‹ Les obsessions et la psychasthénie (volume 3)Chapitre 142 sur 288 · Les aboulies professio · texte numérisé non relu

Les aboulies professio

Après les aboulies sociales, les aboulies profession se présentent très souvent. Nous phobies professionnelles, presque toujours par un <c dégoût énorme du métier qui seml tout autre, ridicule, honteux... » (An... M. Bramwell citent un prêtre qui ne peut me decin qui ne peut faire une ordonnance \ Je tn toutes les professions, chez Tecclésiastique, tuteur, le violoniste à Torchestre, le marée! C'est que le métier est encore Tensemble ai sidérables des hommes qui agissent peu.

commence à se faire sentir.

Il est intéressant de remarquer qu'une d qui ont été décrites, celle du notaire de Bille fessionnelle, ce sont les actes de son étude plus signer? ce n'est que plus tard que Tabo actes.

i3. — L'aboulie et l'inhibii

Nous arrivons aux troubles les plus gravei plus souvent dans une circonstance bien c de ces crises de « phénomènes forcés » d ces agitations motrices ou de ces angoii étudiées dans le chapitre précédent.

D'ordinaire on ne considère ces crises qu'à au point de vue du développement anormal la crise les phénomènes secondaires : peu: émotions. Si l'on veut bien y faire attention

I. Bramwell, On imperalivc ideas. Brain, iSgS, p. 3 a. Billod, Maladies de la volonté, p. 177.

} LES STIGMATES PSYCHASTHÉNIQUES

I autre phénomène négatif, celui-là, mais encore plus impornt que le premier. C'est Tarrêt, la suppression complète de icte volontaire que les sujets étaient en train d'accomplir quand

crise a commencé.

On a vu en effet que très souvent ces crises commençaient à opos d'action. Ger... descendait chercher du bouillon, Nadia ulait me jouer un morceau de piano, Jean voulait mettre une ttre à la poste. Or non seulement ces sujets se sont mis à lirer, à avoir des mouvements incohérents et des peurs lis encore l'acte commencé s'est arrêté et n'a pas été accompli. On divise souvent les obsessions en deux groupes distingués r M. Régis et acceptés par M. Séglas. D'un côté on place les sessions impulsives dans lesquelles le sujet est poussé à complir malgré lui des actes inutiles ou absurdes : briser tout, re d'interminables réflexions ou se laisser aller à des émotions, î l'autre on admet les obsessions inhibitrices qui arrêtent une tion, suppriment un phénomène en train de s'accomplir. Cette »tinction peut être utile dans la pratique : chez quelques malades ihibition peut être plus remarquée et chez d'autres l'impulsion l'acte pathologique peut être considérée comme plus pénible et se en premier lieu. Mais ce ne sont là que des différences de int de vue. A mon avis ces crises présentent simultanément ihibition ou même l'arrêt et l'impulsion.

II y a un phénomène de supprimé et un autre qui prend un veloppement énorme à sa place. Voici un exemple qui montrera jn, je crois, combien cette distinction entre l'obsession inhiion et l'obsession impulsion est en réalité peu de chose et pend d'un accident dans l'appréciation des malades. Le hasard ait que j'aie eu deux malades ayant exactement le même accint, mais qui par suite du milieu où elles sont placées le désiaient chacune d'une manière différente. Ces deux malades, b... (209) et Vk..., sont toutes deux incapables de tenir leur nage ; un acte en particulier est devenu impossible et projue de grandes crises de rumination, c'est l'acte qui consiste )ayer les dépenses faites par la bonne : ni Tune ni l'autre ne it se décider à régler ces comptes. Quand elles commencent faire ce calcul, les hésitations surviennent, les doutes sur Idition, les recherches, les craintes de voler la bonne, les poisses, etc., et la crise de rumination ou d'angoisse dure isieurs heures. Ce dernier fait constitue, si l'on veut, un

gros phénomène impulsif, mais ce qu'il ne faut pas oublier c'est qu'il y a à côté un autre phénomène qui consiste en ce que la bonne n'a pas été payée, phénomène que Ton peut appeler une inhibition. L'une de ces malades est seule chez elle avec des enfants trop jeunes pour tenir le ménage à sa place, ce qui fait que l'on remarque principalement le phénomène négatif. La malade et sa famille se plaignent surtout d'une impuissance, d'un empêchement que Xyb... ressent pour payer sa bonne et on fait de cette maladie une obsession inhibitrice. Vk..., au contraire, est entourée de jeunes filles assez âgées pour avoir pris complètement la direction du ménage à la place de leur mère, on se résigne donc h ce que celle-ci ne paye pas la bonne ; mais ce qui paraît important, c'est qu'elle souffre de ses ruminations et l'on vient dire que Vk... a des impulsions à compter, à s'interroger, h parler toute seule. En un mot, la maladie apparaît plutôt chez Tune sous son aspect inhibitoire, chez l'autre sous son aspect impulsif, quoiqu'elle soit au fond exactement la même dans les deux cas.

