‹ Les obsessions et la psychasthénie (volume 3)Chapitre 125 sur 288 · I . — Les anestkésies · texte numérisé non relu

I . — Les anestkésies

L'existence d'anesthésies, en particulier, aurait ici une très grande importance : il semble qu'elle expliquerait assez bien certains sentiments de privation, d'incomplétude que Ton rencontre

îTIGMATES PSYCHASTHÉNIQUES

îs malades. Je me suis donc beaucoup préocla sensibilité chez les scrupuleux, sans être ouer à des résultats bien nets.

[)ntestable qu'on n*observe jamais chez eux sies des hystériques. Jamais je n'ai trouvé ces vastes régions du corps, de ces viscères isciente parait tout a fait abolie et où on ne ersistance d'une certaine sensation que par liers. Jamais on n'observe ces pertes du sens ompagnent de paralysie complète ou du syn- (mouvement les yeux ouverts, paralysie et mes, etc.) : ce premier point est tout à fait net )lus grandes crises de rumination ou d'ances sujets pendant la crise la plus violente Tair, il se retournera toujours et ne mainen Tair.

la plupart des sujets qui ne sont pas très ni ne le sont pas depuis très longtemps, soit 3rès normal, soit pendant la crise on ne peut ivestigation actuels constater aucune altérasibilité. Comme ce point est capital, voici s et quelques chiffres. Chez Bei... et Ver..., soutiennent si drôlement qu'ils ont perdu i répètent sans cesse : « ce n'est plus moi le, qui sent, qui vit, qui dort. )> L'état de la iculièrement étudié. « Nous étions disposés ce propos, que ces sujets ne doivent pas et de leurs viscères les mêmes sensations n cherchant à constater ces troubles de la I priori nous éprouvons un étonnement. Chez le anesthésie : Ticsthésiomètre donne 2 à 5 palmaire des doigts, 20 millimètres à droite face inférieure du poignet. (]es sensations îurs, ne s'accompagnent d'aucune douleur, nt, elles sont localisées au dos de la main, ne précision de 2 h 3 millimètres, elles se t comme chez l'homme normal, mesurer au moins d'une manière grossière du sens musculaire ou kinesthésique » qui r ici quelque importance, nous nous sommes

servis de la méthode des poids. Nous faisons soupeser au sujet des petits cylindres, des cartouches de fusil, comme Tavait fait autrefois Galton. Ces cartouches sont toutes absolument semblables en apparence, mais elles sont remplies de plomb de manière à présenter des poids inégaux bien déterminés, et le sujet doit en prenant ces cartouches, en les remuant, en les soupesant, apprécier la différence de poids, dire laquelle des deux cartouches qu*on lui présente est la plus lourde ou la plus légère. Afin de rendre ces expériences comparables, il est nécessaire de choisir un poids, toujours le même pour tous les sujets, qui serve de point de départ. Nous avons adopté le poids de lo grammes et nous exprimons les réponses du sujet et le résultat de cette petite expérience par une fraction. Le dénominateur désigne le poids pris comme point de départ, c'est-à-dire lo grammes, le numérateur le poids additionnel nécessaire pour que le malade accuse une différence. En admettant cette représentation, la sensibilité musculaire pour les poids sera chez Bei... i dixième pour la main droite et de 2 dixièmes pour la main gauche. Ce sont à peu près les chiffres que Ton obtient chez un individu normal qui n'est pas particulièrement éduqué pour ce genre de recherches.

Le sens auditif a été examiné par M. Gellé qui n'a pu constater aucune modification. Le sens visuel n'est aucunement altéré,

Fio. 9. — Champ visuel de Bei...

Tacuitéest totale pour l'œil droit etde 9 dixièmes pour Tœil gauche, le champ visuel esttout à faitgrand(fig. 9). Les sensibilités viscérales sontévidemmentdiflicilesà mesurer etnousneprétendons rienaillr-

LES OBSESSIONS. l. — 'Jl

! LES STIGMATES PSYGHASTl

3r : mais enfin cette jeune fille a faim e mge de très bon appétit, digère parf in d'uriner et d'aller à la selle; elle s *me les narines, en un mot elle ne s mme les hystériques anorexiques ave ipendant, malgré cette conservation nsibilités, elle continue à dire : « Je i s, c'est rigolo, je ne sens rien, c'est la. n

La même étude a été refaite sur Ve m : (( Il n'y a pas un stigmate d*anesl stingue les pointes de rîcsthésiomètr<

FiG. lo. — Champ visuel d(

:e inférieure du poignet droit ; il distin soulTre dès qu'on le pique; le goût, iiil rien d'altéré ; le champ visuel es j. lo). S'agit-il de troubles de la sens js probables encore que les précédei le un grand rôle dans la personnalité.

