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L'OBSESSION DU CRIME

refuser de manger, c^est là perpétuellement ce que son impulsion lui inspire. En réalité, il lui suffit de penser qu'une action est bonne pour qu^elIe ait une impulsion violente à ne pas la faire. C'est parce qu'elle croit de son devoir de me parler, de me confier ses tourments, qu'elle est si incapable de le faire ; une action qu'elle jugera indifférente s'effectuera beaucoup plus facilement. Ce type se rencontre chez bien des malades, chez Elg... (i6), chezTr... (ii8), qui se sentent poussées à ne pas faire leur travail, mais il est moins fréquent que le précédent.

A côté de ces diverses impulsions, il faut placer une manifestation plus fréquente encore et plus importante de l'obsession criminelle, ce sont les remords. Le malade ne se sent pas actuellement poussé à accomplir une action criminelle, mais il pense qu'il l'a accomplie autrefois et il est bourrelé de remords.

On peut mettre, bien entendu au premier rang, les remords précis, portant sur tel ou tel acte déterminé et parmi ceux-ci signaler tout d'abord les remords de fautes religieuses, les désespoirs causés par les confessions insuffisantes ou par les communions prétendues sacrilèges. Il est inutile de citer des noms, car tous les scrupuleux ont eu ce symptôme, presque toujours au début de leur maladie. Chez quelques-uns, ces remords constituent un véritable accès de délire, tous ceux qui s'occupent de maladies mentales ont connu ces femmes affolées pendant des mois, parce qu'elles croient avoir fait entrer un morceau d'hostie dans une dent creuse. Le fait est si banal, qu'il a été bien connu et bien décrit par les romanciers : on peut relire à ce propos la jolie description de la sœur aux scrupules dans le Musée de béguines de Georges Rodenbach *. Le médecin aurait peut-être à relever dans cette peinture quelques inexactitudes à propos de l'état de démence de Sœur Marie des Anges, mais les premières périodes de la maladie sont remarquablement décrites, l'attitude de la sœur au confessionnal et ses angoisses après l'absolution semblent avoir été copiées sur nos malades. Ce genre de pénitentes est sans doute bien connu par les prêtres qui, si j'en juge par mes malades, doivent être assourdis parles doléances relatives aux anciennes communions.

Nous constatons ensuite des remords pour tous les crimes qui

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