons chez ces malades), ju'elle tâte. C'est insensible tout cela, dit-elle en se ille. Quand je me peigne je ne sens pas mes cheveux, s quand je me lave, ni mes lèvres quand j'embrasse, ilheureux d'être vivante et de ne pas pouvoir voir les ils sont là. Je ne vois pas du tout comme avant, je IS comme avant, il me semble ne pas entendre le i pas, cela me gêne pour marcher, je. ne me rappelle I ne sais plus rien, je n'ai plus aucune émotion... » i ne constate aucune diminution appréciable d'aucune elle semble avoir des souvenirs précis quand on t elle paraît éprouver les émotions normales *.
s et Régis, en rapportant les observations de M. Séglas, r que dans ces cas la conscience n'est point troublée jre complète. « Si on entend le mot conscience au ! clinique en tant que perception exacte des phénoiiques éprouvés, il est évident que sauf de très rares a conscience est conservée dans l'obsession ; si les statent ce dédoublement, s'ils l'analysent si correci finement, c'estqu'ils en ont conscience ^ » Ces client seulement ici ce fait important que Tappréciauelle des obsessions est conservée, que le délire de
3roy, Dépersonnalisalion. Comptes-rendus du congrhs de psychologie légi», op. cit., p.4o.
Tobsédé est locomplet et ne détermine ni conviction, ni impulsion complète. Mais la conservation de Tintelligence proprement dite, comme faculté de critique et de jugement n'empêche aucunement Taltération d'autres phénomènes psychologiques qui entrent dans la conscience personnelle. Si ces observations de M. Séglas et toutes les autres semblables, car je les crois très nombreuses, ne nous montrent pas un trouble du jugement critique mais simplement an trouble de la conscience personnelle elles n'en sont pas moins très importantes pour l'interprétation des obsessions ellesmêmes.
MM. Pitres et Régis font observer ensuite que ces observations sur le sentiment de dédoublement de la personnalité ne se rapportent à notre étude actuelle sur le groupe très homogène des psychasthéniques, sur la maladie des obsessions. « Ces faits, disent-ils, forment une catégorie spéciale appartenant à l'automatisme psychique au moins autant qu'à l'obsession, les malades qui se dédoublent au point de se croire en avant d'eux-mêmes ou de se chercher ailleurs ont autre chose que de l'obsession simple, ils éprouvent un phénomène analogue à certains effets de dualité hystérique* ». Je ne puis pas partager cette opinion, le dédoublement hystérique peut exceptionnellement donner naissance à des expressions à peu près semblables, mais en règle générale il ne se présente pas du tout sous cet aspect. Dans l'hystérie il y a subconscience véritable, les phénomènes psychologiques forment deux groupes indépendants qui s'ignorent réciproquement, mais chacun de ces groupes conserve sa personnalité. Ici il n'y a pas de dédoublement réel, on ne constate ni anesthésie, ni amnésie, on ne peut mettre en évidence aucune lacune dans le groupe principal des phénomènes, mais il y a un sentiment général qui porte sur l'ensemble de tous ces faits et qui les représente à la conscience comme changés, comme insuffisamment rattachés à la personnalité, c'est la un fait différent de l'hystérie proprement dite.
M. Bernard-Leroy en cherchant le diagnostic de ces troubles dit « qu'il a éliminé successivement les diagnostics de folie du doute, de syndrome des négations, de mélancolie, de confusion mentale, d'hypocondrie, et qu'il range ces faits dans la névropathie cérébro-cardiaque de Krishaber* ». Qu'il s'agisse de la