^s ? Il a la faim, la soif, le besoin d'uri [lie, dislingue les goûts comme autr pendant pas décrire les anesthésies nstatons aucun indice. Les supposer, < lophiques, qui rattachent le sentimei 5 sensibilités ce serait oublier les règl 'vation clinique. »

Depuis ces études, M. Bernard Leroy a eu roccasion de refaire les mêmes recherches sur un cas tout à fait semblable. !I arrive exactement au même résultat, c'est qu'on ne peut constater expérimentalement aucune espèce de troubles de la sensibilité, a Je constate d'abord, dit-il, que le malade ne présente aucune anesthésie tactile, aucune diminution appréciable de la sensibilité ; la localisation des sensations se fait normalement avec précision. La sensibilité à la douleur ne me parait pas diminuée et la sensibilité thermique non plus. La vue semble également n'avoir rien perdu de son acuité; le champ visuel est de dimensions normales \ »

Si nous passons à d'autres malades qui ont des obsessions, des manies, des angoisses variées, voici quelques chiffres que nous avons relevés : Bu..., grand agoraphobe examiné au milieu d'une crise, distingue les pointes de l'œsthésiomèlrc au bout des doigts quand elles sont séparées de 2 ou 3 milliniètres ; h la face inférieure du poignet droit il les distingue quand elles sont séparées (le 35 millimètres, à la face inférieure du poignet gauche il les distingue à 3o millimètres ; le champ visuel de chaque œil s'étend ù 90**. Ger. .., examinée vers la (in d'une grande crise de rumination mentale, a partout une sensibilité tactile normale : l'a^sthésiomètre donne 3 millimètres au bout des doigts, 26 «h la face inférieure du poignet, 3o sur l'avant-bras ; le sens musculaire examiné par les poids donne i/io. Qei..., qui se plaint de ne plus sentir le plaisir ni la douleur, a partout une sensibilité tactile normale, je mesure le sens de la douleur avec l'algésimètre à ressort (appareil de Chéron pour la mesure de la pression sanguine transformé par l'addition d'une pointe et par une graduation différente) et je trouve 26 sur le dos de la main, ce qui est normal. Les mêmes constatations sont faites sur Red..., Vod..., Bor..., Lod... (œsth. au poignet 35, algésimètre sur le dos de la main 20, champ visuel 90). Si on veut observer la sensibilité au plus fort d'une crise d'angoisse, ce qui est difficile, comme on Ta vu parce que la mise en observation arrête la crise, on peut se trouver en présence de sujets qui ne veulent pas se laisser toucher, qui prennent peur de l'instrument et on peut avoir beaucoup de peine à obtenir une réponse. Quand on l'ob-

I. Bernard I^croy, De rillusion dite de la dc|>crsoiinalisalion. Comptes rendus du congrès de psycholoyie de 190U, p. 482.

LES STIGMATES PSYCIlASTHÉNIQUES

e est normale, tout au plus indîque-t-elle un peu de >n en rapport avec Tétai de distraction du sujet. Lit rencontrer une dilficullé spéciale quand on expérimente Tands douteurs qui hésitent a répondre parce qu'ils ne ais siirs de rien. J'essaye d'appliquer raesthésiomètre à pleine crise de rumination et d'hésitation; elle prétend nais sûre s'il y a une pointe ou deux pointes et il faut ge une réponse, même si elle ne se sent pas certaine de titude. La moyenne de ces expériences faites dans ces s sur la face inférieure du poignet droit donne 4o : ce mbie indiquer une légère diminution. Cependant étant les innombrables chances d'erreur, j'avais admis autrefallait au moins 60 pour admettre une hypoesthésie hysiniquement intéressante ; le chiffre constaté sur Vi..., core éloigné. Il est vraisemblable d'ailleurs que ce chifu élevé est en rapport avec le besoin de certitude du suinet a fort bien montré que le chiffre donné par Tirsthéest modifié considérablement par le degré d'inlerprétafait le sujet de ses sensations tactiles ' et il est bien qu'il est élevé par le besoin de précision, par le désir isidérer commes doubles que des sensations réellement inctes. On peut donc dire que chez la plupart de ces 3sychasthéniques les méthodes actuelles de mesure ne >as en évidence d'anesthésie appréciable.