Ce fait de l'arrêt plus ou moins complet de certains actes ou même de tous les actes est l'un des phénomènes les plus essentiels de l'état mental de l'obsédé. On a beau dire qu'il a conservé la conscience intacte, il y a toujours une lacune considérable, c'est qu'il est absolument incapable d'accomplir un certain acte h propos duquel a commencé la crise. Pendant sa crise d'agitation Nadia est incapable de jouer son morceau de piano ou de sortir de sa chambre, ou de tourner son visage a la lumière, ou de manger son déjeuner, etc. L'acte supprimé varie suivant l'action que le sujet était en train d'accomplir au moment où la crise a commencé, mais il y en a toujours un de supprimé. Il en est de même pour Lise : « Dès que celte phrase est formée dans mon esprit, dit-elle, si je fais cette action, je donne mes enfants au diable, je n'y suis plus, ma volonté est arrêtée... » Jean veut commencer à uriner quand surgit dans son esprit la pensée qu'il n'est pas loin d'une administration de pompes funèbres et qu'il a failli avoir affaire à ces tristes maisons à cause de ses masturbations, il a une grande crise de ruminations et de phobies, mais en même temps c'est fini : il ne peut plus ouvrir son pantalon et il ne peut plus uriner. Claire est ainsi arrêtée dans ses prières, dans ses repas, dans ses promenades, dans l'acte même d'aller aux cabinets, etc. « Il me prend des gênes pour agir, tantôt pour une action, tantôt pour une autre. »

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! disait M. Sautarel, dans une thèse sur que le sujet essaye vainement de transforicte, que sa volonté n'est plus suffisante tème moteur; les efforts qu'il tente à cet 1 augmenter son trouble et son angoisse'», troubles de la maladie, quand il se préalades, il s'associe avec les autres troubles Disse, et c'est un problème important de dérer comme la conséquence de ces agiegarder comme un trouble primitif. Pour ente de signaler sa fréquence et son im- >ubles de la volonté que présentent ces

es fatigues insurmontables,

îtendre et supprimer un nombre d'actes is déterminer en même temps ces crises n phénomène très curieux et encore assez ;nt souvent ces malades. Ce sont des crises ruées d'un sentiment de fatigue tout à fait

ent de fatigue constant il y a chez eux de gue. Ces crises surviennent chez Fz... à la èle à la suite de grand travail pour une 1 la suite des efforts d'attention, chez la adia, Lise, Brk... (24) à la suite des efforts triompher de leurs idées obsédantes : c'est >n est exposé à déterminer dans le traiteiC sujet se sent tout à fait épuisé : « c'est, fatigue, a croire qu'on va tomber évanoui, )ar terre. » « C'est une fatigue à m'en , il y a un tel poids sur mes membres • mon estomac que je deviens incapable B&t que dans ces cas les malades devienn faire, ils restent couchés ou se traîpendant des heures et des jours. Nadia,

l'élude des obsessions et en particulier de l'inhibition ^897, p. 98.

Gisèle ne bougent presque plus pendant plusieurs jours et sentent leurs sens engourdis « toutes les sensations dans du coton (Gisèle) ».

Les autres Lise, Brk..., se traînent péniblement et n^ont même plus la force de penser à leurs obsessions, elles ne pensent à rien. C'est même pour Brk... une sorte de bonheur que cette absence d'idées a après tant d'agitation de Fesprit il y a un grand bien-être à ne penser à rien ». le... non seulement ne pense à rien mais il trouve du plaisir à ne pas faire le plus petit mouvement. « Si dans son lit une position fausse ou le contact d'un objet lui est pénible il aime mieux supporter cette gêne indéfiniment plutôt que de faire le moindre mouvement pour l'écarter. »

En général ces crises qui sont en rapport avec un effort précédent et une fatigue durent peu et le malade ne tarde pas à reprendre plus d'activité et en même temps malheureusement il retrouve son agitation physique et morale.

i5. — Les inerties.

Enfin au dernier terme, l'aboulie s'étend encore, les malades n'attendent pas que l'acte soit rendu impossible par une inhibition, une crise ou une fatigue, ils se souviennent de la difficulté qu'ils ont éprouvée pour agir, ils l'exagèrent par l'imagination et en arrivent à ne plus rien faire du tout. On remarque bien vite que tous ces malades ne savent plus rien faire, restent des journées entières sans aucune occupation : (( je n'ai plus de goût à rien..., je tiens les objets en main sans rien faire..., je ne puis plus avoir aucune occupation... » (Ce... (i24), Cht..., Mio... (208), Vob... (194).

Ceux qui avaient un travail finissent par le cesser, Sy... ne peut plus coudre, ni même s'occuper à lire. Ver... cesse absolument de travailler et n'accepte plus aucune occupation. Cat... qui était instituteur désire rester au lit sans rien faire; si on le force à se lever il reste assis sans bouger. Ce désir de rester couché se retrouve très souvent, il caractérise Chy..., Za... (216), Xyb... (209), etc. Presque tous restent immobiles des heures entières et passent leur vie assis dans un coin.

