Le besoin d'autorité
Un sentiment plus curieux qui semble au premier abord en contradiction avec les précédents c'est le besoin excessif d'autorité et de commandement. Ce sentiment et cette tendance caractérise ce qu'on appelle « des autoritaires ». Il nous semble avoir
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ès peu analysé et être en général très mal compris par les lologues.
nstatons d'abord qu'il existe très fréquemment chez les idus névropathes, plus ou moins obsédés et qui ont sèment toutes sortes de troubles de l'attention et de la vo- . Nadia dans sa famille était devenue tout à fait intolérable : is son enfance elle se vantait de n'obéir à personne et de obéir tout le monde. « Personne au monde ne réussira à de l'influence sur moi, je suis née avec un caractère très doteur. » Depuis la mort de sa mère qui la dirigeait encore un elle tourmentait affreusement son père et ses sœurs, elle ait d'eux une obéissance de tous les instants à ses caprices lies; elle avait évidemment une tendance h leur imposer la 5 vie absurde qu'elle avait adoptée pour elle-même. Elle ne ettait pas h ses sœurs de recevoir une visite, de s'habiller sortir : un peu plus elle leur aurait imposé le même régime ntaire qu'elle avait choisi. Quand on lui résistait quelque elle accusait tout le monde d'injustice, de cruauté envers ît se livrait à des scènes de violence. Gisèle et Sim... ont la 9 prétention singulière, c'est de dominer absolument leur
de lui faire faire tout ce qu'elles veulent, de régler toute ison conformément à leurs caprices : elles sont convaincue^, a tort cependant, que le mari n'a aucune volonté, aucune rie et qu'il est parfaitement incapable de leur résister. D'ail-
elles montrent dans l'organisation de la maison une activité *antc, courant partout, s'occupant de tout, dictant à chacun étions, son attitude, jusqu'à ses idées. « Elle ne peut pas Br, me disait le mari de l'une d'elles, chez moi, chez ses its, chez aucune des personnes qui l'approchent un mot, un
qu'elle n'ait pas dicté. » Je retrouve Ip même caractère Fy... (34) et chez beaucoup d'autres. J'ai été étonné de le >ntrer sinon chez les malades elles-mêmes au moins chez arents, chez la mère surtout des malades à un tel point que hié disposé h dire : « nière autoritaire, fille scrupuleuse ». ère de Ku..., de Zo..., de Sim... elle-même, semblent avoir sme égoïsme implacable qui commande jusqu'aux plus petits Is et qui en même temps inspire une ardeur infatigable à uper de ces petits détails qu'on exige, ailleurs ces autoritaires formeront deux groupes dont la dision offre ici peu d'intérêt : l'autoritaire violent qui veut
imposer ses pensées et ses caprices par la force et l'autoritaire <loux qui exige en gémissant au nom du respect, de Taffection qu'on lui doit, qui déclare à chaque instant qu'on le fait mourir •de chagrin si on montre la moindre indépendance.
Ce caractère a beaucoup attiré mon attention, et au début il me paraissait fort inexplicable, en contradiction avec ce que je savais de la volonté faible de ces malades, avec ces innombrables besoins de direction, besoins d'être aimé qui caractérisaient les mêmes scrupuleux. Le plus étrange, en effet, c'est que ces deux besoins en apparence contradictoires coïncident très souvent chez la même personne. Chez Sim... et chez Gisèle on voit cette folie de commander, mais en même temps on observe un besoin également fou d'être aimé par tout le monde, et un désespoir quand les personnes tourmentées par elles ne manifestent pas en retour une grande affection. La mère de Sim... battait ses enfants si elles avaient eu quelque indépendance dans un minus-; cule détail et l'instant suivant se mettait à pleurer parce que ses enfants ne paraissaient pas l'aimer suffisamment.
Bien mieux, ces mêmes malades nous ont déjà présenté la folie de Tobéissance. Nadia quand elle m'eut connu quelque temps me fit un jour un compliment qui m'a beaucoup flatté : « Vous êtes une personne encore plus entêtée que moi, je n'aurais pas cru que cela fût possible. » Elle est enchantée de l'avoir trouvée cette personne, non seulement elle lui obéit mais elle veut lui obéir encore plus comme un petit enfant, tandis qu'elle reste extrêmement exigeante vis-à-vis de son père et de ses sœurs. Sim... se donne à un amant pour avoir un maître et elle est enchantée de son incroyable dureté. Nous avons vu Gisèle chercher un maître en se confiant à un prêtre. On trouvera simultanément chez ces personnes un autoritarisme effréné pour une partie de leur famille et une soumission ridicule vis-à-vis d'un fils ou d'un étranger.