mettre à part un dernier groupe fort intéressant dans peut relever assez nettement des diminutions appréî la sensibilité, surtout pendant les crises. MM. Buccola ont remarqué des cas où la sensibilité était diminuée-. »servé aussi quelques-uns.

es malades emploient d'abord des expressions que nous abitués h rencontrer dans la bouche des anesthésiques. t la crise, dit Bal..., mes mains me semblent être dures »; « il me semble, dit Buq..., que j'ai la peau engourdie ressens comme des fourmis, on dirait des bestioles qui it sur le corps. » Mio... (186) se plaint de sentir le cou

!t. Est-il po<«sible de mesurer la sensibilité tactile d*une personne avec le Wéber? Communication à la société de psjrchologie. Bulletin de rinsli- Ique, mai 1901, p. i45.

Leçons cliniques sur les maladies mentales, 1895, p. 75.

et la gorge pleins de boutons. Je n'ai pu examiner ces deux malades qu'en dehors des crises et j'ai dû constater que malgré leur dire la sensibilité était normale.

Chez d'autres les vérifications donnent quelques résultats, Qb... se plaint de sentir plus confusément du côté droit, ce côté lui parait plus engourdi et plus gros que l'autre, c'est là le langage de quelques hystériques : j'obtiens h l'oesthésiomètre une différence minime mais nettement appréciable : 5o sous le poignet droit et 3o à gauche.

Tr... se plaint qu'elle perd le goût, l'odorat et que toute la face s'engourdit, je trouve la sensibilité de la face normale, mais le goût est réellement diminué et l'odorat est presque disparu. Il est vrai qu'il faut ici tenir, compte de cette sécheresse des muqueuses qui existe souvent chez ces malades.

Les deux malades qui m^ont semblé le plus intéressants au point de vue des troubles de la sensibilité soat Lise et Claire. Lise a noté beaucoup de détails qui montrent son grand engourdissement. Pendant une crise de rumination elle s'est coupé la main sans s'en apercevoir ; elle devient surtout indifférente à la température, il lui est arrivé en s'habillant d'être absorbée par ses idées et de rester debout une demi-heure à demi nue dans une pièce très froide sans en être incommodée ; elle me raconte que donnant un jour un bain à son enfant tout en se laissant aller à rêver elle l'a brûlé et s'est elle-même brûlé les mains sans sentir que le bain était trop chaud. Elle prétend qu'au moment où l'idée est forte, elle voit moins et elle entend a peine.

Les expériences de vérifications sont comme toujours très dif- 6ciles et quand l'attention est attirée on ne constate plus d'aussi grandes ane.sthésies. Le tact proprement dit mesuré à l'aesthésiomètre n'est que peu diminué, la vue et l'ouïe sont à peine modifiés, mais j'ai été frappé de trouver une assez sérieuse diminution du sens de la douleur. Une injection hypodermique qui est douloureuse à Tétat normal devient tout à fait indifférente pendant les périodes de rumination. Les mesures de la sensibilité douloureuse avec l'algésimètre donnent des différences assez nettes pour que l'on puisse les résumer dans un schéma. On constate pendant les crises de rumination une hypoalgésie générale surtout caractéristique à droite sur la poitrine et sur l'épaule. Les chiffres sont 5o et même 85 et io5, tandis que quand le malade va bien, en particulier à la suite de séances dont nous parlerons, elle

bilité, surtout de la sensibilité a la douleur. En considérant cette figure on verra qu'elle ressemble tout à fait à celle que nous avons déjà publiée à propos d'hystériques ayant des idées fixes génitales*. On sait que les sensations et les images venant de certaines parties <lu corps ayant une fonction déterminée et, par conséquent, ayant une certaine qualité commune, se groupent, s'associent dans certaines émotions de manière à constituer des régions psychologiques. La sensibilité des parties génitales, du pubis, des

Fie 13 — État delà sensibilité de Lise mesuré de la mdme manière pendant une période plus normale. — Sensibilité à la douleur à peu près normale.

seins et quelquefois de Tombilic forme un système qui est lié à toutes les émotions ou idées génitales : il est intéressant de remarquer que chez une scrupuleuse ayant depuis une douzaine d'années des obsessions génitales la sensibilité de toutes ces régions est troublée comme elle Test dans l'hystérie. J*ai déjà rapporté l'observation d'un homme qui, après 20 ans de méditation sur des obsessions de ce genre, en arrive aussi à une hypoesthésie

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