Plus la maladie se prolonge, plus elle s'aggrave et plus on voit augmenter cette inertie caractéristique, si bien qu'à la fin les grands malades ne peuvent plus quitter leur chambre, ne peu-

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t plus recevoir personne et achèvent leur vie dans l*isolement 'immobilité.

ia volonté active s'est montrée troublée dès le début de la vie: QOtait d'abord l'indolence, l'irrésolution, la lenteur, les retards, aiblesse des efforts, le désordre, la maladresse, rinachèvement, iéfaut de résistance, puis on a vu certains actes disparaître, t)ord les actes nouveaux, les changements de conduite, puis actes sociaux dans la timidité, les actes professionnels, des 3s quelconques qui sont gênés, puis annulés et supprimés. Les îts ont des crises d'épuisement, puis enfin une inertie géné- 5 et constante. Cet ensemble de troubles de la volonté forme stigmate essentiel de l'état psychasthénique et il est essentiel n tenir compte pour chercher les rapports qu'il présente avec autres accidents.

jCS troubles de l'intelligence proprement dite sont beaucoup îns évidents, beaucoup plus difficiles à constater que ceux de tivité volontaire. C'est un point qui avait déjà frappé les preirs observateurs quand ils appelaient cette maladie une folie c conscience, avec conservation du jugement et de la critique, n de paraître inintelligents les scrupuleux semblent très sout avoir une intelligence supérieure, être capables de tout dans [omaine de l'esprit pourvu qu'on ne leur demande pas d'ac- 1. C'est ce que Amiel note déjà très bien sur Jiri-mème : mer, rêver, sentir, apprendre, comprendre, je puis toul pourvu on me dispense de vouloir, c'est ma pente, mon instinct, mon aut, mon péché. J'ai une sorte d'horreur primitive pour l'amon, pour la lutte, pour la haine, pour tout ce qui disperse l'âme la faisant dépendre des choses et des buts extérieurs. ' »• développement intellectuel n'est pas toujours de pure appace : j'ai souvent été frappé de la supériorité intellectuelle vérile d'un grand nombre de ces malades.

In lisant les pages précédentes on a dû remarquer parmi les ibreuses paroles des sujets que j'ai citées une foule d'expres-

Amiel, Journal intime, I, p. i68.

slons pittoresques, de comparaisons ingénieuses, de métaphores heureusement venues. Leur conversation en est émaillée, il y en a avec qui on voudrait tout écrire et tout conserver : Gisèle en particulier a un langage extraordinaire et vraiment tout à fait séduisant. Sous ce brillant des mots, il y a beaucoup d'observations Bnes et justes : les scrupuleux sont très souvent de remarquables psychologues. Gisèle fait l'analyse de Tamour aussi bien qu'au pays du tendre, Jean est célèbre pour son appréciation des caractères et des personnes, il dissèque étonnamment les motifs de conduite et il n'est bête que quand il parle de sa maladie.

On trouve chez eux toutes sortes de talents et de connaissances, ils sont souvent très artistes: Claire dessine très bien, beaucoup sont des musiciennes hors ligne comme Nadia. On trouve parmi eux des littérateurs délicats, on serait surpris de voir parmi les malades que j'ai cités quelques écrivains connus. Rk.. ., traduit des textes grecs en vers élégants et fait ainsi toute une anthologie de poètes grecs. Les idées qu'ils arrivent à concevoir sont souvent surprenantes pour leur milieu : on a vu les réflexions de Vil... sur rinGni du bonheur et du malheur, les analyses de Mb... sur la perception. Une malade de l'hôpital absolument ignorante de toute étude de psychologie m'exprimait le résultat de ses réflexions sur les lois des associations des idées, une pauvre femme de la campagne atteinte du doute des perceptions en arrivait à découvrir avec étonnement l'homologie des membres chez les poissons, les oiseaux, les mammifères, l'homme. Le cas le plus frappant de cette supériorité intellectuelle est celui de Nadia. Cette jeune fille parle et écrit couramment cinq langues : l'anglais, le français, l'allemand, l'italien, le russe. J'ai eu l'occasion de la mettre en relation avec une jeune fille russe qui m'a assuré qu'elle parlait le russe tout à fait correctement, comme les autres langues. Elle lit énormément, et connaît à fond la littérature de ces cinq langues dont elle peut parler avec une mémoire surprenante. Elle est surtout très artiste ; non seulement elle a une virtuosité remarquable sur le piano et sur le violon mais elle compose de la musique avec une connaissance très suffisante de l'harmonie, ce que j'ai pu faire vérifier en donnant h lire de ses morceaux à des personnes compétentes. Elle à un goût très pur dans toutes les choses d'art, et peut inventer, dessiner et exécuter toutes sortes de décorations. Ce serait certainement au point de vue du goût

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périeure. Des réflexions de ce genre pourraient être rents degrés bien entendu pour la plupart de ces >rès les avoir beaucoup fréquentés j*ai Timpression ipe est supérieur à la moyenne intellectuelle des L pris au hasard.

il est évident que leur intelligence n'est pas comloit y avoir des lacunes pour permettre le dévelopis les troubles qu'il présentent. Il faut les rechernantles facultés qui semblent pouvoir être troublées.

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