Ces caractères nous montrent qu'il ne s'agit pas là d'une véritable puissance de la volonté. Les grands volontaires sont des chefs, et ne sont pas des autoritaires : tout le monde en a senti la différence. Ils commandent les grandes choses, en inspirant une direction générale à la conduite et surtout en commandant d'une façon avantageuse pour leurs subordonnés; les autoritaires commandent dans les petites choses plus que dans les grandes.
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direction générale et laissent trop voir que le ujours pour objet leur propre intérêt et non
commandement ne parait être exactement la de leur obéissance : la difficulté de leur adap- 1. Ce sont des gens d'activité mentale faible^
nouveau d'adaptation, d'organisation est peint éprouvent au suprême degré le besoin
ordonnée. Ils veulent que les autres fassent moins leur facilitent la tâche. Au lieu de se eu ambiant comme fait l'être qui s'adapte, ils leu ambiant se modèle sur eux, pour qu'ils er. Nous avons vu que le milieu le plus embaripuleux, c'est le milieu social ; les variations usent ses timidités et toutes ses crises d'anleu social qu'il veut modeler sur lui-même et rfaite conformité avec ses propres manières
;s exagérés qui feront comprendre ma pensée, on bureau et essaye de fixep son attention voici qui entre dans une crise de fureur parce iomestique qui balaye une pièce à côté. Le strait, et évoque dans son esprit des images que sa lecture et en raison de sa faiblesse e de lire. Il veut édicter que dans la maison
lire en même temps que lui. Vk... ne peut iver les mains, parce que de sa chambre elle 5 qui fait couler de l'eau sur l'évier: « que tte eau ? Quelque chose de sale assurément, idées d'eau de vaisselle, de graillon et vous
cela m'empêche de prendre l'idée que mes . Je voudrais, si cela était possible, que touk z la maison du haut en bas fasse des choses herche à me laver les mains. » Ces deux cas p, car ils me semblent expliquer le mécanisme Zes faibles d'esprit ne peuvent pas faire une le chose, jouir d'une chose, si les autres même temps quelque autre, en croient quelque mmes ont une autre jouissance. De là ce besoin ité ; de là aussi ce mélange étrange du besoin
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TROISIÈME SECTION
LES INSUFFISANCES PHYSiOLOGIQUBS
le psychasthéniqiies préoccupés de leurs obsessions^ ies mentales ou de leurs phobies ne se plaignent que i psychologiques et Tobservateur pourrait être disier abord à croire simplement a une maladie de Eiins malades, au moins pendant un certain temps, te illusion. Rk... est un homme de 4o ans, grand, frais, sans troubles physiologiques apparents, il n'a 3ules et des manies de recherche qui suflisent à le s c'est là une exception très rare et peut-être plus 3 réelle ; le plus souvent un examen attentif révélera troubles physiologiques qui font de Tétat psychas- 5 maladie de tout l'organisme.
lit trop insister sur ce point essentiel : les obsédés rdage, par la description interminable de leurs peninaires détournent le médecin de l'examen organique jamais être négligé. Leur aspect physique est pres-
caractéristique i ils sont très souvent amaigris, et ont les traits tirés, leur peau sèche a un mauvais angue est saburrale, leur haleine est mauvaise et urs cet aspect physique se modifie complètement en qu'ils retrouvent le calme de l'esprit. En un mol, t l'interprétation que l'on donne de leur état men-
pas oublier qu'ils sont surtout et avant tout des
- Troubles des fonctions nerveuses.
tous les troubles précédemment étudiés, obsessions, isufGsances psychologiques étaient en rapport avec
des troubles, des foDctions cérébrales, mais ils constituaient surtout des troubles psychologiques. Il faut placer à côté des troubles des fonctions physiologiques du système nerveux, troubles encore peu connus mais qui serviront sans doute plus tard pour interpréter les précédents.